Des meubles sur mesure pour se distinguer

Publié le 26/02/2015 à 05:59

Des meubles sur mesure pour se distinguer

Publié le 26/02/2015 à 05:59

Par Matthieu Charest

À l’instar de l’industrie du vêtement, l’importation de produits asiatiques a frappé de plein fouet les manufacturiers de meubles québécois. « Vers 2001 ou 2002, on a commencé à perdre nos clients américains à cause de ça, explique Guy Morin, président de Giguère & Morin. À l’époque, on vendait surtout des composants de meubles à des manufacturiers. Les États-Unis, c’était 40 % de nos ventes. »

La PME d’une soixantaine d’employés de Saint-Félix-de-Kingsey se replie alors sur le marché québécois. Pour se différencier, elle décide d’offrir du sur-mesure. Elle fabrique notamment des meubles pour les restaurants, du meuble de « contrat ». « Avant, on exigeait un minimum de 25 unités par commande, mais on a éliminé ça. On a commencé à fabriquer à l’unité. On peut produire jusqu’à plusieurs centaines d’unités, s’il le faut. L’importation, c’est très standardisé. Nous voulions une offre personnalisée. Mais c’était un défi, et nous avons dû changer nos méthodes de travail. Au Québec, les produits recherchés tendent à être haut de gamme, faits en bois massif, par exemple. »

En 2008, l’éclatement de la crise financière force à un repositionnement. La PME rachète alors de l’équipement pour s’attaquer au marché des armoires de cuisine, ce qui constitue maintenant le tiers de son chiffre d’affaires. Elle se dote également d’équipements de contrôle numérique, afin d’améliorer la productivité.

« On a peut-être perdu 40 % de notre chiffre d’affaires depuis 10 ans, révèle M. Morin, même si c’est relativement stable depuis quelques années. »

Pour croître, la PME s’apprête à percer le marché américain, encore une fois. « C’est à peine 2 % de nos ventes actuelles, mais d’ici trois ans, on vise 25 %. C’est là que le business se trouve. Les mises en chantier augmentent, et le taux de change nous avantage. »

En 2014, pour tenter de renouer des personnes contacts au sud de la frontière, la firme a participé à l’International Woodworking Fair, à Atlanta. « Ça nous a permis de nous rendre compte que nous devions privilégier le marché des armoires de cuisine. Maintenant, on sollicite des clients potentiels, et si on décroche deux ou trois contrats en 2015, notre objectif sera atteint. » Matthieu Charest

Avis d’expert

« La baisse du dollar canadien est favorable aux exportations vers les États-Unis. Quant à Giguère & Morin, sa stratégie de diversification des activités de production reflète son dynamisme et son flair. Cet entrepreneur a su préparer son entreprise à réintégrer le marché américain. De plus, ses efforts de repositionnement ont permis d’assurer le maintien de plusieurs dizaines d’emplois manufacturiers en région, ce que nous saluons. » — Pierre Richard, président-directeur général de l’Association des fabricants de meubles du Québec (AFMQ)

 


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