Pénurie: des inquiétudes qui vont grandissantes

Offert par Les Affaires


Édition du 29 Septembre 2018

Pénurie: des inquiétudes qui vont grandissantes

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Édition du 29 Septembre 2018

Par François Normand

[Photo: 123RF]

La pénurie de main-d’œuvre constitue une menace majeure à la prospérité québécoise, si une majorité d’entreprises n’arrivent plus à répondre à la demande, affirme ­Martine ­Hébert, ­vice-présidente principale et ­porte-parole nationale de la ­FCEI. « À terme, cela ne peut pas être sans impact. »

Même inquiétude du côté de Véronique Proulx, PDG de Manufacturiers et exportateurs du Québec, qui souligne à quel point perdre des contrats ou des ventes est très problématique pour des entreprises.

« Quand celles-ci perdent un contrat, elles laissent aller des parts de marché qui sont très difficiles à récupérer par la suite, au Québec comme à l’étranger. »

Pour illustrer à quel point l’heure est grave, elle donne l’exemple de l’un de ses membres – dont elle préfère taire le nom – qui perd 1 M $ par mois en occasions d’affaires qu’il doit refuser parce qu’il manque de main-d’œuvre. Cela représente 12 M $ par année, ou 20 % du chiffre d’affaires de 60 M $.

Un exemple parmi tant d’autres. Marc Robitaille s’arrache lui aussi les cheveux en raison de la pénurie de main-d’œuvre. Depuis deux ans, le président d’Omniplast, un fabricant de sacs de plastique, n’arrive pas à pourvoir une dizaine de postes stratégiques. « On n’a jamais vu ça », laisse-t-il tomber, découragé.

« On croît beaucoup moins vite, car on met moins d’efforts sur le développement des affaires », reconnaît le dirigeant de cette PME de Longueuil, qui emploie 80 personnes.

GRAPHIQUE : Quand vous pensez à la situation de votre entreprise au cours des 12 derniers mois, dans quelle mesure êtes-vous d’accord ou pas d’accord avec les énoncés suivants?

Omniplast recherche désespérément des pressiers afin d’imprimer sur des sacs de plastique pour des clients dans les secteurs industriel, commercial, alimentaires ou du détail. Elle a tout essayé : des agences de placement, des messages sur les réseaux sociaux, sans parler d’une collaboration accrue avec les écoles techniques qui forment des pressiers.

Coup d’épée dans l’eau. Pis encore : récemment, une école de formation a cessé d’offrir son programme de pressier, faute d’un nombre suffisant d'élèves. « Il y a quelques années encore, on comptait une cinquantaine de personnes dans ce programme. Mais quand l’école a cessé de l’offrir, c’est à peine s’il y avait deux ou trois élèves », déplore M. Robitaille.

On pourrait multiplier des exemples de ce type sur des pages et des pages. « Plusieurs entreprises ont juste assez de main-d’œuvre pour opérer. Elles n’ont donc pas assez de monde pour accepter des commandes additionnelles », résume le consultant et stratège d’affaires, Louis J. Duhamel, qui visite régulièrement des PME.

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