Retour au travail à l’ère de la COVID-19

Offert par Les Affaires


Édition du 17 Juin 2020

Retour au travail à l’ère de la COVID-19

Offert par Les Affaires


Édition du 17 Juin 2020

Par Claudine Hébert

(Photo: Erik Mclean pour Unsplash)

SANTÉ DES EMPLOYÉS. Installation de plexiglas, poste de désinfectant à l’entrée, port du masque, distanciation physique, affiches sanitaires… le retour au travail sous le spectre de la COVID-19 incite les employeurs et gestionnaires d’immeubles à multiplier les solutions afin de se conformer aux nouvelles mesures sanitaires.

Dans les premières semaines du déconfinement (du 27 avril au 25 mai), près de 102 000 personnes avaient d’ailleurs téléchargé le « Guide de normes sanitaires en milieu de travail – COVID 19 », réalisé par la CNESST, a indiqué Nicolas Bégin, porte-parole pour la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail. Plus de 410 000 pages contenant des éléments de la trousse d’outils avaient également été consultées au cours de cette même période.

Une grande demande

Ces nouvelles mesures sanitaires, qui servent à éliminer l’actuel risque biologique, ont permis de mettre en valeur l’expertise de certaines entreprises. C’est le cas notamment de Citron Hygiène, qui se spécialise depuis plus de 40 ans dans l’élaboration de solutions pour salles de toilettes, cuisines et gestion parasitaire. « Bien que les revenus de l’entreprise aient fondu d’au moins 30 % au plus fort de la crise (plusieurs amphithéâtres sportifs et aéroports canadiens font partie des clients réguliers), la demande de produits et de services sanitaires reprend allègrement grâce au retour des employés au travail », indique Bernard Brodeur, directeur général Québec à Citron Hygiène. Depuis la mi-mai, l’équipe de Bernard Brodeur discute chaque semaine avec des dizaines de nouveaux clients qui veulent automatiser les équipements de leurs salles de bains en entreprise.

Même les CV abondent. « Avant la pandémie, nous devions nous-mêmes chercher des candidats pour pourvoir nos postes. Depuis deux mois, on reçoit de 10 à 20 CV par semaine », indique le directeur général qui emploie une centaine de travailleurs dans tout le Québec.

Une caméra détectrice

Afin de réduire les risques de contagion entre employés, certaines entreprises ont également embauché une infirmière ou un gardien de sécurité, posté à l’entrée de leur bâtiment. Une initiative à laquelle l’entreprise IN-RGY dit avoir trouvé une solution technologique, pratique et efficace : le système Abrella. L’entreprise montréalaise a mis au point un système par caméra qui, en plus d’effectuer la reconnaissance faciale, prend instantanément la température de l’employé lorsqu’il se présente à l’entrée du bâtiment. L’information colligée est également enregistrée dans le système. « Cet investissement, soutient Sébastien Massicotte, chef de la direction d’IN-RGY, va aider les entreprises à éviter des pertes considérables, et ce, non seulement en ces temps de crise, mais également dans les moments de l’année où la grippe bat son plein. » Depuis le lancement du produit, au début de mai, plus d’une quarantaine d’entreprises de 100 à plus de 70 000 employés ont contacté IN-RGY pour installer éventuellement le système.

Consulter les employés

La mise en place de toutes ces nouvelles mesures ne suffira pas, croit toutefois Roger Bertrand, président fondateur du Groupe entreprises en santé. « Quels que soient les moyens utilisés, la meilleure recette en santé et sécurité au travail, c’est d’impliquer les employés au sein même des processus, soutient-il. C’est encore plus important avec l’actuel spectre de pandémie. »

Le Groupe entreprises en santé est à l’origine des fondements de la norme Entreprise en santé – Prévention, promotion et pratiques organisationnelles favorables à la santé et au mieux-être en milieu de travail. Créée en 2008, cette certification vient d’être reconnue, en mai dernier, comme une norme nationale du Canada.

Roger Bertrand est convaincu que les entreprises et organisations qui détiennent déjà cette norme (ou à tout le moins s’inspirent de ses grandes lignes) vont surmonter beaucoup plus facilement les défis liés aux nouvelles mesures sanitaires qu’implique la pandémie de COVID-19.

Ne pas oublier les essentiels

« Ces nouvelles mesures sanitaires ne doivent pas non plus éclipser les mesures de santé et sécurité déjà en place », renchérit Gérald Perrier, fondateur du Groupe-Conseil Perrier. Depuis 1986, cette PME de Saguenay propose des services de prévention et des formations qui rayonnent dans plusieurs entreprises et organisations présentes dans plus de 60 pays.

« Lavage de mains, distanciation physique, nous saluons toutes ces mesures sanitaires qui s’invitent désormais dans le quotidien des travailleurs. Mais il est important que ces mesures soient réfléchies et intégrées au processus de santé et sécurité déjà en place. Elles doivent même faire partie de l’analyse de tâches lors du début de chaque quart de travail », maintient Gérald Perrier.

Les nouvelles mesures sanitaires chamboulent peut-être le quotidien de nombreux travailleurs, mais elles ont amélioré les conditions de travail de plusieurs d’entre eux. Depuis leur retour sur les chantiers en avril dernier, plusieurs travailleurs de la construction saluent la mise en place de lavabos et de vraies toilettes sur le lieu de travail. Antoine Gariépy, soudeur qui travaille sur le chantier du REM, fait partie de ceux qui apprécient ces nouveaux éléments sanitaires. « Un privilège, dit-il, dont on ne voudra plus se passer une fois la crise terminée. »

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