Ils osent le présentiel

Offert par Les Affaires


Édition du 22 Septembre 2021

Ils osent le présentiel

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Édition du 22 Septembre 2021

Par Claudine Hébert

Des visiteurs au Salon international de la mobilité de Munich, qui donne le coup d’envoi aux autres grands événements automobiles dans le monde, notamment le Salon du véhicule électrique et hybride rechargeable de Montréal. (Photo: Getty Images)

RÉUNIONS ET CONGRÈS. Même si les conditions ne sont pas optimales pour accueillir de grandes foules, des organisateurs d’événements ont décidé d’aller de l’avant avec la formule en personne.

Déjà, l’un des premiers salons intérieurs grand public présentés au Canada à l’ère COVID-19 est à l’heure des bilans. Le Salon du véhicule électrique et hybride rechargeable de Montréal (SVEM) a eu la capacité d’accueillir jusqu’à 3700 personnes en même temps au Stade olympique du 17 au 19 septembre. Des visiteurs pour lesquels le passeport vaccinal n’était pas exigé, sauf dans les aires de restauration.

Quatre mois plus tôt, les promoteurs du SVEM, Luc Saumure et Louis Bernard, ont décidé de tenir leur événement en personne, peu importe les mesures sanitaires en vigueur. « Dès que le gouvernement du Québec a annoncé que 75 % de la population serait vaccinée en date du 31 août, nous avons convenu que le mois de septembre serait le bon moment pour reprendre nos activités », se souvient Luc Saumure.

Ceux qui avaient dû annuler leur événement au printemps 2020 avaient d’ailleurs réservé le Stade olympique en juin, en juillet ainsi qu’en août, au cas où la Santé publique annoncerait des assouplissements sanitaires plus tôt que prévu. « Nous voulions être prêts à toute éventualité », souligne Luc Saumure, qui espérait voir défiler au moins 25 000 visiteurs à l’édition 2021. Leur Salon du véhicule électrique et hybride rechargeable de Québec est également prévu en personne au Centre de foires de Québec du 1er au 3 octobre. 

Les derniers mois auront tout de même été éprouvants pour les deux associés, qui se sont privés de revenus tant et aussi longtemps que l’activité ne serait pas présentée. « La planification d’un salon nécessite au moins une année de préparation, rappelle le promoteur. Dans notre cas, cette préparation aura duré plus de deux ans. Ç’a été dur pour nous. Heureusement, plus de 80 % de nos exposants, qui avaient versé un dépôt de 50 %, sont demeurés dans le coup. »

 

Vif intérêt des participants

Le scientifique en chef du Québec, Rémi Quirion, figure lui aussi parmi les organisateurs qui souhaitent une forte participation en personne aux grands rassemblements. Ce chercheur en neurosciences est l’instigateur de l’International Network for Government Science Advice 2021, présenté du 30 août au 1er septembre au Palais des congrès de Montréal pour la quatrième fois. « En temps normal, notre événement aurait accueilli près de 1700 représentants politiques, diplomates et conseillers scientifiques de gouvernements de 130 pays, estime-t-il. Cette année, nous espérions recevoir 400 délégués canadiens et américains. En raison des variants et du spectre d’une quatrième vague, il y en a eu 70, provenant principalement de Montréal, de Québec et d’Ottawa ; des participants pouvant se déplacer aisément en voiture. »

Rémi Quirion demeure néanmoins très serein. « Notre événement, présenté sous forme hybride, a enregistré plus de 2500 inscriptions, ce qui représente un record de participation, constate-t-il. Et les participants qui étaient sur place étaient heureux de se retrouver autrement que derrière un écran. »

Un sentiment partagé par les quelque 750 visiteurs attendus du 21 au 23 septembre au Centrexpo Cogeco, à Drummondville. « Malgré les risques d’une quatrième vague, nos clients, pour la plupart doublement vaccinés, ont montré un vif intérêt pour venir voir la machinerie sur place et non en présentation virtuelle », explique Daniel Côté, gérant de territoire du fabricant de machineries agricoles Case IH, qui y tient une exposition de produits — sur invitation seulement. Un premier rendez-vous depuis mars 2020 pour le fabricant qui compte 24 concessions au Québec.

 

Sous le règne de la flexibilité

Les mesures sanitaires qui évoluent à la toute dernière minute compliquent non seulement la vie des organisateurs d’événements, mais également celle des hôteliers.

« Nos équipes de ventes n’ont jamais été aussi flexibles envers les clients », concède Dany Thibeault, directeur régional du groupe Urgo Hotels Canada, spécialisé dans la gestion d’hôtels au Canada et aux États-Unis. Il constate que le tourisme d’affaires reprend lentement ses activités au sein des 14 établissements québécois de son entreprise. Mais sous plusieurs conditions.

« La clientèle d’affaires a recommencé à nous appeler pour réserver une de nos nombreuses salles, mais elle demeure frileuse et attend avant de s’engager. Ou alors elle signe des contrats bonifiés de multiples clauses de force majeure, illustre Dany Thibeault. En plus de la grève, du tremblement de terre et d’autres catastrophes naturelles, les aléas des conditions sanitaires émises par la Santé publique figurent désormais dans les contrats. Du jamais vu dans notre industrie ! »

Ce n’est pas le seul défi auquel font face les hôteliers, soutient ce gestionnaire qui coiffe également le chapeau du président de l’Association des hôteliers du Québec. « La pénurie de main-d’œuvre nous frappe de plein fouet. La majorité de nos membres doivent encore refuser de la clientèle faute de personnel. »

À ce propos, l’organisateur d’une association qui souhaite garder l’anonymat pour ne pas nuire à ses relations, a indiqué à Les Affaires avoir contacté près d’une dizaine d’hôteliers pour la tenue d’un événement hybride à la fin septembre. « Le tiers d’entre eux ne m’a même pas rappelé », se désole-t-il.

« Il faut continuellement s’adapter », convient Martin Foster, vice-président aux ventes et au marketing au groupe hôtelier Le Grand Château, propriétaire du Sheraton Laval et du Hilton Laval. « Les changements de date et les annulations ont toujours fait partie du quotidien de nos équipes, assure-t-il, mais jamais nous n’avons été aussi flexibles qu’au cours des derniers mois. » Les réservations de salles à moins de sept jours d’avis sont devenues monnaie courante, affirme-t-il.

Quoi qu’il en soit, depuis le début du mois de juin, les équipes des ventes de ces deux hôtels lavallois reçoivent une bonne dizaine de demandes par semaine pour d’éventuelles rencontres. Ce qui se traduit par la tenue de deux à trois rencontres de 10 à 50 personnes par semaine, précise Martin Foster. Ce sont pour la plupart des entreprises privées lavalloises qui réunissent les membres de direction ainsi que des comités d’arbitrage.

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