Mission accomplie pour Brian Hannasch

Offert par Les Affaires


Édition du 07 Décembre 2019

Mission accomplie pour Brian Hannasch

Offert par Les Affaires


Édition du 07 Décembre 2019

Par Pierre Théroux

Brian Hannasch (Photo: Martin Flammand)

PDG DE L’ANNÉE – GRANDE ENTREPRISE. Brian Hannasch peut dire mission accomplie. Cinq ans après qu'il ait pris la relève du fondateur Alain Bouchard à la tête d'Alimentation Couche-Tard, le détaillant de Laval s'est hissé au premier rang des plus importantes entreprises canadiennes au chapitre des revenus, tout en devenant l'une des plus grandes chaînes de dépanneurs au monde. Mais le président et chef de la direction n'entend pas s'arrêter là. L'entreprise ambitionne de doubler sa taille d'ici 2023.

«Brian Hannasch avait de grands souliers à chausser, et il se tire très bien d'affaire», fait valoir Christine Décarie, vice-président principale et gestionnaire de portefeuille chez Placements Mackenzie et membre du jury indépendant qui a sélectionné M. Hannasch.

Les coudées franches

Le passage de flambeau s'est fait sans heurt, note également Michel Magnan, professeur et titulaire de la chaire de gouvernance d'entreprise Stephen A. Jarislowsky à l'École de gestion John-Molson de l'Université Concordia, qui a aussi siégé au jury. «Ce n'est pas toujours facile de prendre les rênes d'une entreprise, surtout des mains d'un fondateur qui est là depuis si longtemps et qui garde encore aujourd'hui un oeil sur l'entreprise. Il faut avoir les coudées franches pour continuer d'avancer. Ce qu'a très bien réussi à faire M. Hannasch», dit-il.

Pour le principal concerné, l'objectif était tout simplement de garder la recette gagnante et de ne pas tomber dans le piège d'y mettre à tout prix sa touche personnelle.

«Nous avons continué de croître en nous assurant de ne pas changer la culture qui a fait notre force», souligne M. Hannasch, arrivé en poste en septembre 2014, après avoir été chef des opérations depuis 2010.

Il avait joint Couche-Tard en 2001, après l'acquisition de Bigfoot Food Stores, une chaîne de 225 magasins d'accommodation dans le Midwest américain, dont il était vice-président des opérations.

La valeur de l'action a bondi

La performance financière et boursière de l'entreprise témoigne de cette continuité. Couche-Tard a affiché des revenus de 59,1 milliards de dollars américains lors de l'exercice 2019, comparativement à 38 G$ US en 2014, soit en hausse de 56 %. L'entreprise a aussi enregistré des profits records de plus de 1,8 G$ US.

L'action de la multinationale québécoise, dont la valeur a bondi de 131 % depuis cinq ans, a atteint un record historique de 85,80 $ en juin dernier, avant son fractionnement à raison de deux pour une à la fin du mois de septembre. Depuis, le titre oscille autour de 40 $.

Pour sa part, le bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement (BAIIDA) a augm- enté en moyenne de 17 % annuellement au cours de son mandat.

Sous la gouverne de M. Hannasch, Couche-Tard a poursuivi sa série d'acquisitions, en commençant dès décembre 2014 par l'exploitant américain de dépanneurs et de stations-service The Pantry. Cet achat, évalué à plus de 1,7 G $ US, était alors le plus important de l'histoire de l'entreprise lavalloise aux États-Unis.

Puis, en août 2016, Couche-Tard récidive et renforce sa présence aux États-Unis en déboursant 4,4 G $ US pour acheter sa rivale CST Brands. Cette entreprise texane emploie 14 000 personnes et compte plus de 2 100 établissements au Texas, en Géorgie, dans le sud-est des États-Unis, dans l'État de New York et dans l'est du Canada.

