Comment s’assurer de transférer une entreprise en bonne santé?

Publié le 27/03/2014 à 06:00

Comment s’assurer de transférer une entreprise en bonne santé?

Publié le 27/03/2014 à 06:00

Par Claudine Hébert

Il n’y a pas que le releveur qui souhaite que son entreprise reflète sa réelle valeur marchande. « Les professionnels qui collaborent avec le ou les releveurs poursuivent le même objectif », dit Suzanne Landry, professeure de fiscalité à HEC Montréal.

« Par conséquent, il faut savoir embellir la “mariée” », recommande Richard Quinn, directeur principal Transfert d’entreprise chez Desjardins. Et ce processus d’embellissement, soulève cet expert en relève, peut nécessiter jusqu’à 4, voire 5 années avant le transfert.

« Il faut que l’entrepreneur élimine tous les actifs excédentaires non liés à l’exploitation de son entreprise pour améliorer ses bénéfices avant la vente », précise M. Quinn. Il peut s’agir d’une voiture ou encore de biens immobiliers. Par exemple, un condo acheté par l’entreprise.

« Tout comme pour la vente d’une résidence, l’entrepreneur doit faire du home staging », souligne Maxime Rhéaume, avocat spécialisé en droit des affaires et associé au bureau de Montréal chez Miller Thomson.

Ce grand ménage, observe-t-il, est encore plus nécessaire au sein des PME familiales, dont certaines ont tendance à avoir des habitudes qui nuisent aux profits de l’entreprise.

« L’utilisation de la carte de crédit de l’entreprise par tous les membres de la famille pour faire le plein d’essence est un exemple de dépenses qui devraient cesser au moins six, voire 18 mois avant la transaction. Idem pour les salaires versés aux enfants… qui ne travaillent pas dans l’entreprise », indique Maxime Rhéaume.

Et ce nettoyage est tout aussi valable pour un transfert d’entreprise familiale, ajoute Marcel Bergeron, associé de la firme FBL, comptables professionnels agréés. « Plus une entreprise est rentable, plus elle se finance bien », insiste-t-il.

Il remarque que des repreneurs voulant acheter une entreprise se butent régulièrement à un refus de prêt de la part des institutions financières. « Les financiers vont regarder le flux de trésorerie de l’entreprise. Si cette dernière vaut 2 M$, mais qu’elle génère à peine 100 000 $ de liquidité par année, les financiers vont juger qu’il sera quasi impossible pour le repreneur d’amortir le capital emprunté et les intérêts dans un temps raisonnable », explique M. Bergeron.


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