Durer en affaires : quelles technologies adopter ?

Offert par Les Affaires


Édition du 06 Octobre 2018

Durer en affaires : quelles technologies adopter ?

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Édition du 06 Octobre 2018

Par Claudine Hébert

[Photo: 123RF]

L'adoption de nouvelles technologies peut se révéler un exercice très ardu pour les PME. Pourtant, c'est ce qui départage les entreprises qui survivent... de celles qui disparaissent.

Intelligence artificielle, réalité virtuelle, chaîne de blocs, jumeau numérique, Internet des objets, l'infonuagique... Chaque année, le rapport Gartner publie le palmarès des tendances des technologies de l'heure. Des technologies émergentes que toute PME devrait suivre avec intérêt afin d'améliorer éventuellement sa performance, diront les experts.

Mais attention, souligne Ygal Bendavid, professeur au département de management et de technologies de l'UQAM : «Avant de s'emballer pour ces nouvelles technologies qui font les manchettes, la PME devrait d'abord s'assurer qu'elle dispose de la technologie de base pour assurer sa croissance : un progiciel de gestion intégré de type ERP ou CRM».

Une adoption tardive

C'est loin d'être le cas pour plusieurs PME au Québec. Dans l'enquête «Perception de l'industrie 4.0 par les dirigeants d'entreprise manufacturière au Québec», menée au printemps 2017 par l'équipe du CEFRIO, 35 % des 500 PME québécoises sondées n'utilisent toujours pas de système ERP. C'est plus d'une sur trois. Toujours selon cette enquête, près de 4 entreprises sur 10 disposent encore de processus manuels soutenus en partie par des outils de bureautique. Ce qui les situe à un degré de maturité artisanal, décrit le rapport. Une situation qui touche particulièrement les entreprises de 10 à 19 employés.

Et bien que la gestion intégrée figure parmi les bonnes pratiques technologiques dans 65 % des entreprises, à peine 10 % de ces PME disposent de solutions numériques complètement interconnectées entre la conception de leurs produits, leur production et leur logistique, illustre le rapport du CEFRIO.

«Le progiciel de gestion intégré est loin d'être la technologie la plus sexy. D'autant plus qu'elle date du milieu des années 1990», concède M. Bendavid. Pourtant, dit-il, c'est celle qui aide les entreprises à assurer leur pérennité. «Plus la PME retarde l'implantation de cette technologie au sein de sa structure, plus ce sera l'enfer lorsqu'elle devra le faire», soutient-il.

Car en général, lorsqu'une PME décide d'introduire cette technologie, c'est qu'elle a commencé à éprouver des problèmes de facturation, de production, de logistique, bref, des erreurs qui pèsent déjà lourd en temps et en argent.

Plus du quart des entreprises interviewées par le CEFRIO considèrent le manque de financement comme le principal frein à leur virage technologique. «Pourtant, les solutions deviennent de plus en plus abordables», maintient le professeur.

Une stratégie de données

Au cours de la dernière décennie, plusieurs entreprises qui offrent des formules de plus en plus abordables aux PME ont d'ailleurs vu le jour. Une agence comme Kiwili propose même une solution de gestion intégrée destinée aux petites et très petites PME à un tarif moins cher que ce que coûte une facture de service de téléphonie par mois.

L'entreprise Cohérence 45, pour sa part, a mis au point une solution de gestion intégrée pour accélérer les ventes des PME. «L'utilisation des données a tout changé. L'humain n'a jamais excellé dans les prédictions. Voilà que les outils, utilisant les mégadonnées, lui en donnent l'occasion», indique le fondateur de cette entreprise, Raphael Steinman.

Développer une culture d'innovation

Selon cet entrepreneur, toute PME qui veut demeurer le plus longtemps en affaires doit instaurer le plus rapidement possible une stratégie de données.

«Même si cette PME ne dispose aujourd'hui que d'une centaine de données, elle en aura tantôt des milliers. Mieux vaut qu'elle établisse dès le départ quels avantages elle pourra éventuellement en tirer», conseille M. Steinman.

De plus, ajoute-t-il, il vaut mieux initier une jeune équipe aux outils technologiques dès les balbutiements de la PME que d'attendre qu'ils soient 50... et d'avoir en plus sous les bras un processus de gestion de changement.

Enfin, les PME qui veulent demeurer productives et surtout compétitives doivent adopter des solutions technologiques. «Ces solutions demeurent néanmoins des prothèses», soutient Mathieu Vigneault, directeur général du Réseau Trans-Tech, qui regroupe 49 centres de transferts technologiques au Québec.

«La PME qui réussit à franchir les années, insiste M. Vigneault, c'est d'abord parce qu'elle gravite dans une culture d'innovation. Sans cette culture, oubliez l'ajout de nouvelles technologies. Ce sera de l'argent jeté par les fenêtres.»

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