Centre Philou : plus de répit à plus de familles

Offert par Les Affaires


Édition du 19 Novembre 2016

Centre Philou : plus de répit à plus de familles

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Édition du 19 Novembre 2016

Diane Chênevert. [Photo : Jérôme Lavallée]

Philippe, 16 ans, le fils de Diane Chênevert, ne marche pas et ne parle pas. Mais il lui inspire la voie à suivre pour développer les services du Centre de répit Philou pour enfants polyhandicapés qu'elle a fondé en 2005 avec son conjoint, Sylvain Brosseau. L'organisme vient ainsi d'investir 2,5 millions de dollars dans l'achat d'un immeuble afin d'accueillir plus d'enfants dans ses programmes de stimulation et de réadaptation, et étendre le répit aux jeunes de 15 à 21 ans.

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«On a des listes d'attente pour tous nos services, souligne Mme Chênevert, directrice générale. Pour aider plus de familles, on a même dû augmenter l'intervalle entre les répits.»

Le Centre Philou, qui a 10 employés à temps plein et 21 à temps partiel, occupe chaque centimètre de son triplex de la rue Jean-Brillant à Montréal, devenu trop étroit au fil des années. En 2005, il a offert 300 répits. En 2015, 2 450. Mais c'est loin de suffire. «C'est le seul centre de répit au Québec pour les enfants atteints d'un handicap combinant des limitations physiques et intellectuelles graves», indique Mme Chênevert.

Avec son déménagement en février prochain, il passera de 7 à 20 lits, avec une possibilité de 26, et il doublera son nombre de répits à environ 4 000 nuitées. L'immeuble du chemin de la Côte-Sainte- Catherine, à deux pas de ses locaux actuels, appartenait aux Soeurs de l'Institut Notre-Dame du Bon-Conseil.

Première campagne majeure

En plus d'accroître les services, la directrice générale veut faire de l'organisme un centre d'excellence en matière de polyhandicap chez les enfants.

«Nous avons développé une expertise unique que nous voulons partager», dit-elle. Diverses solutions sont envisagées : formations pour les travailleurs de la santé et les parents, capsules d'information en ligne, «Philou Talks» sur le Web, projets de recherche avec les universités, etc.

Pour réaliser son expansion et assurer sa pérennité, le Centre Philou s'est doté d'une fondation en 2015, puis a lancé en mars dernier la première campagne majeure de son histoire avec un objectif de 5,5 M$ sur trois ans. Déjà, quelque 3,1 M$ ont été recueillis, dont 1,5 M$ remis par la Fondation Marcelle et Jean Coutu.

«Nous avons créé une fondation parce que c'est une structure rassurante pour les donateurs, souligne Mme Chênevert. D'ailleurs, les fondations permettent souvent d'aller chercher de plus gros montants. Un autre avantage, c'est qu'on peut capitaliser les sommes recueillies pour planifier des projets à long terme.»

La nouvelle fondation a une directrice générale depuis un peu plus d'un mois seulement, Amélie Saint-Pierre, qui travaillait auparavant pour la firme-conseil en collecte de fonds Épisode. En plus de poursuivre la campagne de financement majeur, elle a comme mandat d'élargir le réseau de donateurs pour répondre aux besoins grandissants en financement du Centre Philou.

Avec l'agrandissement, le Centre Philou procédera à une vingtaine d'embauches, et son budget annuel de fonctionnement sera de 1,8 ou 2 M$, par rapport à 1,1 M$ aujourd'hui. Une somme qui proviendra essentiellement de la philanthropie, car l'organisme tire seulement 6 % de ses revenus du gouvernement.

«Cette année, on n'a reçu que 76 000 $ de Québec, déplore Mme Chênevert. Pourtant, comme société, on a une responsabilité collective envers les enfants lourdement handicapés et leur famille. Je trouve qu'on en met beaucoup sur les épaules des philanthropes. Les CLSC et les centres publics de réadaptation nous envoient plein d'enfants, mais l'argent ne suit pas. C'est honteux.»

Les dons représentent 51 % du budget, et les diverses activités-bénéfice, 32 %. Le 29 novembre, l'organisme lancera d'ailleurs son 3e album de musique, Doux moments pour Philou, qui rassemble 14 artistes, dont Florence K, Lorraine Desmarais et François Bourassa. Un programme de legs testamentaires verra aussi le jour sous peu.

Et comme son fils Philippe guide toujours ses actions, Diane Chênevert a commencé à travailler avec deux partenaires sur un projet de répit-milieu de vie pour les plus de 21 ans, qui sera indépendant du Centre Philou. Un autre organisme de bienfaisance ? Peut-être.

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