Des comptables intrapreneurs dans les cabinets


Édition du 05 Décembre 2015

Des comptables intrapreneurs dans les cabinets


Édition du 05 Décembre 2015

« Je passerais à côté de certains détails fondamentaux en restant dans mon bureau. » – Sophie Caudiu, directrice principale chez Richter.

Même en cabinet, rester enfermé dans sa tour d'ivoire n'est plus le quotidien des comptables. «J'aime me rendre dans les usines de mes clients. Cela me permet de mieux comprendre leur environnement et leurs enjeux», indique Sophie Caudiu, directrice principale chez Richter, qui emploie 213 CPA à ses bureaux de Montréal et Toronto. Faire le tour des équipements en place lui permet de mieux saisir le processus de production et d'ainsi mieux anticiper les besoins en matière d'investissement de l'entreprise. «Mes recommandations sont alors plus concrètes, plus pertinentes et ratissent plus large», dit-elle.


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Se rendre sur le terrain permet aussi parfois de déceler des problèmes, comme des stocks trop importants. «Dans mon rôle de conseiller d'affaires, je peux alors accompagner le client pour améliorer cet enjeu. Je passerais à côté de certains détails fondamentaux en restant dans mon bureau.»


Au sein des firmes comptables, le métier a connu le même type d'évolution qu'au sein des entreprises. «Aujourd'hui, il faut être proactif. Donner des conseils stratégiques, anticiper les besoins des entreprises pour les aider à prendre les bonnes décisions permet de faire une différence», résume Sophie Caudiu.


Une profession attirante


Actuellement, les grands cabinets affrontent peu de difficultés pour recruter les CPA dont ils ont besoin. Il faut dire que «la profession attire beaucoup de jeunes, constate Antonello Callimaci, CPA-CA, vice-doyen aux études à l'École des sciences de gestion de l'UQAM. On s'attendait à accueillir environ 190 étudiants par cohorte au diplôme d'études supérieures spécialisées [DESS] alors que nous en avons finalement 260.»


En revanche, les firmes comptables doivent redoubler d'efforts pour attirer les jeunes diplômés, puisque le stage en cabinet n'est plus obligatoire. Les candidats au titre de CPA peuvent en effet maintenant faire leur stage en entreprise.


Toutefois, l'impact ne semble pas tangible sur le marché du travail. «Il est actuellement relativement facile d'embaucher des comptables de moins de cinq ans d'expérience. Toutefois, lorsqu'on recherche des professionnels plus aguerris, c'est plus compliqué», constate Mathio Pellerin, CPA, associé chez Pellerin Potvin Gagnon, un cabinet de Victoriaville qui emploie 70 personnes.


«Il y a un bon équilibre entre l'offre et la demande, confirme Sophie Caudiu. Mais nous devons rester vigilants et continuer de nous engager auprès des universités pour recruter de jeunes diplômés.»


Un des critères importants de recrutement des CPA est la capacité d'adaptation, une qualité essentielle pour accompagner les entreprises dans les différents milieux d'affaires qui deviennent très spécialisés. C'est notamment le cas des start-up technologiques. «C'est un domaine qui évolue très vite. On a besoin de comptables qui connaissent ce milieu et s'y investissent. Ils doivent s'initier à de nouveaux outils comme le sociofinancement, qui a des répercussions comptables et fiscales particulières», observe Jacques Filion, associé directeur du bureau de Montréal de BDO Canada.


Sens des affaires


La profession a aussi dû s'adapter aux besoins du marché en créant de nouvelles spécialités. «L'augmentation du nombre de transferts d'entreprises a amené davantage de comptables à accompagner leurs clients dans ce processus. Certains se sont spécialisés dans ce créneau qui demande des connaissances en fiscalité, en évaluation d'entreprise, mais aussi des habiletés psychologiques particulières, car c'est toujours une démarche très émotive», constate Jacques Filion.


Les comptables ont également dû s'adapter à l'internationalisation de leurs clients, au commerce électronique, à la juricomptabilité face au risque de fraude et au souci grandissant de gouvernance. Le parcours universitaire des récents diplômés comprend désormais des notions de gouvernance ou en juricomptabilité. Les anciens qui veulent acquérir des compétences dans ces nouveaux domaines peuvent se tourner vers la formation continue et suivre des ateliers sur les technologies de l'information et des communications ou sur la gouvernance des PME.


Enfin, en raison de la concurrence féroce que se livrent les cabinets, les comptables ont dû également acquérir des compétences en développement des affaires. «Les cabinets recherchent des intrapreneurs, des CPA qui ont la fibre entrepreneuriale et qui peuvent comprendre l'entrepreneur et son milieu d'affaires», affirme Sophie Caudiu. Un nouveau visage du comptable en cabinet qui correspond bien aux jeunes de la génération Y.


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