Elle a un diplôme d'ingénieur mais le job de Sherlock Holmes

Offert par Les Affaires


Édition du 29 Octobre 2016

Elle a un diplôme d'ingénieur mais le job de Sherlock Holmes

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Édition du 29 Octobre 2016

Anne-Laure Esquirol.

Anne-Laure Esquirol, 29 ans, pourrait parfois se prendre pour un personnage d'une série policière enquêtant sur une scène de crime. Cette diplômée en génie des matériaux en France, puis en maîtrise de génie chimique à Polytechnique Montréal se rend elle aussi sur les lieux pour prélever des indices afin d'essayer de comprendre ce qui a pu se produire. Sauf que ces scènes sont plutôt le théâtre de dommages variés liés à des inondations, des incendies ou des contaminations. Pour le reste, il y a des ressemblances : il peut malheureusement y avoir eu des pertes humaines et des blessés et, à tout coup, il y a des dommages matériels dont il faut trouver l'origine.

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Son rôle d'ingénieur légiste chez CEP Forensique, dont les clients sont essentiellement des experts en sinistre, des assureurs et des avocats, c'est «de trouver la source qui a déclenché la catastrophe», explique la jeune femme.

Elle, qui n'aurait pas voulu d'un emploi statique, est plutôt heureuse, puisqu'elle met régulièrement ses bottes, enfile un bleu de travail et prend sous le bras sa trousse de bricolage pour aller prélever des échantillons dans un bassin de décantation, sur le toit d'une église, sur la façade d'une école ou dans la cuisine d'un particulier. Bien que ses connaissances en génie soient utiles dès l'étape de la recherche d'indices, son travail d'ingénieur commence réellement ensuite, au moment d'analyser les pièces à conviction. «Je fais des analyses chimiques poussées à l'aide d'outils de pointe», explique Anne-Laure Esquirol.

Une Sherlock Holmes du génie

Cette spécialiste des matériaux plastiques/polymères met ses connaissances et compétences en génie chimique au service de l'élucidation d'énigmes. Elle doit par exemple essayer de comprendre comment un morceau de plastique a pu prendre feu lors d'un incendie et de trouver quel a pu être le déclencheur. Parfois, c'est un bouchon de robinet qu'elle prélève pour savoir si la matière dont il est fait était défectueuse ou si quelque chose a pu la dégrader, ce qui pourrait expliquer une fuite d'eau.

Récemment, Anne-Laure Esquirol est allée prélever, dans une cuve d'une station d'épuration, des échantillons du revêtement en époxy qui montrait des signes de mauvaise adhérence pour tenter de savoir s'il avait pu être contaminé par une substance. Parfois, elle intervient à la suite d'accidents. Elle s'est par exemple rendue observer la carcasse d'un hélicoptère écrasé afin d'analyser le câble en acier et de déterminer ce qui avait pu le faire briser.

À ces tâches, Anne-Laure Esquirol doit ajouter la rédaction de ses rapports d'enquête et même les témoignages au tribunal comme experte. Elle peut gérer une trentaine de dossiers en même temps.

Chaque fois ou presque, son arrivée, avec ses longs cheveux blonds, son visage juvénile et sa boîte à outils, surprend. «Les gens s'attendent généralement à voir venir un homme plutôt âgé pour effectuer les prélèvements», sourit la jeune femme, pas du tout déstabilisée par cet étonnement.

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