Série blue chips (4): trois titres qu'aime Alexandre Legault, de Allard, Allard et Associés

Offert par Les Affaires

Publié le 07/02/2018 à 07:02

Série blue chips (4): trois titres qu'aime Alexandre Legault, de Allard, Allard et Associés

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Publié le 07/02/2018 à 07:02

N.D.L.R. On a demandé à des gestionnaires si les blue chips existaient toujours. Oui, ont-ils unanimement répondu, mais avec nombre de nuances. Ils nous expliquent comment les trouver et en suggèrent quelques-uns.

Alexandre Legault, vice-président et gestionnaire de portefeuille chez Allard Allard et Associés

« Blue chips est souvent synonyme de grande entreprise de qualité. Mais ce ne sont pas toutes les grandes entreprises qui sont des blue chips, c’est une perception qui est parfois fausse comme on l’a vu par le passé avec des entreprises comme Nortel, et plus récemment avec Valeant. », dit Alexandre Legault.  Selon lui, pour qu’une entreprise ait de la valeur, un ensemble de conditions doivent être réunies. « Elle doit avoir un bon modèle d’affaires. Elle doit être un leader dans son secteur d’activité. Ses revenus doivent être stables et sa santé financière saine. Elle doit générer de l’argent dans toutes les phases d'un cycle. Et il doit y avoir une demande croissante pour ce qu’elle produit. » Il ajoute qu’il y a souvent une corrélation entre le fait qu’une entreprise possède de telles caractéristiques et la mise en œuvre d’une politique de dividende généreuse et croissante. À ses yeux, il existe toujours des blue chips, mais la compétition semble plus forte qu’auparavant. « Les entreprises doivent se renouveler. Les changements s’accélèrent et les modèles d’affaires doivent suivre. Les blue chips que tu pouvais acheter et détenir jusqu’à la retraite sont peut-être moins nombreux qu’avant. »

Canadian Tire
(Tor., CTC.A, 164,99$)
Capitalisation boursière : 11,2G$

« C’est un magasin de vente au détail qui est dominant au Canada, et ce dans plusieurs sphères. Que ce soit dans les pièces d’automobile, les articles de sport (notamment avec les acquisitions de Forzani et de Rousseau), et dans les articles liés à la maison (cuisine, ménage, etc.). » M. Legault constate que malgré l’essor d’Amazon, l’entreprise continue d’accroître ses ventes comparables. « Ils ont doublé leur revenu en l’espace 12 ans, ce qui donne une croissance de l’ordre de 6%. » Il aime aussi les nombreux actifs de Canadian Tire. « Ils sont propriétaires de beaucoup de leurs emplacements immobiliers, avec des localisations stratégiques qui ont pris de la valeur. » Il observe que bien que la compagnie œuvre dans un secteur de consommation discrétionnaire, elle touche par moments au secteur de consommation de base. « Si ça va moins bien dans l’économie, les gens cherchent des aubaines et consultent leur circulaire qui est très prisée. Ils vont aussi, par exemple, reporter l’achat d’une voiture et la faire réparer. Avec le développement de l’électronique dans les voitures, ils sont mieux équipés pour faire face à ce changement que les garages de quartier. » Le rendement du dividende est de 2,2%.

Les six grandes banques canadiennes
(Tor., RY, 101,38$) (Tor., TD, 71,86$) (Tor., BNS, 78,17$)
(Tor., BMO, 97,53$) (Tor., NA, 62,30$) (Tor., CM, 116,31$)
Capitalisation boursière : entre 21G$ et 147G$

Les grandes banques canadiennes sont pour lui la représentation parfaite du blue chips. « C’est difficile de devenir une banque au Canada et de venir concurrencer celles existantes. Le secteur est réglementé et cela donne aux joueurs existants un avantage important. » Les banques génèrent beaucoup d’argent et cela leur a permis, selon lui, de diversifier et d’accroître leurs activités. « À une époque pas si lointaine, les firmes de courtage ne faisaient pas partie des grandes banques. C’est le cas aujourd’hui. Même chose pour l’assurance où elles gagnent de plus en plus de parts de marché. » Il mentionne qu’ils sont en train de gagner la guerre à l’épargne, notamment au dépend des firmes indépendantes et des compagnies de fonds de placement. « Il y a eu beaucoup de consolidation. Pensons à PH&N qui s’est fait acheter par la RBC il y a une dizaine d’années. » M. Legault considère un investissement dans les banques comme toujours attrayant en raison de multiples peu élevés par rapport à l’ensemble du marché. Le rendement du dividende des grandes banques oscille entre 3,62% et 4,08%.

Tyson Foods
(NYSE, TSN, 74,81$ US)
Capitalisation boursière : 30,16G$

Le gestionnaire de portefeuille aime beaucoup cette société étrangère, productrice de protéines animales (bœuf, poulet et porc). « À l’échelle mondiale, on constate une croissance de la consommation de protéines avec l’essor de la classe moyenne. Cela favorise la stabilité des revenus. » Cette stabilité, explique-t-il, s’est accrue avec la portion des activités liées à la transformation et aux aliments surgelés (prepared food). Le seul hic, selon lui, c’est que l'entreprise n’a pas le contrôle sur le prix des intrants. « Si le prix du poulet, du bœuf ou du porc fluctue, cela peut affecter les bénéfices. » Malgré cela, il aime son potentiel, ses marques de commerce, son réseau et ses ententes de distribution qui sont, selon lui, difficiles à dupliquer. « Environ 17 % de leurs ventes sont faites chez Walmart. » La compagnie paie un dividende à ses actionnaires depuis plus de 40 ans. Le rendement du dividende est d’environ 1,5%.

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