Les limites du «tout virtuel»


Édition du 11 Novembre 2020

Les limites du «tout virtuel»


Édition du 11 Novembre 2020

Par Philippe Jean Poirier

L’expérience virtuelle, que ce soit pour un événement sportif, ou le dévoilement d’une œuvre d’art, n’égale pas l’activité-bénéfice en personne. (Photo: 123RF)

Les gens qui participent à des événements philanthropiques le font pour l’événement, et non pour la cause, fait remarquer le président de la firme d’experts- conseils en philanthropie Épisode, Daniel Asselin. « Cette année, tout le monde a essayé d’être créatif en transformant un don pour une table de vins et fromages ou pour un souper aux homards. Ça peut tenir la route jusqu’au début de 2021, mais ensuite, ça va rapidement s’estomper », avance le consultant, qui estime que bien des donateurs veulent avant tout faire du réseautage professionnel ou vivre des expériences divertissantes.

Anthony Lamour, directeur du développement, des partenariats et des alliances stratégiques à Procure – un organisme qui lutte contre le cancer de la prostate – abonde dans le même sens. « Les événements virtuels ont somme toute bien fonctionné… pour cette année. Éventuellement, je crois que les gens vont s’en lasser. Surtout qu’ils passent déjà beaucoup de temps en vidéoconférence pour le travail. »

Il parle en connaissance de cause : son organisme a fait passer son Tour du courage 2020 en mode virtuel. Plutôt que de convier des cyclistes à grimper à répétition le Mont- Royal à la fête des Pères, Procure les a invités à parcourir 360 km à vélo tout au long de septembre – pour les 360 hommes qui recevront un diagnostic durant le mois – et à les enregistrer dans une application mobile.

Cet événement sportif adapté aux mesures sanitaires en vigueur a permis d’amasser 210 000 $. La récolte de dons avait atteint 340 000 $ l’année précédente. « C’était une nouvelle formule, qui a un peu déstabilisé tout le monde », explique Anthony Lamour, qui souligne que cela a toutefois permis de toucher plus de gens. « Nous avons reçu des inscriptions de la Gaspésie, de La Malbaie, du Saguenay, de l’Estrie. »

L’année prochaine, Procure songe à proposer une formule hybride de son défi cycliste caritatif. « On s’est rendu compte que beaucoup de régions voulaient s’impliquer, note le directeur. Des ambassadeurs régionaux se sont manifestés, et nous, on désire les soutenir en envoyant des “ensembles de visibilité” Procure. »

Le Tour du courage 2021 pourrait donc inclure de petits rassemblements régionaux respectant au besoin la distanciation physique, combinés à un volet virtuel utilisant les médias sociaux et l’application mobile développée pour enregistrer le kilométrage des sorties à vélo.

 

Vivre des émotions

La Fondation du Musée des beaux- arts de Montréal (MBAM) s’est elle aussi butée aux limites du « tout virtuel » cette année. Par conséquent, elle a décidé d’explorer des formules hybrides pour ses événements philanthropiques.

« Regarder une oeuvre visuelle sur Internet, ça ne se compare pas à la voir en vrai, explique Danielle Champagne, directrice générale de la Fondation du MBAM. On ne peut pas distinguer les techniques utilisées et ressentir l’émotion de l’oeuvre de la même façon. »

En septembre, avant le début de la deuxième vague, la Fondation du MBAM a pu expérimenter un événement à deux volets lors de l’inauguration de l’exposition « Survivance » de l’artiste Manuel Mathieu. Vingt- cinq donateurs étaient présents dans la salle d’exposition – dans le respect des consignes sanitaires alors en vigueur – alors que 86 participants se sont joints à eux en ligne pour échanger avec l’artiste. « C’est le genre d’événement qui plaît beaucoup à nos donateurs, affirme Danielle Champagne. Ça nous permet aussi d’inviter des donateurs potentiels et de leur montrer l’étendue de notre mission. »

 

Possibilités

Selon Danielle Champagne, il importe maintenant pour son organisation de sortir de l’attentisme qui a marqué la première vague de la pandémie. « Au début de la crise sanitaire, on attendait de connaître les mesures avant de planifier un événement, souligne- t-elle. Cette fois, on a décidé de foncer en travaillant avec plusieurs scénarios, dont les événements hybrides. »

Anthony Lamour tient le même discours. « Un événement comme le Tour du courage se prépare un an à l’avance. On ne peut pas tout miser sur le fait d’avoir un vaccin en décembre, alors on préfère être prêt à tenir un événement virtuel, avec la possibilité de l’étendre en personne, si la situation le permet. »

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