Lauréat 2011 - Claude McMaster est certain d'être assis sur une mine d'or

Publié le 26/02/2011 à 00:00, mis à jour le 04/02/2012 à 12:36

Lauréat 2011 - Claude McMaster est certain d'être assis sur une mine d'or

Publié le 26/02/2011 à 00:00, mis à jour le 04/02/2012 à 12:36

Par Julien Brault

Claude McMaster a remporté le Prix du PDG de l'année SGF 2011, le 17 février dernier. Et de fait, il a réalisé plusieurs bons coups à la tête de Technologies D-Box, au cours des derniers mois.


De l'annonce de l'ajout de 250 sièges D-Box chez Cineplex en novembre 2010, à l'équipement de nouvelles salles en Utah et en Floride au début de 2011, les perspectives de D-Box sont meilleures que jamais. Tant mieux, car l'entreprise de Longueuil, qui n'a jamais dégagé de bénéfice depuis son entrée en Bourse, en 2001, a autant besoin des redevances que lui versent les salles de cinéma que celles-ci ont besoin des revenus générés par D-Box.


Des salons aux salles de cinéma


Fondée en 1992, l'entreprise a fait ses débuts dans le domaine du cinéma... maison : de 1992 à 2004, la part du lion de ses revenus provenait de ses haut-parleurs conçus pour le salon. " Des clients réclamaient plus de caisson de basse, parce qu'ils voulaient que ça vibre ", relate Claude Mc Master. D'où l'idée de développer les sièges de cinéma D-Box, équipés d'une technologie qui reproduit le mouvement des scènes d'action d'un film.


Au début des années 2000, les premiers sièges de D-Box sont principalement destinés au cinéma maison. Ils le seront jusqu'à leur introduction dans une première salle de cinéma, au Mann Chinese 6 Theatre de Los Angeles, en janvier 2009. M. McMaster, pourtant, visait le marché des salles de cinéma depuis plusieurs années, mais l'introduction de ses sièges en salle était conditionnelle à la mise en place de partenariats avec les principaux studios de cinéma. Avec cet objectif en tête, M. McMaster a ainsi négocié des ententes avec les principaux producteurs américains en vue d'intégrer le code de mouvement D-Box dans leurs Blu-ray : " Le logo D-Box y côtoie celui de Dolby ", s'enthousiasme le pdg.





Quelques mois après l'arrivée en salle de la technologie D-Box, M. McMaster ouvre un premier bureau à l'étranger, à Burbank, une ville de la banlieue de Los Angeles qui a la particularité d'abriter des bureaux de Disney, de Viacom et de Warners Bros : " C'est là que nos motion designers encodent les films. L'endroit est sécuritaire, car les grands studios nous confient leurs films environ trois mois avant leur sortie en salle ", souligne le pdg.


Un modèle d'affaires souple et ingénieux


Si Claude McMaster aime comparer sa technologie à " l'apparition du son au cinéma, en 1920 ", dans son plan des affaires, elle est davantage comparable au 3D... et au popcorn. Alors que l'industrie du cinéma fait face à la double concurrence du piratage et des systèmes de cinéma maison de plus en plus abordables, elle est à l'affût de nouvelles sources de revenus. C'est ce qu'apportent les sièges vibrants. Les propriétaires de salles et les producteurs partagent avec D-Box la prime d'environ huit dollars que paie le spectateur pour prendre place dans un siège D-Box.


Claude McMaster a l'ambition d'équiper pas moins de 10 % des 150 000 salles de cinéma que compte la planète. " Bien que ce soit difficile à déterminer avec précision, j'estime que nous pourrons installer nos sièges dans une 1 000e salle d'ici cinq ans ", dit-il.


Son principal défi est maintenant de multiplier les partenariats avec les propriétaires de salles. Pour ce faire, il permet même à certains cinémas de s'équiper sans rien débourser au début, à la faveur d'une entente où le coût des sièges est payé à même les redevances. M. McMaster n'a d'ailleurs aucune crainte de se faire voler, puisque les sièges D-Box sont connectés à Internet : " Nous sommes en mesure de savoir combien de sièges sont utilisés en ce moment même ", dit le pdg.


Avec un catalogue d'environ 900 films compatibles avec la technologie D-Box et un rythme de croisière de 12 à 14 films à l'affiche par année, la PME de 60 employés semble sur la bonne voie. Son pdg prévoit que D-Box sera rentable d'ici 12 à 18 mois.


Toutefois, le conte de fées pourrait rapidement basculer, car la petite taille de l'entreprise la rend vulnérable à l'arrivée d'un concurrent : " Il va y en avoir, des concurrents, c'est sûr ", prophétise Claude McMaster. Le pdg est certain d'être assis sur une mine d'or, et il craint que d'autres creusent plus vite que lui : " L'objectif est d'accroître le déploiement des sièges le plus rapidement possible... et de récolter par la suite. "


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