De l'aide disponible pour la prévention

Publié le 10/10/2013 à 11:04

De l'aide disponible pour la prévention

Publié le 10/10/2013 à 11:04

Qu’est-ce qui mène une entreprise à adopter des pratiques plus sécuritaires ? Les réponses sont nombreuses.

«Il y a 5 ans, dit Daniel Demers, j’ai commencé à travailler avec une usine de soudure parce qu’elle avait enfreint plusieurs règlements et reçu un avis de la CSST. Je l’ai soutenue dans cet enjeu, mais depuis, nous n’avons pas cessé de travailler ensemble. Je siège même sur leur comité de santé et sécurité au travail.»

Daniel Demers est conseiller en gestion de la prévention à l’ASPHME, l’une des douze Associations sectorielles paritaires (ASP), des organismes parapublics, dont la mission est de soutenir les entreprises dans leur démarche de santé et sécurité au travail.

Dès qu’elles relèvent de la Commission de la Santé et de la Sécurité au Travail (CSST) et qu’elles appartiennent à l’un des secteurs identifiés (ex : textile, électricité, métallurgie, etc.), les entreprise ont droit à ce service, gratuitement. «Malheureusement, nous sommes le secret le mieux gardé de l’industrie !» dit-il.

Pourtant même s’ils en connaissent l’existence, certaines entreprises attendent qu’un incident fâcheux se produise avant de se tourner vers ces organismes.

«Ce n’est pas évident, parce qu’en santé et sécurité, on vise ‘une absence de résultats’. Si les entreprises font un bon travail, on n’en entendra pas parler», dit Daniel Demers.

«J’entends parfois dire que les entreprises sont de mauvaise foi, mais je ne suis pas d’accord, poursuit-il. Quand les entreprises démarrent, les dirigeants sont surtout préoccupés de créer une entreprise rentable et c’est normal. Ils voient la santé et sécurité au travail et les ressources humaines comme un poste de dépenses. Je leur dis : C’est comme d’avoir une bombe à retardement dans son usine. On peut décider de l’ignorer ou de s’en occuper avant que ça saute.»

L’explosion peut alors prendre la forme d’une visite des inspecteurs de la CSST, avec à la clé, la possibilité d’être exposés à une amende, un accident de travail ou simplement la multiplication des arrêts de travail pour maladie, avec toutes les conséquences financières et humaines que cela implique.

Le principal frein à l’instauration de mesures préventives ? «Les entreprises trouvent ça trop compliqué et elles ont l’impression qu’elles n’ont pas assez de ressources pour le faire», dit-il.

C’est justement sur ce point qu’agissent les ASP. «Nous dressons avec elles un plan d’intervention, nous priorisons les actions à prendre », explique Daniel Demers.

Cela consister à documenter les consignes de sécurité, implanter un programme de cadenassage des machines, prévenir des blessures musculo-squelettiques (bursites, tendinites), ou encore gérer les matières dangereuses.

« On détermine ensemble qui s’en chargera et quand. Les entreprises pensent qu’elles doivent avaler un éléphant tout d’un coup, mais ce n’est pas le cas.»

Qu’elles soient référées à l’ASP à la suite d’une inspection de la CSST, qu’elles aient directement appelé l’association pour des conseils ou encore que celle-ci les ait contactés elle-même pour proposer ses services, les entreprises ont accès à une panoplie d’outils : des guides d’inspection, des grilles d’auto-diagnostic, des fiches d’information sur une problématique donnée, etc.

Depuis plusieurs années, les Grands Prix santé et sécurité du travail, organisés par la CSST, fournissent aussi de précieuses études de cas, qui sont rapportés dans de courtes vidéos, disponibles en ligne.

« Il est moins cher d’acheter tout de suite la bonne machine et d’adopter les bons comportements et de les transmettre que de corriger le tir, payer des amendes ou encore de défrayer des soins et le salaire d’un deuxième employé», conclut Daniel Demers.

Qui plus est, plusieurs entreprises ont même trouvé tout un marché pour leurs inventions développées pour répondre à un problème. Qui a dit que la prévention n’était pas payante ?

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