Un an plus tard, c'est la chaîne de dépanneurs et de stations-service Holiday, au Minnesota, qui compte plus de 500 établissements dans le Haut-Midwest américain, qui passait dans le giron du géant québécois.

M. Hannasch a su réaliser et intégrer des acquisitions majeures de plusieurs milliards de dollars, note M. Magnan. «Il a été en mesure de poursuivre dans la foulée du modèle d'affaires qui a fait le succès de Couche-Tard et qui semble encore très solide aujourd'hui.»

À la fin du mois de novembre, la multinationale a poursuivi sa stratégie d'acquisitions, en faisant une offre d'achat non sollicitée et conditionnelle de 7,7 milliards de dollars canadiens pour l'australienne Caltex Australia. Cette entreprise est le plus important distributeur d'essence en Australie, qui exploite un réseau de 800 dépanneurs et stations d'essence.

Acquisitions et croissance organique

Étant donné la taille actuelle de Couche-Tard, avec son réseau mondial de plus de 16 000 points de vente, plusieurs analystes estiment toutefois que sa croissance future sera probablement plus lente.

M. Hannasch croit pour sa part qu'il y a encore beaucoup de possibilités de croissance, d'où son ambitieux objectif de doubler ses revenus et profits d'ici 2023.

«Nous sommes encore un petit joueur en Europe, et l'Asie présente un immense potentiel de développement», affirme le titulaire d'une maîtrise en administration des affaires, marketing et finance de l'Université de Chicago et d'un baccalauréat en finance de l'Iowa State University.

Produits frais et les plats préparés

Tout en souhaitant continuer à augmenter son nombre de magasins par des fusions et acquisitions ou par de nouvelles constructions, Couche-Tard mise aussi sur la hausse des ventes de ses produits, à commencer par les produits frais et les plats préparés.

«Nous adaptons nos services et produits pour mieux répondre aux besoins des consommateurs qui, selon les différents pays et même d'une ville à l'autre, peuvent être très différents», explique M. Hannasch, en ajoutant que Couche-Tard investit grandement en analyse de données et en intelligence artificielle pour mieux comprendre les habitudes des clients.

En Europe, certains établissements ressemblent maintenant plus à des magasins de produits alimentaires plutôt qu'à des magasins de proximité traditionnels. «Couche-Tard a la très grande ouverture d'esprit d'intégrer des produits ou des façons de faire qui ont fait leurs preuves dans d'autres magasins dont elle a fait l'acquisition», constate Mme Décarie.

Par ailleurs, en juillet dernier, Couche-Tard a acquis une participation de 9,9 % dans Fire & Flower, un détaillant indépendant de cannabis qui exploite ou a concédé sous licence 23 magasins de vente au détail de cannabis en Alberta, en Saskatchewan et en Ontario.

En début d'année, elle a conclu une entente de licence d'utilisation de marque de commerce avec Canopy Growth, qui possède des points de vente en Saskatchewan, au Manitoba et à Terre-Neuve-et-Labrador.

Il reste néanmoins que près des trois quarts des revenus de Couche-Tard sont liés à la vente de carburant pour le transport routier. «C'est la majeure partie de sa rentabilité. Or, il faudra voir comment la popularité grandissante des véhicules électriques affectera l'entreprise à l'avenir», souligne M. Magnan.

En 2017, Couche-Tard s'est alliée à Ionity, une coentreprise formée du Groupe BMW, de Daimler AG, du Groupe Volkswagen avec Audi et Porsche et de l'américaine Ford Motor, en vue de déployer un réseau de bornes de recharge rapide en Europe.

Entre-temps, Couche-Tard poursuit son exercice de rebranding amorcé en 2015 et qui vise à rassembler les différentes marques existantes - Statoil, Mac's, Kangaroo Express et Corner Store -, sous la seule bannière mondiale Circle K. À l'exception du Québec, qui conserve sa bannière Couche-Tard.

«Couche-Tard est née au Québec, insiste M. Hannasch. C'est une marque emblématique et notre héritage.»


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