Mieux concilier travail et famille en agriculture

Publié le 07/12/2022 à 10:00

Mieux concilier travail et famille en agriculture

Publié le 07/12/2022 à 10:00

Sandrine Demers, agente de communication chez les Agricultrices du Québec, une fédération de l’Union des producteurs agricoles (Photo: courtoisie)

RÉTENTION DE MAIN-D'OEUVRE. Dans le milieu agricole, la fidélisation de la main-d’œuvre se conjugue désormais au féminin.

Il y a eu la contribution financière au mieux-être des travailleurs et de leur famille. Vint ensuite la télémédecine accessible 24/7. Depuis cet automne, les employés de l’entreprise spécialisée dans l’abattage et la transformation de porc duBreton bénéficient d’un service de garde en milieu de travail. « On parle pour l’instant de 12 places dans nos installations de Saint-Bernard, en Beauce, précise Line Breton, vice-présidente aux ressources humaines (RH) chez duBreton. Si le projet pilote est concluant, nous pourrions ouvrir des garderies ailleurs, dans nos autres usines. »

Cela n’est pas de refus. Parmi les 1200 employés du plus important producteur et transformateur de porc biologique en Amérique du Nord, plusieurs peinent à dénicher une place en garderie, ce précieux sésame. « Encore récemment, une de nos excellentes employées poireautait sur une liste d’attente à la veille de son retour au boulot. Offrir un tel service fait toute la différence pour attirer et retenir de jeunes parents », raconte-t-elle. DuBreton fait d’ailleurs partie des entreprises agricoles finalistes du concours Ma ferme, mon monde, qui souligne les bonnes pratiques en gestion des RH dans le secteur.

 

Iniquités

La conciliation travail-famille est un réel enjeu dans ce milieu encore assez masculin. Les Québécoises représentent en effet 27 % des propriétaires détenant des parts d’une entreprise agricole, lit-on dans un avis du Conseil du statut de la femme de 2019. Même chose en ce qui a trait au salariat ; 26 % des ouvriers agricoles au Québec sont des femmes. « Porter le fardeau invisible de la charge mentale fait partie des réalités spécifiques aux femmes en agriculture », affirme Sandrine Demers, agente de communication chez les Agricultrices du Québec, une fédération de l’Union des producteurs agricoles.

Dans un portrait de la conciliation travail-famille dans les entreprises agricoles de 2021, le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) met en exergue cette iniquité entre les genres. Plus du quart des répondantes à un sondage réalisé auprès de 900 ménages agricoles accorde plus de 20 heures par semaine aux tâches domestiques, indique le document en question. Seuls 10 % des répondants masculins font de même. Sans surprise, des activités comme la planification de l’épicerie tombent beaucoup plus souvent dans le giron féminin.

De là la grande pertinence de services de garde pour enfants comme ceux offerts par duBreton. Dans l’avis du MAPAQ, plus des deux tiers des répondants ont justement fait appel à un tel service au cours des cinq dernières années — un répondant sur cinq l’utilisait au moment de l’enquête, à l’automne 2020. « On sent que ça change tranquillement, et pour le mieux », se réjouit Sandrine Demers, qui avoue du même souffle que les particularités du milieu freinent cet élan. « On ne peut pas forcément changer sa nature même, avec ses longues heures de travail et ses horaires atypiques. »

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