Série blue chips (1): trois titres qu'aime Mathieu Roy, d'Hexavest

Offert par Les Affaires

Publié le 07/02/2018 à 07:05

Série blue chips (1): trois titres qu'aime Mathieu Roy, d'Hexavest

Offert par Les Affaires

Publié le 07/02/2018 à 07:05

N.D.L.R. On a demandé à des gestionnaires si les blue chips existaient toujours. Oui, ont-ils unanimement répondu, mais avec nombre de nuances. Ils nous expliquent comment les trouver et en suggèrent quelques-uns.



Mathieu Roy, gestionnaire de portefeuille, actions canadiennes, chez Hexavest


« Dans la culture financière, les blue chips sont perçus comme des titres ayant une aura de stabilité et de sécurité. Ils ont tendance à générer une performance supérieure à long terme et à bien naviguer à travers les cycles économiques. » Mais, rappelle-t-il, la prudence s’impose lorsque l’on accole des étiquettes à des titres. « La stratégie d’investir dans des blue chips peut être attrayante, voire fructueuse, car elle est somme toute simplifiée, surtout pour les investisseurs amateurs. Mais ce n’est pas un gage de succès. » Il cite, entre autres exemples, la débâcle de Nortel dans les années 2000, autrefois considéré comme un titre fiable. « Comme les blue chips sont largement détenus, cela peut faire en sorte que l’évaluation puisse être élevée et qu’il y ait un peu de complaisance de la part des investisseurs qui sous-estiment, par exemple, la solidité du modèle d’affaires. Il faut faire la distinction entre un bon titre et une bonne compagnie. » M. Roy rappelle l’approche à contre-courant qui prévaut chez Hexavest où l’on privilégie la recherche de valeur dans la sélection de titres un peu délaissés par les investisseurs.


Enbridge
(Tor., ENB, 43,83$)
Capitalisation boursière : 75G$


« C’est un blue chips canadien bien connu pour ses infrastructures énergétiques, en particulier ses pipelines de pétrole, avec un modèle d’affaires très solide qui s’appuie sur beaucoup d’actifs réglementés. » Il souligne que le titre a généré un rendement de 19% par année entre 1995 et 2014, soit sur une période de 20 ans, l’une des meilleures performances au Canada. « Il y a eu une correction du titre en 2017, malgré une remontée du pétrole depuis juin. Celle-ci est liée aux incertitudes par rapport à leur portefeuille de croissance, aux nouveaux projets et aux perspectives d’accroissement du dividende. » Le gestionnaire de portefeuille estime que l’entreprise possède des actifs qu’elle pourrait vendre pour financer ses projets et croit les inquiétudes temporaires, bien qu’elles se reflètent dans le cours actuel de l’action. « Le titre se négocie à des évaluations similaires à ce que l’on voyait en 2009 et 2010, au sortir de la crise financière. » Le rendement du dividende est d’environ 5,5%.


Couche-Tard
(Tor., ATD.B, 62,24$)
Capitalisation boursière : 36G$


« C’est un titre dont la réputation n’est plus à faire, particulièrement au Québec. L’équipe de gestion a fait ses preuves et le modèle est attrayant. C’est un consolidateur à l’échelle mondiale, donc il y a beaucoup d’occasions de développement par acquisition. » Au-delà de la croissance, le gestionnaire de portefeuille rappelle l’excellence dans la gestion de leurs magasins où l’accent est mis sur les marges et, conséquemment, la profitabilité. « C’est ce qui a fait en sorte qu’en 30 ans ils sont devenus des leaders mondiaux dans leur domaine d’activité. » Il fait remarquer que le titre est passé de 7,50$ à 65$ en l’espace de 10 ans. Mais il stagne depuis deux ans, malgré la croissance de son réseau de magasins et la hausse de sa profitabilité. «  Il y a des inquiétudes à propos de son modèle d’affaires et l’émergence de véhicules électriques. À court et moyen terme, je crois que l’impact sera faible, car, dans les marchés où Couche-Tard opère, on observe une hausse des véhicules à essence. Cela dit, l’entreprise travaille activement à adapter son modèle d’affaires, notamment en Norvège où les voitures électriques sont plus présentes. » Le rendement du dividende est d’environ 0,56%.


CGI
(Tor., GIB.A, 70,35$)
Capitalisation boursière : 19G$


M. Roy aime le potentiel d’appréciation de l’action du plus grand fournisseur de services en technologies de l’information au Canada. Il remarque que le titre a sous-performé le marché en 2017 parce que les investisseurs anticipaient une grosse acquisition, comme celle survenue en Europe avec Logica. « C’est une équipe de gestion patiente et leurs bons coups passés les ont bien servis. En attendant, ils continuent de faire de petites acquisitions qui s’intègrent facilement. Ils ont des liquidités – entre 1G$ et 1,2G$ – et peuvent aussi racheter de leurs actions. » Côté opérationnel, le gestionnaire de portefeuille prévoit une augmentation des marges en 2018 et signale que la société est bien positionnée pour obtenir des contrats avec le gouvernement américain. Il estime qu’à plus ou moins 18 fois le ratio cours-bénéfice, le titre se négocie à escompte par rapport au marché. « Bien que son modèle d’affaires soit plus sujet à l’instabilité, le titre a néanmoins démontré une certaine résilience. S’il y avait une correction du marché boursier canadien – très cyclique, car dominé par le secteur de l’énergie et des matériaux,  un investisseur dormirait mieux avec un titre comme CGI. » CGI n’a pas de politique de dividende.


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