Faire fabriquer au Québec pour exporter en Chine

Publié le 20/10/2012 à 00:00, mis à jour le 22/10/2012 à 14:07

Faire fabriquer au Québec pour exporter en Chine

Publié le 20/10/2012 à 00:00, mis à jour le 22/10/2012 à 14:07

Réussir à l’international, c’est une performance. Mais damer le pion à un rival coriace tel que la Chine dans un secteur aussi concurrentiel que celui des télécommunications, c’est un véritable exploit. Et c’est ce qu’a accompli par TeraXion.

Difficile d’obtenir un rendez-vous téléphonique avec Alain Jacques Simard. Et lorsqu’on obtient cet entretien très tôt le matin, il se peut qu’il soit interrompu par un appel de l’étranger. «Vous m’excuserez, nous sommes en train de finaliser les derniers détails d’une entente d’acquisition», explique le président et chef de la direction de TeraXion, lauréat dans la catégorie Commerce international.

En effet, l’entreprise de fibre optique destinée au marché des télécommunications brasse de grosses affaires depuis son rachat en 2009. Elle prévoit tripler son chiffre d’affaires d’ici trois ans, notamment par l’acquisition d’entreprises offrant des solutions de télécommunications complémentaires à la sienne.

«Nous sommes exportateurs à 98%, explique monsieur Simard. Ça implique que nos clients sont à l’étranger. Les acquisitions sont donc une bonne façon de nous rapprocher d’eux, tout en restant très présents ici», dit-il.

Miser sur l’innovation

Car pas question de délocaliser, même si rivaliser avec la Chine sur le terrain de la production peut sembler périlleux. «Depuis le début de TeraXion, nous avons vu l’apparition de nouveaux joueurs dans le domaine, comme la Chine, où la production est moins chère, mais nous avons quand même réussi à augmenter nos parts de marché là-bas», dit fièrement Alain Jacques Simard.

Pour y arriver, TeraXion mise sur l’innovation. «On a investi beaucoup dans nos équipes d’ingénierie, en révision des procédés, en nouvel équipement, en méthodes de travail pour supporter l’érosion des prix et en recherche et développement, pour avoir des produits qui ont des fonctionnalités plus intéressantes».

Cette stratégie d’innovation est payante. Le succès de TeraXion repose en grande partie sur sa capacité à rester en tête de peloton. «Ce qui nous distingue, c’est d’arriver tôt dans le marché avec un produit que les autres joueurs n’offrent pas, et ainsi de bâtir des relations solides avec nos clients», explique Alain Jacques Simard.

Nouvelle gamme de produits

Autre secret : livrer plus que le client en demande. «En contrat de développement, par exemple, nous livrons toujours au-delà des critères à respecter. Ça apporte beaucoup de valeur à l’entreprise, parce que le client est tellement satisfait qu’il comprend que ça ne vaut pas la peine pour lui de développer cette expertise-là».

Selon Alain Jacques Simard, c’est surtout l’exploit de réussir à l’étranger qui fait de TeraXion un finaliste des Prix Entrepreneurs Desjardins. «On réussit à faire travailler 200 employés dans la fabrication au Québec pour exporter en Chine, c’est assez exceptionnel!» s’exclame-t-il.

Des défis restent à venir, comme celui de développer une nouvelle gamme de produits basés sur une nouvelle plateforme technologique développée en 2009, et plancher sur un important projet lié à la défense américaine, tout ça en plein déménagement. «Nous regroupons nos activités dans une seule usine, parce que nous sommes présentement étalés sur trois endroits différents, explique Alain Jacques Simard. Le bâtiment est en construction et nous prévoyons déménager d’ici novembre».

Mais ce qui fait la plus grande fierté de son président, c’est surtout d’avoir résisté aux grandes mouvances du secteur des télécommunications depuis douze ans. «Quand TeraXion a été fondée en 2000, l’action de Nortel était à près de 125$, et elle n’a pas réussi à survivre. C’est une industrie très féroce, et on trouve beaucoup de fierté à être passés au travers des moments difficiles, et à être encore un joueur majeur, malgré la situation économique mondiale difficile».

Activité de l’entreprise : Fibre optique

Année de fondation : 2000

Siège social : Québec

Effectifs : plus de 200

 

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