Une application qui «motive les employés sans démotiver le gestionnaire»

Offert par les affaires.com

Publié le 28/01/2022 à 10:21

Une application qui «motive les employés sans démotiver le gestionnaire»

Offert par les affaires.com

Publié le 28/01/2022 à 10:21

Par Benoîte Labrosse

Sur iCollective, les employés partagent leur humeur du jour à l’aide d’icônes météo. (Photo: courtoisie)

SANTÉ ET SÉCURITÉ AU TRAVAIL DANS LES PME. Bonne ambiance rime avec haute performance, a constaté Kamel Dinar, gestionnaire d’équipe depuis plus d’une décennie dans plusieurs entreprises de domaines et de pays différents. Il a aussi remarqué — avant même la pandémie — qu’il est passablement compliqué de conserver cette bonne humeur, de même que des relations étroites, au sein d’une équipe qui ne se côtoie pas tous les jours. C’est là que iCollective entre en scène.

Cette application, dont le nom est une contraction d’intelligence collective, s’articule en deux volets: le partage des humeurs et des motivations des employés avec leur gestionnaire ainsi que le partage des compétences entre collègues. «On veut reproduire les échanges informels qui se déroulent dans un bureau, résume son président et cofondateur. Que ce soit quand quelqu’un fait appel aux talents des autres pour obtenir de l’aide ou quand un gestionnaire s’arrête dans sa porte pour demander “Comment ça va ?”». 

L’informalité et les données subjectives sont au cœur de la démarche de la start-up montréalaise fondée en 2019 par Guillaume Lett et Kamel Dinar. «On ne fait pas de sondage d’engagement ni de test psychométrique, souligne ce dernier. Le partage d’humeur se fait en un seul clic – on utilise des icônes météo – et les employés inscrivent les mots qu’ils veulent pour définir leurs compétences. » Une «interface similaire à Tinder» permet ensuite d’obtenir le nom des personnes avec qui discuter marketing, nouvelles technologies ou encore rédaction.

«iCollective nous permet de planifier les carrières de nos employés, mais aussi de garder un œil sur comment ils se sentent de jour en jour», témoigne Michael-Anthony Clement, directeur général de l’Institut Innovation Gatineau, qui en est à la fois client et incubateur. «Cette façon de se reconnecter, de réanimer les relations que nous avons habituellement dans les bureaux, ça fait une différence sur la santé mentale.» 

 

Épauler les gestionnaires

iCollective aspire à faciliter la vie des gestionnaires. «On parle beaucoup de la motivation et de l’engagement des employés, mais s’en occuper constitue une charge de travail supplémentaire pour le gestionnaire», fait remarquer Kamel Dinar. D’où l’idée d’un outil «qui motive les employés sans démotiver le gestionnaire». 

Ce dernier n’a plus à attendre la rencontre individuelle – qu’elle soit hebdomadaire ou mensuelle – pour connaître l’état d’esprit de son employé, et surtout, pour ajuster le tir en conséquence. «L’application détecte automatiquement quand un employé signale qu’il ne va pas bien et envoie une notification au gestionnaire, qui va pouvoir réagir immédiatement», explique le cofondateur. 

Une rapide discussion qui aura des retombées toutes aussi rapides sur le travail de l’employé en question, fait-il valoir. «Le gestionnaire va pouvoir agir avant la baisse de performance – et l’éviter –, plutôt que de la mesurer plus tard avec des indicateurs techniques.»

 

Développement d’affaires « collaboratif et progressif »

Depuis novembre dernier, iCollective prend part au programme de croissance de l’Institut Innovation Gatineau. «Ils nous accompagnent pour croître de la bonne manière, juge Kamel Dinar. Dans notre cas, c’était de commencer avec une faible quantité de clients, de valider le besoin, puis d’aller en chercher d’autres. 

Leur développement d’affaires est «collaboratif et progressif», qualifie-t-il. «Nos quatre clients en France et au Canada nous disent ce qui fonctionne bien et ce qu’ils souhaitent comme nouveautés, puis, chaque mois, nous leur proposons des développements.»

«On est confiant de ce qu’on a validé avec les clients actuels, poursuit l’entrepreneur. Là, on en veut plus, pour avoir encore plus d’idées pour rendre les employés heureux.» Des relations sont ainsi en train de se développer «avec une très grande entreprise française», alors que «pas mal de démonstrations» ont lieu dans des PME québécoises. 

«Ce qu’ils sont en train de développer, c’est un outil qui va servir à toutes les entreprises du monde qui visent à développer une meilleure santé collective à l’interne», estime Michael-Anthony Clement.

 

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