Des batteries pour chariots élévateurs au-dessus du lot

Publié le 26/02/2024 à 10:02

Des batteries pour chariots élévateurs au-dessus du lot

Publié le 26/02/2024 à 10:02

Par Isabelle Delorme

UgoWork conçoit des batteries lithium-ion qui alimentent les chariots élévateurs industriels tout en réduisant leur empreinte carbone. (Photo: courtoisie)

SCIENCE, RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT DURABLE. Ses batteries lithium-ion alimentent les chariots élévateurs industriels en réduisant leur empreinte carbone. Distingué en novembre 2023 par The Globe and Mail parmi les entreprises à la croissance la plus rapide au Canada, UgoWork est un fabricant qui monte dans l’écosystème du développement durable. 

Les chaînes d’approvisionnement sont responsables de 80 % des émissions totales de CO2 à l’échelle mondiale, selon une analyse de HSBC et Boston Consulting Group (BCG) menée en 2021. En remplaçant le plomb-acide par du lithium-ion dans les batteries des chariots élévateurs industriels, l’entreprise établie à Québec permet à ses clients — qui incluent Bonduelle, Courchesne Larose, Kraft Heinz et Toyota — d’optimiser leur flotte d’engins en réduisant leur consommation d’électricité de 41 % en moyenne.

 

Un projet démarré à l’université 

Les deux fondateurs de l’entreprise, Philippe Beauchamp et Rami Jarjour, se sont rencontrés au baccalauréat en génie électrique à l’Université Laval avant de travailler quatre ans chez Alstom Power, où ils ont développé des solutions énergétiques pour des projets hydro-électriques. Jusqu’à ce qu’un de leurs anciens professeurs d’université les pousse à fonder leur entreprise pour « créer de la valeur pour le Québec ». 

Le duo s’inscrit alors à la maîtrise en gestion de l’énergie de l’Université de Sherbrooke où ils développent leurs prototypes. Ils lancent leur entreprise en 2015 avec le soutien de l’ACET, l’incubateur créé par l’université estrienne pour accélérer ses startups technologiques. « En menant des entrevues auprès de clients potentiels, ils s’étaient aperçus qu’aucun produit au lithium-ion n’existait sur le marché pour les chariots élévateurs industriels qui fonctionnaient principalement aux batteries acide-plomb, au propane ou au gaz naturel », explique Jean-François Marchand, directeur marketing de l’entreprise dont le chiffre d’affaires double chaque année depuis trois ans. Son programme de paiement à l’usage « Energy as a Service » permet de réduire les dépenses d’investissement de sa clientèle pour ces batteries qui sont coûteuses à l’achat.

 

Des batteries plus durables 

« L’efficacité énergétique des batteries au lithium-ion est jusqu’à 71 % supérieure à celle des batteries au plomb-acide. Il y a notamment moins de pertes de chaleur et leur capacité de recharge jusqu’à cinq fois supérieure permet une utilisation intense des chariots », précise Jean-François Marchand. Grâce au système de contrepoids modulaire, les batteries peuvent être transférées d’un chariot fréquemment utilisé à un autre moins actif lorsqu’elles sont en fin de vie, pour augmenter leur durée. « En passant du plomb-acide au lithium-ion, les entreprises qui utilisaient par exemple 20 chariots dans leur usine réduisent leur parc à 16 ou 17 chariots environ pour faire le même travail », observe le directeur marketing. 

L’entreprise technologique affecte 30 % de ses 70 employés à la recherche et développement. « Notre premier employé, que les fondateurs ont rencontré à l’Université de Sherbrooke, y retourne à temps partiel pour mener un projet sur le vieillissement du lithium-ion dans un contexte d’utilisation industrielle. L’objectif est de comprendre les mécanismes d’usure pour les minimiser », indique Jean-François Marchand.

Au programme de 2024 également : consolider la position d’UgoWork aux États-Unis (où l’entreprise réalise déjà plus de 60 % de son chiffre d’affaires) et continuer à développer la plateforme de gestion des batteries UgoPilot, lancée en octobre dernier. UgoWork souhaite y ajouter un volet de traçabilité complète de ses batteries. « L’Amérique du Nord est derrière l’Europe dans ce domaine, mais les manufacturiers devront bientôt garder une trace de l’empreinte carbone de toute leur chaîne logistique de fabrication et d’utilisation des produits. Ça s’en vient », prévoit le directeur marketing.

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