Des entreprises à l'étroit à Métrobec

Publié le 14/09/2022 à 11:00

Des entreprises à l'étroit à Métrobec

Publié le 14/09/2022 à 11:00

Le manque d’espace semble d’ailleurs problématique à Québec. Des entreprises installées dans le parc Métrobec, voisin des Galeries de la Capitale, le long de l’autoroute Félix-Leclerc (A40), souhaitent agrandir, mais la réglementation municipale actuelle les en empêche. (Photo: 123RF)

PARCS INDUSTRIELS. Les terrains disponibles se raréfient ; ils coûtent plus cher. Dans plusieurs municipalités du Québec, il manque d’endroits pour construire et ainsi poursuivre le développement résidentiel, commercial et industriel. Pour répondre à la situation, la ville de Québec veut repenser la réglementation de son parc industriel Métrobec où les entreprises se sentent de plus en plus à l’étroit. 

« À Québec, on manque de pieds carrés où construire », lance Pierre Dolbec, président du conseil d’administration de la Corporation des parcs industriels du Québec, un groupe de pression qui a pour mandat de protéger les intérêts des entreprises installées dans les parcs industriels de la province. « Le taux d’occupation frise 91 % [96 % selon la ville] dans les parcs de Québec. C’est comme ça depuis des années », soutient l’administrateur. 

Le manque d’espace semble d’ailleurs problématique à Québec. Des entreprises installées dans le parc Métrobec, voisin des Galeries de la Capitale, le long de l’autoroute Félix-Leclerc (A40), souhaitent agrandir, mais la réglementation municipale actuelle les en empêche. « Une démarche est en cours pour réviser les règles d’urbanisme pour le parc industriel Métrobec », confirme par courriel Audrey Perreault, porte-parole de la ville, qui a refusé une entrevue sur le sujet. L’objectif de cette révision est de permettre aux propriétaires actuels d’optimiser l’utilisation de leurs terrains, en permettant notamment une hauteur plus élevée pour les bâtiments plus éloignés des zones résidentielles, et en réduisant les marges de recul pour faciliter les agrandissements potentiels.

 

Consulter avant de bouger 

Dans un document d’information présenté aux citoyens lors d’un « atelier d’échanges » organisé en mai dernier, la ville admet que le zonage du parc Métrobec est « un peu restrictif », que des assouplissements réglementaires s’imposent et que les autorités municipales souhaitent « densifier les espaces industriels. » 

Cette position fait d’ailleurs écho aux propos de l’actuel maire de Québec, Bruno Marchand, lors de la campagne électorale de l’automne 2021. « La ville agit comme un frein à l’innovation », soutenait le futur maire lors d’une conférence de presse tenue au parc industriel Saint-Malo, en octobre dernier. Selon lui, la réglementation entourant les parcs industriels, en limitant chaque lot à un seul bâtiment et en imposant un nombre de cases de stationnement bien précis, restreint les entreprises dans leur capacité à innover et à se développer sans passer par l’acquisition de terrains supplémentaires.

 

Densifier, oui, mais pas partout 

Ce désir de densifier les zones industrielles s’observe déjà ailleurs. C’est le cas à Lévis et à Drummondville où la volonté de maximiser la valeur foncière de chaque mètre carré de terrain industriel est répétée comme un mantra. 

Le modèle ne s’applique cependant pas partout, estime Pierre Dolbec, président de la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ). « C’est simple : ici, la majorité des entreprises sont industrielles ou manufacturières. Faire des planchers de production à deux étages, ce n’est pas évident, dit-il, et un plancher de production au sol et des bureaux à l’étage, on l’a déjà ça. » 

Pierre Dolbec croit d’ailleurs que la pandémie et le télétravail pourraient avoir changé les besoins de certains entrepreneurs en matière de besoin de pieds carrés. « Ici, chez Dolbec International, on pense se relocaliser, et on pense s’installer dans plus petit, fait-il valoir. Si ça nous arrive à nous, dans un secteur un peu plus pointu, imaginez ce que ça va être dans des secteurs un peu plus conventionnels où le travail à domicile est plus facile. »

 

Une autre vallée?

Après la vallée de l’aluminium, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, et celle de la transition énergétique espérée en Mauricie, la Corporation des parcs industriels veut aussi sa propre vallée dans la Capitale nationale. La vallée industrielle de Québec prévoit l’inclusion des 25 zones industrielles de la ville. « La zone ira de l’aéroport au port, et du bas de la colline parlementaire jusqu’à Beauport, en passant par Charlesbourg », précise Pierre Dolbec.

Celui qui dirige aussi Dolbec International, un courtier en dédouanement, ajoute que le projet a été présenté à la ville et que cette dernière serait « emballée ». « C’est un projet qui est un peu unique, se réjouit-il. On pourrait comparer ça à Silicon Valley, sur le plan de la synergie qu’on veut créer. » Si la ville autorise le projet, son aménagement devrait commencer à l’automne.

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