Sherbrooke mise sur la sûreté aéroportuaire

Offert par Les Affaires


Édition du 17 Octobre 2015

Sherbrooke mise sur la sûreté aéroportuaire

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Édition du 17 Octobre 2015

Malgré les turbulences dans le développement économique régional, plusieurs initiatives prometteuses sont sur les rails, dont celui du Centre d’expertise en sûreté aéroportuaire (Airpole) qui pourrait positionner Sherbrooke et l’Estrie comme des leaders dans ce domaine.

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Le projet, lancé en septembre, prévoit la construction d’un centre d’entraînement et de formation (CENFOR) sur le site de l’aéroport de Sherbrooke dès 2016. Les étudiants pourront s’exercer sur l’un des trois plateaux simulant un incendie d’avion, un écrasement et, sur un même lieu, une prise d’otage et une alerte à la bombe. « Le seul autre centre offrant le même genre de services est situé en Virginie et a été créé pour l’entraînement du FBI », indique Josée Fortin, directrice générale de Sherbrooke Technopole et secrétaire-trésorière d’Airpole.

Le centre est donc l’occasion de développer une offre unique en Amérique du Nord. D’ailleurs, des consultations menées auprès d’une soixantaine d’acteurs du domaine ont confirmé que le projet visait juste. « Il y a une demande pour des services de formation pratiques à moindre coût et à proximité », mentionne Bernard Ricard, président d’Airpole et directeur associé au CLD du Haut-Saint-François. « Mais notre clientèle dépasse le Québec. Nous visons plutôt les marchés du nord des États-Unis, du Canada, de l’Europe et même de l’Afrique francophone. »

La consultation a aussi permis de cibler d’autres besoins, qui seront comblés par le centre. « Actuellement, il n’existe pas d’endroit où les entreprises du domaine aéroportuaire peuvent installer leurs équipements, en faire la démonstration ou les tester. Une entreprise de Hollande qui produit des scanneurs pourrait s’y installer et inviter ses clients d’ici à voir ses produits », explique Bernard Ricard. Une vitrine industrielle devrait donc s’ajouter en 2017. Une troisième phase, prévue pour 2018, permettra d’effectuer des tests pour vérifier « l’interopérabilité » des équipements, précise-t-il.

Un budget à boucler

Si aucune pelletée de terre n’a encore été soulevée, les premières formations théoriques d’Airpole seront à l’horaire dès le printemps 2016, grâce à une entente avec l’IATA. Toutefois, pour que le projet passe de la théorie à la pratique, il faudra dénicher 22 M$, financés au tiers par le fédéral, le provincial et l’industrie. Une somme qui permettra de construire les bâtiments pour l’entraînement, les tests sur les équipements, etc.

Les deux intervenants sont confiants quant à la concrétisation du centre. « Il ne s’agit pas de demander 14 M$ en subventions, mais plutôt de s’assoir avec les instances gouvernementales pour déterminer quels programmes nous permettraient de financer le tout », explique Josée Fortin. De plus, les retombées du projet sont estimées à 14,6 M$, en plus de créer ou maintenir 986 emplois sur 10 ans, selon une étude de Raymond Chabot Grant Thorton.

Cultiver les PME

À plus petite échelle, les intervenants cultivent aussi l’entrepreneuriat pour assurer l’avenir de leur région. Sherbrooke Innopole est très actif et multiplie les initiatives pour soutenir les entreprises de sa région, en organisant, entre autres, des journées portes ouvertes sur l’industrie Autre exemple : l’organisme a contribué à la mise sur pied d’Espace-INC, un incubateur-accélérateur d’entreprises innovantes. Lancé officiellement en mars dernier, il offre des services de co-working, de préaccélération et d’accélération.

« Nous sommes victimes de notre succès », dit Josée Fortin. La demande est telle que, moins d’un an après son ouverture, Espace-INC a dû agrandir ses locaux et couve 18 compagnies en devenir. Ce qui dépasse les prévisions. À cela s’est greffée la Maison de l’entrepreneur, un espace de réseautage pour tous les entrepreneurs de la région, située à même l’incubateur.

Des pertes à long terme

Mais sous ses bonnes nouvelles, la situation n’est pas tout à fait rose. Dans les sept CLD de l’Estrie, les compressions gouvernementales totalisent 1,9 M$, estime-t-on. À lui seul, Sherbrooke Innopole a dû essuyer une perte de 700 000 $ en 2014. L’équipe a ainsi été réduite de 20 à 17 personnes, indique Josée Fortin. « Nous avons réussi à faire plus avec moins, mais ce n’est pas viable à long terme. Notre planification stratégique sur cinq ans était très ambitieuse, mais nous devrons nous recentrer sur notre mission de base, soit l’accompagnement des entrepreneurs. »

Idem du côté du CLD du Haut-St-François, qui a dû supprimer quatre postes pour boucler son budget. « Et l’accès à certains fonds spécifiques pour les régions dévitalisées ont été coupés, ce qui représente entre 100 000 $ et 150 000 $ par année », estime Bernard Ricard. Pour l’instant, le CLD a réussi à ne pas réduire ses services, pigeant dans ses propres réserves. Une solution temporaire. « L’impact des réductions se fait rarement sentir immédiatement. Cela peut prendre plusieurs années, indique le directeur adjoint. Et quand on s’en rend compte, on réinvestit et cela prend encore du temps avant d’en voir l’effet positif. »

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