Parlons obligations

Publié le 16/05/2024 à 15:18

Parlons obligations

Publié le 16/05/2024 à 15:18

Par Pierre Théroux

(Photo: 123RF)

Les Affaires vous présente SE LANCER EN BOURSE, une rubrique bimensuelle dédiée aux jeunes et aux moins jeunes qui veulent faire le grand saut.

SE LANCER EN BOURSE. Un portefeuille boursier peut être composé de plusieurs catégories d’actifs financiers, parmi lesquels des actions et des obligations. Mais les obligations sont loin d’avoir la cote auprès des investisseurs, particulièrement ceux qui se lancent en Bourse.

«Les nouveaux investisseurs ont clairement tendance à privilégier le marché des actions. Le marché des obligations est nettement moins attirant», constate Laurent Boukobza, vice-président et stratège en FNB pour l’Est du Canada chez Placements Mackenzie.

Cette situation est notamment attribuable au fait qu’on entend beaucoup plus souvent parler du rendement des actions d’une entreprise, ou encore des indices boursiers comme le TSX ou le S&P 500, mais rarement de celui des obligations ou autres titres à revenu fixe.

Aussi, «ça demande plus d’éducation financière de comprendre ce que sont des titres obligataires et comment ils se comportent dans le marché. C’est moins tangible que des actions. Un investisseur, c’est aussi un consommateur qui va acheter des produits ou des services dans des entreprises qu’il connaît et dont il peut acheter des actions. Et il est beaucoup plus facile d’acquérir des actions en Bourse que des obligations», souligne Laurent Boukobza. Les investisseurs, ajoute-t-il, s’en remettent généralement à l’achat de parts de fonds communs de placement ou de fonds négociés en bourse (FNB) qui investissent dans des titres à revenu fixe.

 

Plus diversifié et moins volatil

Si les obligations ne suscitent pas le même engouement que les actions, elles demeurent néanmoins des éléments importants d’un portefeuille boursier.

«Les titres à revenu fixe, comme les obligations, jouent un rôle important dans un portefeuille. Ils favorisent la diversification de ses placements et sont moins volatils que les actions», fait valoir Jonathan McGale, conseiller en gestion de patrimoine et gestionnaire de portefeuille au sein de la Financière Banque Nationale.

Les obligations sont des titres de créance, à l’inverse des actions qui sont des titres de participation. En achetant une obligation émise par un gouvernement ou une entreprise, l’investisseur prête ainsi son argent à l’émetteur qui, en retour, lui verse alors des intérêts. En achetant une action d’une entreprise, rappelons-le, l’investisseur devient propriétaire d’une part de cette société dont le titre est appelé à fluctuer dans le temps.

«Les obligations sont donc, généralement, moins risquées que les actions et peuvent compenser le rendement négatif des actions lors de la baisse des marchés», indique Jonathan McGale.

Laurent Boukobza fait écho à ces propos. «Habituellement, la portion revenus fixe du portefeuille est vue comme la portion sécuritaire, ayant un rendement espéré plus modéré que la portion croissance qui est offerte par les actions», précise-t-il.

 

Risques de défaut

Il existe néanmoins certains risques. Si les obligations émises par les gouvernements sont garanties, celles offertes par les sociétés présentent un risque de défaut lié à leur solvabilité. «Le remboursement de l’obligation, ou le paiement des intérêts dépendront de la capacité de l’émetteur à faire face à ses engagements», prévient Jonathan McGale.

Voilà pourquoi il faut notamment s’en remettre à des agences de notation, comme Dominion Bond Rating Service (DBRS) et Standard and Poor’s (S&P), qui évaluent les obligations au moyen d’une cote de crédit. Une obligation notée AAA est ainsi réputée être de grande qualité avec un risque de défaillance qui est relativement faible. Par contre, les obligations qui ont une notation de C ou D sont de moins bonnes qualités et considérées comme étant spéculatives ou de pacotille.

Évidemment, les obligations mieux notées offrent généralement des rendements inférieurs, car elles sont considérées comme des investissements plus sûrs. À l’inverse, les obligations moins bien notées offrent des rendements plus élevés pour compenser les investisseurs qui prennent alors des risques supplémentaires. Ainsi, les obligations gouvernementales ont un risque plus faible que les obligations de société, mais leur rendement est également inférieur.

 

Préservation du capital

La préservation du capital est un autre avantage offert par les obligations. Lorsque les obligations arrivent à échéance, l’investisseur recevra en effet le remboursement de son capital. Les titres à revenu fixe, qui donnent généralement droit à des paiements d’intérêt à intervalles réguliers, peuvent aussi constituer une source de revenu stable et prévisible.

On pense souvent, à tort, que les obligations s’adressent uniquement à des investisseurs qui sont à la retraite ou le seront dans un avenir rapproché. Ce sont davantage l’horizon et les objectifs de placement ainsi que la tolérance au risque qui détermineront l’acquisition ou la pondération des obligations dans un portefeuille.

«Il n’y a pas d’âge pour détenir des obligations. Oui, une personne qui vieillit peut vouloir réduire son exposition au risque et sécuriser son capital pour financer les dépenses courantes d’une retraite. Mais l’achat de titres à revenu fixe peut aussi servir à financer un projet, comme l’achat d’une maison. Ça dépend toujours de la situation de chacun», affirme Jonathan McGale.

 

 

 

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