L'Auberge qui ne voulait pas fermer l'hiver

Offert par Les Affaires


Édition du 21 Septembre 2019

L'Auberge qui ne voulait pas fermer l'hiver

Offert par Les Affaires


Édition du 21 Septembre 2019

Par Claudine Hébert

­Francis ­Potvin et ­Julie ­Ménard ont acheté l’Auberge ­La ­Coulée ­Douce, à ­Causapscal, il y a six ans. (Photo: Zone Blanche)

PME DE LA SEMAINE. Depuis son ouverture, en 1984, l'Auberge La Coulée Douce, à Causapscal, n'ouvrait ses portes que de mai à octobre. Du moins, ce fut le cas jusqu'à ce que cette PME de la Vallée de la Matapédia change de propriétaire en 2013.

Depuis que Julie Ménard, une des employés de l'auberge, et son conjoint Francis Potvin ont acheté le commerce de son propriétaire et fondateur, Vianney Morin, il y a six ans, l'établissement de 10 chambres et 5 chalets est ouvert 12 mois par année. Même le restaurant, qui était fermé le midi et réservé seulement aux clients le matin, est désormais ouvert pour les trois repas du jour pour tout le monde. Un tour de force quand on sait qu'en Gaspésie, plus de deux établissements d'hébergement sur cinq ferment leurs portes dès le retour du temps froid, faute de touristes... et d'employés.

«Pendant plus de 14 ans, chaque année, en septembre, je devais troquer mon tablier pour le volant d'un autobus scolaire. Grâce à cette acquisition, je me suis enfin payé un travail à la même adresse», raconte Mme Ménard, une Bouchervilloise déménagée à Causapscal il y a 20 ans.

Depuis qu'elle gère cette ancienne résidence pour religieux transformée en auberge il y a 35 ans, le nombre d'employés est passé de 8 à 15. L'hiver venu, le personnel diminue toutefois de moitié. L'auberge, qui enregistrait à peine un quart de million de revenus sous l'ancienne administration, a, depuis six ans, triplé ses recettes.

«Il a fallu gagner la confiance des employés», reconnaît Mme Ménard, qui est devenue entrepreneure à l'âge de 44 ans. Ils étaient plusieurs, dit-elle, à douter de la viabilité de son projet. La plupart des employés avaient peur que ça ne fonctionne pas. «Seulement deux d'entre eux sont d'ailleurs restés depuis j'ai acheté le commerce», mentionne-t-elle.

L’établissement de 10 chambres et 5 chalets, qui n’ouvrait ses portes que de mai à octobre auparavant, est ouvert dorénavant 12 mois par année. (Photo: courtoisie)

Il a fallu aussi gagner la confiance de la clientèle locale. Une clientèle que Mme Ménard a rarement vue franchir la porte de l'auberge du temps où elle était employée. «Aujourd'hui, plus de 40 % des revenus de l'auberge proviennent de cette clientèle. Ce sont des résidents de la région, mais surtout des employés des entreprises de la vallée qui viennent dîner, souper et même tenir leurs petits-déjeuners d'affaires», soutient fièrement la propriétaire.

Au moins une dizaine d'entreprises qui, pour leur fête de Noël, avaient l'habitude de réserver des établissements à Amqui organisent désormais leur événement à l'auberge.

Des efforts qui payent

Une réussite qui n'étonne pas Joëlle Ross, directrice générale de Tourisme Gaspésie. Depuis une dizaine d'années, Tourisme Gaspésie collabore étroitement avec les membres de son industrie afin de trouver des solutions pour prolonger leur saison touristique. «Actuellement, plus de 20 % de notre budget promotionnel est consacré à la promotion du tourisme en automne et en hiver dans la région», souligne Mme Ross. Ce sont diverses campagnes publicitaires ciblées qui s'adressent principalement à la population gaspésienne, du Bas-Saint-Laurent, de la Côte-Nord ainsi que du nord du Nouveau-Brunswick. Une clientèle touristique locale que les établissements de la Gaspésie peuvent attirer plus facilement, compte tenu de la distance, pour des escapades le temps d'un week-end, des activités de plein air et des événements d'affaires.

Et ça paye. Ce sont actuellement 57 % des quelque 277 établissements d'hébergement commerciaux (excluant les terrains de camping) qui sont ouverts désormais 12 mois par année en Gaspésie, signale Mme Ross. Il y a 20 ans, conclut-elle, ils étaient à peine 40 %.

 

L’Auberge ­La ­Coulée ­Douce en quelques chiffres
Année de fondation : 1984
Nombre d’employés : 15 l’été, 7 l’hiver
Chiffre d’affaires : entre 750 000 $ 
et 1 M $
Investissement : ­Jusqu’ici, la propriétaire de l’auberge a investi près de 100 000 $ afin de rafraîchir le bâtiment principal qui date des années 1930, d’aménager pour l’hiver la verrière du restaurant et d’aménager une chambre froide qui permet aux chasseurs de passage à l’auberge d’entreposer leur gros gibier avant le retour à la maison.
Projet : ­Pour la première fois depuis que l’auberge est ouverte à l’année, le taux d’occupation devrait franchir le cap des 50 % en 2019. « ­Nous avons affiché complet pendant au moins 60 jours cette année. Du jamais vu », fait remarquer ­Mme ­Ménard. Une performance qui l’incite à analyser l’ajout de cinq nouveaux chalets dans un avenir rapproché.

 

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L’Auberge ­La ­Coulée ­Douce en quelques chiffres

Année de fondation : 1984

Nombre d’employés : 15 l’été, 7 l’hiver

Chiffre d’affaires : entre 750 000 $ et 1 M $

Investissement : ­Jusqu’ici, la propriétaire de l’auberge a investi près de 100 000 $ afin de rafraîchir le bâtiment principal qui date des années 1930, d’aménager pour l’hiver la verrière du restaurant et d’aménager une chambre froide qui permet aux chasseurs de passage à l’auberge d’entreposer leur gros gibier avant le retour à la maison.

Projet : ­Pour la première fois depuis que l’auberge est ouverte à l’année, le taux d’occupation devrait franchir le cap des 50 % en 2019. « ­Nous avons affiché complet pendant au moins 60 jours cette année. Du jamais vu », fait remarquer ­Mme ­Ménard. Une performance qui l’incite à analyser l’ajout de cinq nouveaux chalets dans un avenir rapproché.

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