Bien choisir son application santé d'entreprise

Offert par les affaires.com

Publié le 18/05/2022 à 13:15

Bien choisir son application santé d'entreprise

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Publié le 18/05/2022 à 13:15

Par Léa Villalba

Alexandre Chagnon, cofondateur de TherAppX (Photo: courtoisie)

SANTÉ MENTALE DES EMPLOYÉS. Les applications santé ont connu une explosion ces dernières années. Elles sont désormais plus de 300 000 sur le marché canadien, et leur croissance est soutenue. Ces applications deviennent aussi de plus en plus populaires chez les entrepreneurs québécois qui souhaitent préserver la santé mentale et physique de leur employé. Plusieurs paramètres sont à prendre en compte avant de jeter son dévolu sur l’une d’entre elles.

De la plateforme pour faire du sport à celle dédiée à la méditation en passant par la livraison d’aliments ou la mise en place de services psychologiques, les applications santé sont très variées. Avant la pandémie, près d’un Canadien sur trois en utilisait une sur son téléphone mobile, une proportion en augmentation depuis.

Pharmacien de formation et diplômé en informatique de la santé à l’Université de Sherbrooke, Alexandre Chagnon a voulu venir en aide à ceux qui cherchent à en comparer les mérites. En 2018, avec son collègue Michael Cardinal, il a mis en place TherAppX, une plateforme web qui évalue les applications liées à la santé. « On voulait créer un endroit qui collecte toutes les informations sur les applications et les évalue, détaille-t-il. Elles ont souvent des mises à jour, donc il faut constamment réactualiser les informations et l’évaluation globale. »

 

Plusieurs grands critères

Pour évaluer les applications santé, TherAppX s’inspire de la norme internationale ISO 82304, qui « s’applique à la sécurité et à la sûreté des produits logiciels de santé conçus pour fonctionner sur des plateformes informatiques générales et destinés à être commercialisés sans matériel dédié ».

« Cette norme contient plus de 80 critères d’évaluation. Cela nous permet de produire des étiquettes pour chaque application avec des pastilles de couleur A, B, C ou D selon si elles répondent à certaines exigences », élabore Alexandre Chagnon.

Quatre grands piliers sont pris en compte sur l’outil appguide, qui recense toutes ces données. D’abord, la confidentialité. « Il faut que l’application ne force pas à fournir des informations personnelles sans but valable et qu’elle soit confidentielle », détaille-t-il. Ensuite, la sécurité, telle la protection contre les attaques informatiques. L’application doit être facile d’utilisation afin d’être accessible au plus grand nombre. Le quatrième pilier évalué, disponible seulement sur la version premium de TherAppX, est la pertinence de l’application. « On s’assure que les résultats cliniques attendus (réduction de migraines, baisse de l’hypertension, etc.) soient bien réels », précise Alexandre Chagnon.

Pierrich Plusquellec, chercheur en biologie du comportement et professeur agrégé à l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal, s’est penché sur ces mêmes piliers pour développer son application EmoScienS en 2019. Il s’agit d’une plateforme web qui permet d’analyser les émotions à travers la prise de photographies à intervalle régulier. « L’intelligence émotionnelle est un fort prédicteur de notre santé mentale, fait-il valoir. C’est donc important d’en prendre conscience. Puisqu’on passe 5 heures à 10 heures par jour face à nos écrans, autant pour se distraire, se rencontrer et travailler, c’est un indicateur pertinent. »

« L’analyse des expressions faciales est déjà utilisée en marketing, en publicité et autres. Nous, on voulait utiliser cette technologie de façon éthique et socialement responsable, poursuit-il. On a une charte éthique et une politique très développée en matière de vie privée. »

Ainsi, l’application ne stocke aucune photographie. Elles sont effacées quelques minutes après la prise. L’activation quotidienne est contrôlée par l’utilisateur, qui choisit quand il souhaite démarrer l’application et l’intervalle entre les photos. « L’avantage, c’est qu’une fois déclenchée, ça ne lui prend plus de temps ; tout est automatique. »

 

En milieu de travail

Depuis ses débuts, TherAppX a toujours eu le désir de travailler avec les milieux de travail. L’équipe évalue leurs besoins et leur propose un sous-ensemble d’applications qui pourraient convenir. Au fil de leurs expériences, Alexandre Chagnon et ses collègues ont fait plusieurs constats. « Une seule application pour tous les employés, ça ne fonctionne pas, affirme-t-il. Les employés n’apprécient pas, parce qu’ils ont l’impression que l’employeur leur impose et qu’ils ont peut-être une entente avec le créateur de la plateforme. Il vaut mieux choisir plusieurs applications ».

L’application EmoScienS - encore en développement - vise elle aussi les milieux de travail et ne souhaite pas non plus imposer son système. « Ce n’est jamais une bonne façon de faire. L’idée serait que l’employeur achète l’application et que les employés l’utilisent comme ils le souhaitent, avance Pierrich Plusquellec. Leurs données resteront personnelles et le gestionnaire pourrait avoir seulement accès à un état émotionnel général de son équipe, par exemple. »

L’équipe prévoit plusieurs améliorations. « On aimerait offrir un détecteur automatique des changements émotionnels pour une meilleure conscientisation et une analyse personnelle », avance Pierrich Plusquellec. L’application permettra aussi bientôt de retrouver des ressources professionnelles pour la santé mentale directement sur sa plateforme. D’autres ajouts, comme l’analyse de la voix ou de la vitesse de tape sur l’ordinateur et une version pour téléphone intelligent pourraient aussi voir le jour. « On veut que les gens s’approprient leur bien-être. Ce sont eux qui vont juger ce qui est pertinent pour eux ou non. » 

Selon TherAppX, il est important que l’employé soit aidé dans son choix d’application. « On lui pose quelques questions selon ses besoins pour qu’il trouve ce qui lui convient le plus, dit le cofondateur. C’est vraiment la stratégie la plus adéquate. »

 

Alléger la charge mentale

Désireuse de s’adapter aux différents besoins des employés, Farnel Fleurant a lancé Workind en pleine pandémie. Après plus de 15 ans dans le monde des communications en entreprise, elle s’est aperçue que « les employeurs proposaient généralement peu de solutions concrètes pour soutenir les employés dans leur vie quotidienne ». Elle a donc développé une application pour les y aider. La plateforme web propose près de 300 produits et services regroupés sous quatre grands thèmes : l’alimentation, la santé et le bien-être, la qualité de vie et la reconnaissance et le développement personnel. « On veut favoriser la bienveillance dans les milieux de travail et agir en prévention. Notre objectif est de réduire la charge mentale des employés et de les encourager à prendre soin d’eux », précise Farnel Fleurant.

Pour utiliser Workind, l’employeur s’abonne au service et donne le montant qu’il souhaite à ses employés. « Ils peuvent utiliser l’argent dans leur portefeuille personnel pour acheter les services dont ils ont besoin, à même la plateforme, mais aussi faire des cadeaux à leurs collègues et à leurs proches, explique la fondatrice. On permet aux employés de façonner l’équilibre de vie qui leur convient. Et aux gestionnaires de faire une réelle différence dans la vie des employés, en toute confidentialité. » En moyenne, les employeurs investissent de 300 $ à 1000 $ par année pour chaque travailleur.

 

 


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