Saguenay joue la carte de la nordicité

Offert par Les Affaires


Édition du 23 Mai 2015

Saguenay joue la carte de la nordicité

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Édition du 23 Mai 2015

[Photo: Shutterstock]

Le Saguenay-Lac-Saint-Jean lutte contre sa dépendance à l'égard des grandes entreprises de l'aluminium et de la foresterie depuis une vingtaine d'années. Pour se diversifier, la région veut miser sur des produits à forte valeur ajoutée et tirer profit de sa nordicité en en faisant une marque de commerce.

Cliquez ici pour consulter le dossier Régions: reconversion industrielle

L'annonce, le 2 mai dernier, de l'implantation d'une usine de fabrication de patios en aluminium par l'entreprise albertaine SigmaDek à Saguenay est l'une des réussites des efforts visant à diversifier l'économie régionale.

Le projet de 15 millions de dollars, qui créera une quarantaine d'emplois, fait suite au démarrage de l'usine d'extrusion de Pexal Tecalum Canada. Celle-ci permet de profiler l'aluminium, une étape qui manquait cruellement à la région pour aller plus loin dans la transformation de l'aluminium.

La région a choisi d'utiliser son expertise existante pour élargir ses activités quand l'emploi a commencé à décliner chez ses piliers économiques - les grandes entreprises de la foresterie (pâtes et papiers, scieries) et de la première transformation de l'aluminium - au début des années 1980.

«On a décidé d'apporter de la valeur ajoutée et de se lancer dans les deuxième et troisième transformations de l'aluminium. Aujourd'hui, une centaine d'entreprises ayant une expertise pointue ont vu le jour, et elles emploient 26 000 personnes», explique Claudia Fortin, directrice générale du Centre local de développement (CLD) de la ville de Saguenay.

Néanmoins, cette stratégie a ses limites, car la dépendance au secteur traditionnel de l'aluminium subsiste.

«Le milieu pourrait être très fragilisé si le domaine de l'aluminium allait moins bien, puisque tout y est lié», observe Jean-Pierre Boivin, préfet de la MRC Maria-Chapelaine, qui connaît une forte dépendance à la foresterie encore aujourd'hui.

«C'est sûr qu'il nous faut nous diversifier et ne pas tout miser sur un seul créneau», reconnaît Claudia Fortin.

Exploiter la forêt boréale autrement

Des entreprises ont déjà pris l'initiative de diversifier leur activité à partir de l'expertise acquise comme sous-traitant de grandes entreprises. C'est le cas du groupe Céger, dont fait partie le cabinet de génie-conseil Cegertec WorleyParsons. Rio Tinto Alcan a longtemps été le moteur de la croissance, mais le groupe a développé ses marchés et acquis une force de frappe provinciale.

De nouveaux créneaux économiques émergent également, comme le tourisme écologique et d'aventure ainsi que les produits issus de la forêt boréale. Simon-Pierre Murdock, pdg de Morilles Québec, en a constaté la valeur en découvrant, un jour de promenade, des morilles dans la forêt.

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