Former des mécanos à l'heure de l'électrique

Publié le 17/10/2011 à 13:13

Former des mécanos à l'heure de l'électrique

Publié le 17/10/2011 à 13:13

Par Ulysse Bergeron

« Un mécanicien traditionnel ne peut pas faire grand-chose sur un véhicule hybride ou électrique », lance d'entrée de jeu Serge Gauthier, directeur de l'École des métiers de l'équipement motorisé de Montréal (EMEMM). Avec un voltage qui peut atteindre jusqu'à 600 volts selon les modèles, « il y a beaucoup de précautions à prendre. Cela nécessite des outils spéciaux et une formation spéciale ».

Par l'entremise du Comité paritaire des services automobile, l »EMEMM offre depuis trois ans des formations allant de 12 à 24 heures destinées à acquérir des connaissances sur les véhicules munis batteries. « En devenant directeur de l'école, il y a quatre ans, je voulais qu'on devienne la première école québécoise à offrir des cours pour les véhicules hybrides et électriques au Québec. Et c'est ce que nous avons fait », indique-t-il.

Trois cours ont jusqu'à présent été développés : introduction aux véhicules hybrides, mécanique avancée pour hybrides et un cours destiné aux carrossiers. Près 300 professionnels ont jusqu'à ce jour suivi ces formations qui ont été offertes 29 fois à l’EMEMM. Ce nombre reste cependant marginal pour une école qui accueille chaque année près de 1 000 étudiants, dont un peu plus de 350 pour le programme de mécanique automobile.

Il n'est pas question, pour le moment du moins, d'intégrer ces formations au programme de diplôme d'études professionnelles (DEP) en mécanique automobile, qui représente déjà 1 800 heures. « Il faudrait soit couper dans la formation actuelle – ce qui est peu probable – ou rallonger le programme », dit Serge Gauthier, précisant que cette formation devrait idéalement être offerte en formation continue.

Aucune aide financière gouvernementale n'est à ce jour octroyée à ces programmes. Pour pouvoir les offrir, l’EMEMM et le CPSA doivent soutenir l'initiative avec leurs propres moyens. « L'industrie pourrait subventionner ces cours, parce que c'est un domaine beaucoup plus pointu que la réparation traditionnelle de véhicules », dit-il.

Mais le contexte actuel reste incertain. Il est difficile d'évaluer avec précision l'importance que prendront les véhicules électriques et hybrides dans le parc automobile québécois, indique Serge Gauthier, dans un contexte où la course aux technologies bouleverse l'industrie.

Il cite, à titre d'exemple, la mise en marché d'ici 2013 de petites automobiles turbo diesel. « Est-ce que cela va ralentir l'implantation de véhicules électriques ? Est-ce que les constructeurs vont combiner le turbo diesel avec les technologies hybrides ? Difficile de prévoir ce qui va se passer. »

La mise en marché de véhicules électriques et hybrides n'est pas à prendre à la légère, selon Pierre Beaudoin, directeur principal des services techniques chez CAA-Québec. Les 60 000 professionnels qui oeuvrent dans le secteur de la mécanique de véhicule au Québec devront inévitablement acquérir des connaissances à l'égard de ces nouvelles technologies. « Aussi bien ceux qui travaillent chez les concessionnaires que les mécaniciens du marché secondaire », indique-t-il.

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