Elizabeth-Ann Doyle, dopée par son amour pour la culture


Édition du 12 Novembre 2016

Elizabeth-Ann Doyle, dopée par son amour pour la culture


Édition du 12 Novembre 2016

Elizabeth-Ann Doyle, cofondatrice et directrice générale et artistique MU

LAURÉATE, CADRE, DIRIGEANTE OU PROFESSIONNELLE, ORGANISME À BUT NON LUCRATIF — Elizabeth-Ann Doyle a réuni sa passion de la culture et son envie d’entreprendre en créant MU, un organisme de charité, qui monte des projets de murales à Montréal. Elle vit le risque d’une telle entreprise tous les jours puisqu’elle repart à la recherche de financement à chaque nouveau projet. Rien n’est pérenne…

Le risque, elle connaît. Elle a travaillé durant sept ans au Cirque du Soleil où elle a été, pendant plusieurs années, chargée d’organiser les événements spéciaux en partenariat avec des organisations à but non lucratif locales, qui avaient lieu en marge de chaque première des spectacles du Cirque, aux États-Unis. « J’étais toujours seule, donc je devais être autonome, toujours en mode solution, dans des villes différentes », raconte Elizabeth-Ann Doyle, 47 ans. Elle en a tiré une énorme capacité d’adaptation, une faculté à se débrouiller seule et une certaine confiance en soi.

Élevée dans « une famille matriarcale », Elizabeth-Ann Doyle a eu très jeune la conviction que les femmes « ont les mêmes qualités et opportunités que les hommes ». Elle qui a « toujours voulu faire carrière dans le milieu culturel » a fait ses classes à la Place des Arts, au Musée des beaux-arts puis au sein du Cirque du Soleil, où elle a aiguisé son expérience d’intrapreneure.

La pérennité financière, un défi constant

Quand, en 2005, elle a quitté le Cirque du Soleil et était en transition, Elizabeth-Ann Doyle a eu envie de lancer son propre organisme. L’idée des murales lui est venue d’un projet similaire qu’elle avait découvert à Philadelphie. « C’était beau et j’ai vu l’impact sur le développement social et économique ; alors j’ai voulu le faire à Montréal », se souvient Elizabeth-Ann Doyle, qui a fondé MU avec une amie en 2007. MU compte aujourd’hui cinq employés permanents et une trentaine l’été.

L’objectif : embellir Montréal en recouvrant certains murs de murales réalisées par des artistes et inclure les résidents. Chaque fois, les jeunes ont la possibilité de participer à la réalisation d’une deuxième murale dans le même quartier. Neuf ans plus tard, 80 murales dans 15 quartiers différents ont été créées.

Si Mme Doyle est heureuse de vivre de sa passion pour la culture « et l’humain », son amour pour l’entrepreneuriat est mis à l’épreuve en permanence. « MU n’a aucun financement récurrent, si bien que le niveau de risque et d’incertitude est élevé et constant. On recommence à zéro à chacun des projets. C’est un défi constant, mais c’est la beauté de notre activité », reconnaît Elizabeth-Ann Doyle, qui carbure à l’enthousiasme. « Lorsque les murales sont en train de se faire, c’est un concentré de bonheur de voir la concrétisation du projet qu’on prépare depuis des mois et la réaction des citoyens. » Ça lui fait oublier tout le reste et l’amène à continuer.

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