Industries Mailhot : faire de la R-D ensemble malgré les frontières

Offert par Les Affaires


Édition du 31 Octobre 2015

Industries Mailhot : faire de la R-D ensemble malgré les frontières

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Édition du 31 Octobre 2015

[Photo : Shutterstock]

Industries Mailhot, une PME de Terrebonne spécialisée dans la fabrication de vérins hydrauliques et le traitement des métaux, a noué depuis 2007 une entente stratégique avec une entreprise française en ingénierie de surface, le groupe HEF. L'objectif : la mise sur pied d'un laboratoire conjoint, TSLab, spécialisé dans le domaine de la tribologie, une science qui permet de réduire les effets du frottement et de l'usure sur les pièces d'équipement.

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À la base de la réussite de ce mariage, deux acteurs aux activités complémentaires : Industries Mailhot, qui compte près de 300 employés dans ses 4 usines (deux au Québec, une en Ontario et une au Mexique), et le groupe HEF (1 500 salariés, 51 unités de façonnage dans 21 pays), qui met au point des procédés de traitement de surface tels que la nitruration, des bains de sel permettant de durcir les surfaces des pièces et de les rendre plus résistantes à la corrosion.

Gagnant-gagnant

«Nous avons d'abord acheté cette technologie au groupe HEF au cours des années 2000 avant de développer un partenariat avec cette entreprise en 2007, car nous nous sommes rendu compte que nous avions des expertises complémentaires», explique Charles Massicotte, président d'Industries Mailhot.

Un partenariat gagnant-gagnant, dans lequel chacune des entreprises des deux côtés de l'Atlantique ont trouvé leur compte : le développement d'une technologie avec un partage d'expérience pour les Industries Mailhot - puisqu'il lui donne notamment accès à près de 50 ans d'expérience en mécanique des surfaces auprès de l'entreprise française - et l'accès au marché québécois pour le groupe HEF.

«L'objectif était de partager des compétences pour améliorer nos produits. Car l'un des éléments qui nous différencient, ce sont les technologies de surface appliquées aux cylindres hydrauliques que nous fabriquons et qui nous donnent un avantage concurrentiel», souligne Luc Mainville, vice-président d'Industries Mailhot.

Deux filiales plutôt qu'une

Ce partenariat a pris deux formes : d'une part, la mise sur pied en 2002 d'une filiale conjointe établie à Terrebonne, Technique Surface Lab (TSLab, 6 employés), chargée de faire de la R-D dans le domaine des technologies de surface et des matériaux ; d'autre part, l'inauguration d'une seconde filiale en 2007, Technique Surface Innovation (TSI, 7 employés), qui applique ces technologies dans la fabrication des différents et sous-traite une partie de la production aux Industries Mailhot. À l'époque, la création de TSLab avait représenté un investissement de 2,5 M$ et créé une douzaine d'emplois.

Plutôt que de rechercher un partenariat à tout prix, les Industries Mailhot ont misé sur des affinités grandissantes pour franchir ensuite le pas. «Il est évident qu'avant de se marier, il faut bien se connaître. Peu importe finalement la taille du partenaire, tant qu'il existe un aspect gagnant-gagnant et une chimie», résume Charles Massicotte. Dans ce cas, la chimie s'est mise en place naturellement, après qu'une relation de confiance se fut installée lors de l'acquisition de la technologie.

«Nous avons régulièrement des échanges, que ce soit entre les personnes chargées de la R-D ou de l'administration. Cela nous a aussi permis de nous concentrer davantage sur la R-D et de marier le travail de nos deux équipes», souligne Luc Mainville.

TSLab a engagé du personnel essentiellement québécois en raison de la proximité du marché québécois. «Mais il n'est pas exclu que des Français puissent être recrutés pour travailler ici et renforcer nos équipes lors des prochaines phases de recrutement», affirme Charles Massicotte. Le recrutement des nouvelles ressources s'effectue conjointement par les deux partenaires. «Nous avons pris soin de mettre notre entente par écrit. Cela permet de nous fixer des objectifs chiffrés, que nous révisons ensuite chaque année», précise-t-il.

Avis d'expert

«S'allier pour réaliser un projet de R-D apporte beaucoup de crédibilité au projet et garantit aussi une oreille plus attentive lorsque le projet sera présenté aux programmes d'aide du gouvernement», souligne Pierre Bédard, directeur général du Centre de développement et de recherche en imagerie numérique (CDRIN). «De plus, on voit souvent des complémentarités se mettre en place avec des entreprises qui sont très bonnes sur le plan technique, et d'autres, meilleures sur le plan du marketing.»

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