­Clément ­Gignac: le retour des bénéfices

Offert par Les Affaires


Édition du 22 Janvier 2020

­Clément ­Gignac: le retour des bénéfices

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Édition du 22 Janvier 2020

Par Stéphane Rolland
2020

Clément Gignac (Photo: courtoisie)

OÙ INVESTIR EN 2020. Alors que l’économie a repris du tonus en 2020, les bénéfices des entreprises reprendront le chemin de la croissance, ce qui permettra de prolonger le cycle haussier, croit Clément Gignac, économiste en chef de iA Groupe financier.

« Il y a un synchronisme des mesures d’assouplissement des banques centrales ainsi qu’un apaisement des inquiétudes entourant le Brexit et les tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis. C’est favorable à une réaccélération du secteur manufacturier. L’Iran représente un risque, mais Washington et Téhéran ont vite montré qu’ils voulaient éviter un conflit direct. »

L’élan économique devrait se refléter dans la croissance des bénéfices des sociétés américaines, qui devraient augmenter de 6 % à 8 % cette année. L’économiste anticipe que le S&P 500 progressera au même rythme tandis que son évaluation demeurera stable. Il croit que l’indice peut atteindre les 3 400 points. « Je serais surpris qu’on assiste à une augmentation des multiples aux États-Unis. Je pense qu’il y aura une augmentation des taux longs et une accentuation de la pente des taux d’intérêt. Je ne pense donc pas que les taux vont offrir un soutien additionnel aux actions. »

L’ex-ministre du gouvernement Charest pense que les bonnes surprises sont plus susceptibles de venir de l’international. Ces craintes sont maintenant tempérées. « Je pense qu’on pourrait assister à une rotation géographique en faveur des pays outre-mer », dit-il.

L’économiste rappelle aussi que les tendances structurelles pour les pays émergents « sont bien meilleures qu’il y a dix ou vingt ans ». « L’inflation est maîtrisée et les pays asiatiques ont de plus en plus d’échanges commerciaux entre eux. La baisse du dollar américain, c’est intéressant pour les pays émergents qui ont des dettes libellées dans cette devise. »

Le contexte est également favorable aux actions canadiennes. La reprise du secteur manufacturier est une bonne nouvelle pour les ressources naturelles à un moment où le secteur énergétique est « peu cher », souligne M. Gignac. « Il y a un gros escompte pour le marché canadien par rapport au marché américain. » Ces conditions pourraient mener le S&P/TSX vers les 18 750 points, selon lui. 

Une préférence pour le style valeur

Pour 2020, M. Gignac a une préférence pour le style « valeur ». Il donne en exemple les pétrolières, l’or et les banques, des secteurs bien représentés à Toronto. La comparaison du rendement des dividendes des banques canadiennes avec la distribution des obligations gouvernementales de 10 ans est à l’avantage des institutions financières, souligne l’économiste. « Sur un horizon de deux à trois ans, vous ne pouvez pas vraiment vous faire mal avec le secteur, avance-t-il. Il faut vraiment être pessimiste pour penser que les banques canadiennes ne performeront pas mieux que les obligations canadiennes sur un horizon de trois ans. »

À l’inverse, les titres de croissance pourraient perdre leur élan tandis que les géants du Web, comme Amazon (AMZN, 1,862,02 $ US), Facebook ou Alphabet, sont de plus en plus susceptibles d’être la visée d’interventions réglementaires. C’est particulièrement le cas à l’international, où elles tirent des revenus qui pourraient être perçus comme disproportionnés par rapport à la richesse collective qu’elles créent dans ces juridictions, explique M. Gignac.

L’économiste demeure optimiste pour l’or. Il note que les banques centrales sont prêtes à laisser courir l’inflation davantage avant d’intervenir. Valeur refuge, l’or, pour sa part, est souvent présenté comme une protection contre l’inflation. De plus, le dollar américain pourrait avoir du plomb dans l’aile à mesure que les investisseurs déplacent leurs billes à l’étranger. Le lingot d’or étant libellé en dollars américains, un billet vert déprécié augmente la valeur du métal précieux. « C’est du bonbon pour les aurifères », commente M. Gignac.

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