Pierre Babinsky: «La hausse du coût des sinistres est plus élevée que la hausse des primes»


Édition du 23 Septembre 2020

Pierre Babinsky: «La hausse du coût des sinistres est plus élevée que la hausse des primes»


Édition du 23 Septembre 2020

Par Denis Lalonde

Pierre Babinsky est directeur des communications et des affaires publiques au Bureau d’assurance du Canada depuis sept ans. (Photo: courtoisie)

Q&R. Avec la montée du télétravail, le nombre de véhicules sur les routes a diminué et le nombre de sinistres automobiles également. Est-ce que les assureurs ont profité de la situation pour s'en mettre plein les poches ? Pierre Babinsky fait le point.

Les Affaires - Est-ce que la pandémie fait le bonheur des assureurs ?

Pierre Babinsky -Oui, il y a eu une baisse du nombre de sinistres, mais il faut comprendre que le coût moyen de chacun des sinistres est plus grand. Il atteignait 4 434 $ au second trimestre, comparativement à 3 291 $ un an auparavant. Les assureurs doivent démêler tout ça et effectuer des prévisions sur le montant total des primes qu'ils devront payer durant la prochaine année.

L.A. - Est-ce que les réductions accordées aux assurés reflètent pleinement les risques actuels ?

P.B. - Les assureurs de dommages membres du BAC ont retourné, entre le 1er avril et le 30 juin, plus de 225 M $ à leurs clients québécois en réductions, ajustements de primes ou autres (des chiffres qui incluent l'assurance auto et des entreprises). De 2013 à 2018, dans la province, les coûts des primes ont augmenté de 20 %, pendant que le coût des sinistres progressait de 36,3 %. Il faut savoir que depuis quelques années, le coût des sinistres est plus élevé que la hausse des primes. Les assureurs ont consenti des réductions temporaires ces derniers mois, mais les primes payées cette année sont basées sur des tendances qu'on observe depuis de nombreuses années.

L.A. - La hausse considérable du coût des sinistres signifie-t-elle que le nombre de gros accidents est resté stable malgré la baisse du nombre total de sinistres ?

P.B. - Pas nécessairement. Les voitures sont de plus en plus équipées de nouvelles technologies. Le moindre accrochage peut donc coûter plusieurs milliers de dollars si les pare-chocs sont équipés de caméras et de capteurs, par exemple.

L.A. - Est-ce que les Québécois paient plus ou moins que leurs voisins des autres provinces canadiennes pour leur assurance auto ?

P.B. - Le Québec est la province où les primes sont les plus abordables au Canada. Pour 2018 (la dernière année disponible), le coût moyen d'une prime y était de 717 $, comparativement à 1505 $ en Ontario. La différence vient surtout du fait que les fraudes aux assurances sont moins courantes au Québec qu'ailleurs au pays, où les accidents mis en scène sont plus nombreux.

 

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