Bourse: l’art de choisir un titre d’entreprise (2)

Publié le 01/12/2023 à 11:15

Bourse: l’art de choisir un titre d’entreprise (2)

Publié le 01/12/2023 à 11:15

Par Pierre Théroux
Un tableau des cotes de bourse

La longévité d’un dirigeant au sein de l’organisation peut aussi témoigner de ses capacités et aptitudes à gérer avec succès une entreprise. (Photo: 123RF)

Les Affaires vous présente SE LANCER EN BOURSE, une rubrique bimensuelle dédiée aux jeunes et aux moins jeunes qui veulent faire le grand saut.

«Si je me lançais en Bourse aujourd’hui, je voudrais garder ça le plus simple possible. J’essaierais de frapper des simples ou des doubles au lieu de chercher à frapper des coups de circuit», illustre Frédéric L’Heureux, gestionnaire de portefeuille et membre de l’équipe Leblanc Martineau St-Hilaire chez Valeurs mobilières Desjardins.

Plus concrètement, ce gestionnaire ciblerait donc des entreprises qui ont une très bonne feuille de route. Des entreprises établies depuis longtemps, qui ont une excellente rentabilité et santé financière, et qui peuvent aussi compter sur une excellente équipe de direction et une saine gouvernance. Voilà autant de «facteurs qui sont déterminants dans la performance d’une entreprise à moyen et long terme», fait valoir Frédéric L’Heureux.

 

Voir au-delà des chiffres

L’achat des actions d’une société cotée en Bourse repose sur plusieurs critères de sélection. Outre les éléments financiers facilement quantifiables comme les ventes, les profits, les marges bénéficiaires, les dettes ou encore les flux de trésorerie, dont il a été question dans le précédent texte, il importe aussi de faire une évaluation qualitative d’une entreprise. Cette analyse plus subjective est basée plutôt sur l’efficacité des membres de la direction de la société, de même que sur sa réputation et la solidité de sa marque.

Cet exercice, jumelé à l’analyse quantitative, permet ainsi aux investisseurs de voir au-delà des chiffres afin d’avoir une meilleure vue d’ensemble d’une entreprise et de la valeur de ses actions, indique Sébastien St-Hilaire, gestionnaire de portefeuille de l’équipe Leblanc Martineau St-Hilaire chez Valeurs mobilières Desjardins.

«La compétence de la direction d’une entreprise est à la base de son succès. C’est la force et les qualités de ses dirigeants et du modèle d’affaires qui, dans un environnement économique incertain, donnent aux investisseurs la conviction qu’une société pourra traverser la tempête sans trop de heurts», précise-t-il.

 

Une bonne culture organisationnelle…

Ce sont en effet les dirigeants qui, en dernier lieu, prennent les décisions stratégiques et exercent ainsi une influence cruciale sur les activités et le développement d’une entreprise. Pour analyser les forces de la direction d’une société, il faut notamment connaître «le niveau de formation de chacun des membres, leurs expériences professionnelles, ainsi que leurs réussites et échecs. Ce sont des informations importantes pour évaluer s’ils ont la capacité à bien diriger et faire croître une entreprise», souligne Marc Larente, conseiller en placement principal chez Gestion de patrimoine TD.

La longévité d’un dirigeant au sein de l’organisation peut aussi témoigner de ses capacités et aptitudes à gérer avec succès une entreprise. Sinon, il y a belle lurette que le conseil d’administration lui aurait montré la porte de sortie. En autant, évidemment, que les administrateurs agissent en toute indépendance et ne font pas partie d’un boys club.

«Une société qui change continuellement de dirigeants, ça envoie un très mauvais signal aux investisseurs», indique Sébastien St-Hilaire.

La philosophie de gestion et la culture organisationnelle, ainsi que la satisfaction des employés et de la clientèle, sont d’autres facteurs internes qui permettent de mieux jauger de la qualité et des façons de faire de l’équipe de direction en place. «Il y a sûrement des questions à se poser s’il y a un taux de roulement élevé au sein d’une entreprise ou si, pour diverses raisons, elle n’a pas une bonne réputation auprès de ses clients», explique Marc Larente.

 

… et position concurrentielle

Des facteurs externes doivent aussi être pris en considération. Des éléments clés comme le secteur d’activité et la taille de l’industrie, les parts de marché et l’avantage concurrentiel, ou encore les barrières à l’entrée et les capacités en matière d’innovation sont autant d’éléments importants qui ont un impact important sur la valeur d’une entreprise et, par conséquent, sur celle de ses actions en Bourse.

 

«Une bonne analyse de la concurrence permet d’évaluer les forces en présence et la place d’une entreprise dans le marché», souligne Frédéric L’Heureux, en faisant référence aux 5 forces de Porter dont se servent notamment des experts et investisseurs pour mieux comprendre l’environnement d’affaires d’une entreprise.

 

En conclusion : s’il est donc essentiel de scruter à la loupe les données financières quantitatives d’une entreprise, il est tout aussi important de s’y intéresser d’un point de vue qualitatif.

 

Les 5 forces de Porter

Énoncé il y a plus de 40 ans par Michael Porter, professeur à l’Université d’Harvard et expert en analyses stratégiques et économiques d’entreprise, le modèle des 5 forces de Porter permet «d’analyser le paysage concurrentiel dans lequel évolue une entreprise», explique Frédéric L’Heureux. Michael Porter a poussé son analyse jusqu’à tenir également compte de la relation d’une entreprise avec ses clients et fournisseurs.

 

Ces 5 forces sont :

La concurrence dans l’industrie

La menace liée à l’arrivée de nouveaux concurrents

La menace des produits de substitution

Le pouvoir des fournisseurs

Le pouvoir des clients

 

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