PDG de l'année 2022 - Grande entreprise | La vision et l'ambition de Serge Gendron


Édition du 23 Novembre 2022

PDG de l'année 2022 - Grande entreprise | La vision et l'ambition de Serge Gendron


Édition du 23 Novembre 2022

Par François Normand

Serge Gendron (Photo: Martin Flamand)

QUI SONT LES PDG DE L'ANNÉE 2022? Quand Serge Gendron a pris les commandes du Groupe AGF, en 1981, la PME familiale spécialisée dans l’acier d’armature et la post-tension allait mal et se dirigeait vers la faillite. Aussi, la transition entre son père et lui a été expéditive. «Ça n’a duré que 10 minutes, et mon père m’a dit : bonne chance!» raconte le président de la société qui fêtera son 75e anniversaire de fondation en 2023.

Depuis, il a redressé l’entreprise pour en faire un joueur de classe mondiale avec 15 usines situées dans neuf pays, en plus d’être numéro 2 au Canada, derrière l’ontarienne Harris Rebar. AGF a des revenus de 700 millions de dollars (M$) (en hausse de 30% depuis un an), dont 88% sont réalisés au Canada. Elle a notamment participé à la construction du nouveau pont Samuel-De Champlain, à Montréal.

Ces exploits, couplés à la croissance soutenue du Groupe AGF et les valeurs défendues par le dirigeant ont contribué à lui décerner le prix PDG de l’année 2022 Les Affaires, dans la catégorie grande entreprise, dont les lauréats étaient dévoilés le 23 novembre. Le jury souligne son leadership, sa vision et son dynamisme.

Que de chemin parcouru depuis 41 ans par cet entrepreneur-ingénieur! Le secret de son succès repose sur une vision d’entreprise axée sur la rentabilité, la croissance et la pérennité, «un cercle vertueux», souligne-t-il à Les Affaires, qui a donné des résultats au fil des ans et livre encore la marchandise.

En 2022, cette entreprise de Longueuil a aussi posé un geste déterminant pour son avenir: elle a pris une participation majoritaire dans la française EMCA (qui deviendra sous peu à 100% sous son giron), spécialisée dans la fourniture et la pose d’armature pour le béton armé.

Cette acquisition permet à AGF de faire son entrée en Europe, en participant au plus important projet d’infrastructure sur le continent, le tunnel Femern, qui reliera le Danemark et l’Allemagne en 2026. 

Aux yeux de Serge Gendron, c’est un autre moment décisif dans l’histoire de l’entreprise, comme sa participation à la construction de la plateforme pétrolière Hibernia, à Terre-Neuve-et-Labrador, dans les années 1990.

«Hibernia m’a vraiment ouvert les yeux sur le fait qu’on était un joueur de classe mondiale», confie-t-il.

 

Vive le repreneuriat!

Un autre moment décisif aura lieu au courant de 2023. Serge Gendron passera le flambeau à son fils Maxime, âgé de 44 ans, qui est le chef de l’exploitation à AGF. Il met déjà la main à la pâte, en dirigeant les réunions d’entreprise depuis deux ans. «C’est important d’établir la crédibilité de Maxime. C’est pour cette raison qu’une transition prend un certain temps», insiste Serge Gendron. Planifié depuis cinq ans, ce transfert d’entreprise se passe bien, assure le patron d’AGF.

Sa fille Catherine, âgée de 46 ans, joue aussi un rôle important, à titre de chef de la culture organisationnelle et de directrice générale de la Fondation Groupe AGF — elle a versé 3,5 M$ à la collectivité depuis sa création en 2012.

Serge Gendron a un troisième enfant, Félix, âgé de 42 ans, qui habite en France. Ce dernier n’est pas un employé d’AGF. En revanche, il a contribué à la mise sur pied d’un comité environnement, société et de gouvernance (ESG) au sein de l’entreprise.

 

Une croissance par acquisitions

Serge Gendron n’arrêtera pas d’exercer un leadership, même s’il cédera bientôt sa place à son fils. Il deviendra vice-président international d’AGF, en plus de présider le conseil d’administration. «À l’international, je vais relever de Maxime», tient-il à préciser afin de bien marquer qui sera le vrai patron.

Son fils et lui ne manquent pas d’ambition. Alors qu’AGF s’implante en Europe, elle a aussi le marché américain dans le collimateur. «On regarde ça tranquillement. C’est logique que nous soyons aux États-Unis», affirme Serge Gendron. Il précise que le marché américain est très différent du Canada : il est dominé par de gros aciéristes. C’est la raison pour laquelle AGF procédera par acquisitions pour s’implanter aux États-Unis.

C’est du reste une stratégie que l’entreprise a utilisée régulièrement dans son histoire. À ce jour, elle a réalisé 27 acquisitions, la plus récente étant EMCA en France.

Aux yeux de Serge Gendron, la croissance interne pour pénétrer ou développer de nouveaux marchés comprend trop d’inconvénients. «Tu pars de zéro; il n’y a pas de marché, pas de client, pas d’historique», dit-il.

L’entrepreneur caresse un autre projet d’envergure pour AGF: que l’entreprise soit un jour considérée comme LA référence mondiale en acier d’armature. «Je rêve que les gens nous consultent pour les grands projets, que notre compétence technique et notre savoir-faire soient reconnus, et que nous ayons les meilleurs produits.»

 

Les grandes réalisations du Groupe AGF en 2022


  • AGF a pris une participation majoritaire dans la française EMCA, spécialisée dans la fourniture et la pose d’armatures pour le béton armé.
  • La société participe actuellement au plus important projet d’infrastructure en Europe (évalué à 10 milliards d’euros ou 13,9 G$ CA), le tunnel Femern, qui reliera le Danemark et l’Allemagne en 2026.
  • Maxime Gendron, l'un des trois enfants de Serge Gendron, prendra les rênes de l’entreprise en 2023.
  • AGF veut s’implanter aux États-Unis, et la société procèdera par une acquisition pour pénétrer le marché.

 

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