Le mathématicien devenu négociateur

Offert par Les Affaires


Édition du 29 Octobre 2016

Le mathématicien devenu négociateur

Offert par Les Affaires


Édition du 29 Octobre 2016

[Photo : 123RF/Rancz Andrei]

Maxime Fortin, 37 ans, a mis ses connaissances en génie et en mathématiques au service des opérations de négociation (trading). Après avoir créé, avec une équipe d'une soixantaine de personnes, un logiciel permettant de réaliser des transactions automatiques au sein de la défunte banque Lehman Brothers, puis chez Barclays à New York et à Londres, il a lancé avec trois partenaires Squarepoint Capital un fonds d'investissement spéculatif qui exploite ce logiciel et dont les clients sont des investisseurs.

Cliquez ici pour consulter le dossier Profession : ingénieur

Squarepoint Capital est innovante en ce qui concerne autant son produit que son fonctionnement. Le produit consiste en des stratégies de transactions boursières systématiques où le processus d'investissement est entièrement automatisé. L'entreprise, qui est passée de 75 employés à sa création, à la fin de 2014, à 190 actuellement, n'a pas de siège social. Son personnel travaille partout dans le monde, et l'emplacement des bureaux de l'entreprise dépend de l'endroit où vivent ses employés. Le Québécois Maxime Fortin, diplômé de Polytechnique Montréal et de Paris, est lui-même allé s'installer à New York par choix.

Ce qui prime, dans l'entreprise, ce sont les compétences. «Ce n'est pas la présence de nos clients qui détermine les lieux où nous ouvrons des bureaux, mais plutôt l'endroit où habitent les chercheurs dont nous avons besoin pour améliorer nos stratégies», explique Maxime Fortin. L'entreprise a des bureaux à Paris, Genève, Tokyo et depuis peu à Montréal.

«Comme notre activité est de la recherche quantitative appliquée aux marchés financiers et que l'aspect technologique est très important, nos employés sont des ingénieurs en logiciel et en télécommunication, des développeurs. On a besoin de gens qui ont de bonnes bases en mathématiques et en statistiques. Ils doivent savoir coder», précise Maxime Fortin.

L'intelligence artificielle, une technologie d'avenir

Aujourd'hui, Maxime Fortin est le chef des investissements de Squarepoint Capital, créée en essaimage avec Barclay's.

«On avait une forte volonté d'indépendance mais on souhaitait sortir du modèle réglementaire très sévère des banques, se souvient Maxime Fortin. À la suite de la faillite de Lehman Brothers,le fait d’investir les fonds propres de la banque a été interdit. Dans les fonds de gestion de placements, on a aussi beaucoup de normes à respecter, mais c'est moins contraignant que dans les banques.»

En début d'année, l'entreprise a ouvert un bureau à Montréal, dans la Tour Deloitte. Près d'une vingtaine de personnes y travaillent. «Contrairement à nos autres bureaux qui ne sont pas spécialisés, celui de Montréal est axé sur la technologie. Dans les endroits où il existe de nombreux fonds de gestion comme le nôtre, la main-d'oeuvre technologique est très courtisée. À Montréal, il y a très peu de hedge funds [fonds de couverture] et le bassin de spécialistes en TI est important. C'était donc un bon endroit pour nous développer», indique Maxime Fortin.

Car les perspectives d'évolution sont clairement sur le terrain de la technologie. «On fait beaucoup de traitement de données à l'aide d'outils stratégiques traditionnels, constate l'ingénieur. L'intelligence artificielle et le deep learning [apprentissage profond] sont des technologies d'avenir pour nous. On n'est pas encore passés à ce stade-là, mais plusieurs personnes y travaillent à l'interne.»

Cliquez ici pour consulter le dossier Profession : ingénieur

DANS LE MÊME DOSSIER

À la une

Sail ferme six magasins, 500 emplois touchés

Il y a 49 minutes | La Presse Canadienne

Sail Plein Air ferme entre autres ses quatre établissements Sportium au Québec.

Au tour de Sail de se protéger de ses créanciers

C'est au tour des enseignes Sail et Sportium de se placer à l’abri de leurs créanciers.

Récompense de 50M$US pour un lanceur d'alerte

13:35 | AFP

La SEC n'a pas dévoilé le nom de l'entreprise visée afin de protéger l'identité du lanceur d'alerte.