Les Impatients augmentent la cadence

Offert par Les Affaires


Édition du 19 Novembre 2016

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Édition du 19 Novembre 2016

« Nous sommes une sorte de franchise sociale, car nous offrons un concept clés en main », dit Frédéric Palardy, directeur général des Impatients. [Photo : Alain Décarie]

Voir ses activités se développer, c'est le rêve de tout organisme philanthropique. Mais comment gérer la croissance sans perdre de vue sa raison d'être et avec les ressources en place. Découvrez la recette de trois OBNL dans ce dossier.

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Fonceurs, Les Impatients. L'organisme qui offre des ateliers d'expression artistique aux personnes atteintes de maladie mentale accroît ses activités montréalaises et multiplie les partenariats en région. Depuis cinq ans, ses revenus sont passés de 866 500 $ à 1,2 million de dollars, en hausse de 50 %.

Chaque semaine, une soixantaine d'ateliers d'arts visuels, de musique et de danse rassemblent quelque 600 personnes dans 11 lieux au Québec.

«À Montréal, on a commencé il y a trois ans à cibler des clientèles, comme les femmes en difficulté ou les jeunes de 18 à 25 ans, dit Frédéric Palardy, directeur général. Cela nous a permis d'augmenter à la fois le nombre de participants et les subventions.»

L'expansion en région s'est amorcée en 2011 avec un site à Drummondville. Depuis, il y a des Impatients à Joliette, Saint-Lambert, Sorel-Tracy et bientôt Saint-Jérôme.

La formule consiste à nouer un partenariat avec un établissement de santé, comme c'est le cas avec les deux instituts universitaires montréalais en santé mentale et le Centre hospitalier régional de Lanaudière.

«Nous sommes une sorte de franchise sociale, car nous offrons un concept clés en main : l'artiste-animateur, les matériaux, l'organisation d'une exposition», dit M. Palardy qui a succédé à sa mère, Lorraine, à la tête de l'organisme qu'elle a fondé en 1992.

Convaincre les hôpitaux

Il en coûte 20 000 $ pour 90 ateliers par année, soit 222 $ par séance. Une somme modeste, mais dans le contexte des compressions en santé, est-ce difficile de convaincre les hôpitaux et leur fondation ? Pas vraiment, répond Frédéric Palardy, qui est avocat.

«Certains ont remis en question leur participation, mais tous ont reconduit l'entente, car les résultats sont là.» Il cite une étude de l'Université de Montréal selon laquelle 87 % des clients des Impatients voient leur santé s'améliorer. Une diminution de 66 % du nombre d'hospitalisations est aussi constatée.

Pour aider plus de gens, l'organisme veut instaurer un modèle financier où les municipalités assumeraient une partie de la facture. «Cela pourrait faire partie des services qu'elles donnent à leur population», croit M. Palardy, en soulignant que Montréal subventionne en partie deux ateliers.

Une autre solution serait d'inclure les ateliers dans les services remboursés par les assureurs, compte tenu des coûts élevés causés par la maladie mentale. «L'art peut favoriser un retour au travail plus rapide», estime M. Palardy.

Un gros morceau à remplacer

Cette année, 18 % des revenus de 1,2 million des Impatients proviennent de fonds publics, 24 % des ateliers, 41 % des activités de financement, et 11 % des dons de fondations, d'individus et d'entreprises, comme la pharma Lundbeck et Le Groupe Perron. «La santé mentale est moins tabou qu'avant, mais elle demeure une cause difficile à vendre», constate le directeur général.

La fin en 2015 du partenariat avec Rona, son plus grand donateur pendant 15 ans, est un coup dur. «C'est l'un des impacts de la perte des sièges sociaux», déplore-t-il.

En plus de chercher un autre commanditaire d'envergure, l'organisme organise des activités de financement originales, par exemple la publication du livre Le bonheur c'est quand c'est l'heure, qui réunit des textes et des dessins de personnalités et d'Impatients.

Il mène aussi la campagne Si près du génie, inspirée de la relation d'Albert Einstein avec son fils Eduard, schizophrène. Objectif : trouver 50 hommes d'affaires ou professionnels prêts à donner 2 000 $ chacun pour offrir des ateliers à des hommes en difficulté. L'an dernier, une campagne semblable visait les femmes avec une thématique sur Marylin Monroe.

Cette stratégie est une façon de court-circuiter les créneaux de dons établis par les entreprises. «Nous sollicitons les personnes à l'aise financièrement, pas leur entreprise», indique M. Palardy.

Pour les 25 ans des Impatients l'an prochain, la principale activité de financement, l'exposition-encan Parle-moi d'amour aura lieu au Musée d'art contemporain de Montréal (MAC). Alexandre Taillefer, président du conseil d'administration du MAC, fera partie du comité d'honneur.

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