Pénurie de main-d'oeuvre : l'ouragan touche terre

Offert par Les Affaires


Édition du 29 Septembre 2018

Pénurie de main-d'oeuvre : l'ouragan touche terre

Offert par Les Affaires


Édition du 29 Septembre 2018

Par François Normand

[Photo: 123RF]

Matelas Dauphin est une PME florissante. Elle exploite 20 succursales au Québec, de Rimouski à Gatineau, et sa stratégie d'affaires prévoit qu'elle en ouvre deux par année. Pourtant, sa croissance est compromise.

«On est à la limite de notre capacité de production, et on est en retard sur notre plan d'expansion», nous explique son directeur général, Steve Thériault. Le fabricant de matelas ne produit plus suffisamment pour justifier l'ouverture de nouveaux magasins, tout simplement par qu'il manque de personnel à son usine de Lévis.

«On ne refuse pas de commande, mais on ne va pas à la chasse», confie M. Thériault, visiblement frustré par la situation.

Le dirigeant a tout essayé pour recruter du monde. «L'an dernier, on a augmenté le salaire horaire d'environ 15 %, mais cela n'a rien donné. On n'a vu aucune différence !»

Matelas Dauphin s'est aussi tournée vers des travailleurs étrangers, mais ce processus est long et compliqué. Un vrai chemin de croix, selon son dirigeant. «Ça me prend une ressource interne pour gérer cette paperasse. Je n'ai pas besoin de ça.»

Dans ce contexte, la PME a pris la décision d'investir pour automatiser une partie de sa chaîne de production. Elle espère ainsi augmenter de 50 % la quantité de matelas produits avec la même équipe dans l'usine.

Deux scénarios sont sur la table : investir environ 500 000 $ pour acheter de l'équipement standard ou investir plus de 1 million de dollars pour agrandir l'usine afin d'installer la nouvelle technologie, plus imposante. C'est une décision d'affaires très importante pour une PME dont les revenus s'élèvent à un peu plus de 20 M $.

Mais elle est rendue là, tout comme le quart des PME du Québec, d'après un sondage de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI), effectué cet été en collaboration avec Les Affaires auprès d'un échantillon des 24 000 membres au Québec.

Dans ce sondage, 25 % des PME qui ont répondu ont automatisé des tâches. Seulement 25 % ? La FCEI considère que ce taux est «relativement élevé», car certaines entreprises ne peuvent pas automatiser leurs tâches ou la technologie n'est tout simplement pas accessible.

L'ouragan frappe

Ce nouveau sondage révèle également toute l'ampleur du fameux «ouragan» de la pénurie de main-d'oeuvre, contre lequel les économistes nous ont longtemps mis en garde.

Pas moins de 81 % des PME sondées par la FCEI affirment être «Tout à fait d'accord» ou «Plutôt d'accord» avec l'énoncé suivant : «J'ai de la difficulté à embaucher les employés dont j'ai besoin.»

Ce taux est deux fois plus élevé que celui publié dans une récente étude de la Banque de développement du Canada (BDC), qui indique que plus de 39 % des PME canadiennes ont du mal à trouver de nouveaux employés.

La consultation de la FCEI montre bien que la situation de Matelas Dauphin est loin d'être un cas isolé. Près d'une entreprise sur deux (47 %) affirme perdre des contrats ou des ventes parce qu'elle n'a pas assez d'employés, et 42 % des répondants ont dû annuler certains de leurs plans d'affaires (par exemple, faire des investissements) en raison du manque de personnel.

«La pénurie de main-d'oeuvre est un problème très important ; le sondage vient corroborer ce qu'on entend sur le terrain», affirme Martine Hébert, vice-présidente principale et porte-parole nationale de la FCEI.

La situation est carrément dramatique dans certains secteurs. En tourisme, par exemple, des hôtels fonctionnent à 50 % de leur capacité, car le personnel est insuffisant, et on voit de plus en plus de restaurants fermer plus tôt qu'à l'habitude parce qu'ils manquent de bras.

Les secteurs de la fabrication, du commerce de détail et de la construction sont aussi parmi les plus frappés par le phénomène. Particulièrement loin des grands centres urbains (souvent des régions à risque de dévitalisation), où se concentrent pas moins de 55 % des postes à pourvoir, soutient Stéphane Forget, PDG de la Fédération des chambres de commerce du Québec.

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