Un monstre d'acier à assembler

Publié le 16/03/2013 à 00:00, mis à jour le 14/03/2013 à 14:26

Un monstre d'acier à assembler

Publié le 16/03/2013 à 00:00, mis à jour le 14/03/2013 à 14:26

Le chantier de l'autoroute 30 a fait vivre une expérience inoubliable à Maxime Gendron, gérant de projet chez Acier AGF. [Photo : Gilles Delisle]

Maxime Gendron a récemment eu le plaisir de se balader sur les 42 kilomètres du nouveau tronçon de l'autoroute 30.


«Le pont de Beauharnois m'a semblé beaucoup plus petit que lors des travaux. Filer à 100 km/h en admirant la vue ne permet pas d'imaginer que des millions d'heures de travail ont été nécessaires pour en arriver à ces résultats», dit-il.


D'un point de vue plus technique, il en a profité pour observer l'état de la chaussée, les joints du tablier ainsi que les pentes des approches du pont de Beauharnois. «C'est moins poétique, mais ça doit être le côté ingénieur qui ressort... Chose certaine, les trois ou quatre dernières années de ma vie ont passé aussi vite que ma voiture au-dessus du canal de Beauharnois !»


La fourniture et la pose d'acier d'armature de l'autoroute 30 représentent le plus important chantier que l'ingénieur d'Acier AGF a dirigé au cours de sa carrière.


«AGF a été le seul sous-traitant pour la pose d'acier d'armature. Ce projet est le plus gros, au Québec, à n'avoir jamais été donné en un seul lot», dit le gérant de projet. Il rappelle que les autres grands chantiers semblables ont toujours été réalisés par plus d'un sous-traitant à la fois, comme lors de la construction du Stade olympique.


Entamés à l'été 2009 et terminés en décembre dernier, les travaux de parachèvement de l'autoroute 30 s'étendaient sur 42 kilomètres, entre Châteauguay et Vaudreuil-Dorion. Le chantier comprenait 28 viaducs, 3 ponts, un poste de péage, un tunnel et sa station de pompage.


D'une valeur de plus de 100 millions de dollars, ce projet a exigé 43 000 tonnes d'acier. «Notre usine de Longueil a produit 4 millions de barres d'armature, du jamais vu dans notre histoire ! Ces 43 000 tonnes équivalent à plus de 10 fois tout l'acier de la station de métro Berri-UQAM», précise M. Gendron.


Un défi de gestionnaire


La pose d'autant d'acier en un seul projet a constitué un énorme défi en gestion des ressources humaines. «Au plus fort du projet, près de 190 poseurs d'acier travaillaient simultanément, ce qui équivaut à plus d'un poseur d'acier sur dix au Québec.»


Or, on ne pouvait pas trouver autant de poseurs d'acier disponibles et prêts à travailler. L'industrie de la construction marchait alors à pleine vapeur, sur l'ensemble du territoire québécois.


C'est pourquoi Acier AGF a embauché des poseurs en Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick et à Boston.


En outre, jusqu'à 34 contremaîtres travaillaient sur le chantier en même temps. «Les contremaîtres sont les pivots d'un chantier qui s'étend sur 42 kilomètres. Ils assignent des responsabilités en fonction des forces et faiblesses de chacun», dit M. Gendron.


Les contremaîtres doivent comprendre et interpréter des plans d'ingénieur, plus complexes lorsqu'ils concernent les ponts et les viaducs. «Nous avons consacré beaucoup de temps et d'énergie à former nos équipes de contremaîtres», dit-il.


M. Gendron affirme qu'une des clés d'un bon climat de travail consiste à vouloir partager l'information. «Nous avions de nombreuses discussions. Nous n'avons jamais agi comme si les gens de chantier n'avaient pas à savoir ce qui s'y passait.»


Un défi d'ingénieur


Au-delà de la gestion des ressources humaines, le projet a aussi comporté une part de défis propres à l'univers de l'ingénierie.


Le plus important était lié à la construction du pont du canal de Beauharnois. Avec ses 20 000 tonnes, ce pont a nécessité près de la moitié de l'acier utilisé dans tout le chantier. «Le poussage des caissons soutenant la dalle du pont, longue de 1,5 kilomètre et à 50 mètres au-dessus de la Voie maritime, a été une étape très impressionnante. Ce pont poussé est le deuxième plus long du monde», dit M. Gendron.


Le grand retour de l'ingénierie civile


Maxime Gendron a choisi de se spécialiser en génie électrique lors de ses études à l'Université de Sherbrooke. «Au milieu des années 1990, les grands travaux étaient au point mort, et le génie civil était en berne. Et je m'intéressais beaucoup aux défis intellectuels de l'ingénierie électrique», dit ce diplômé de la promotion 2001.


Mais, depuis ce temps, le marché du travail a beaucoup changé. «Il manque maintenant d'ingénieurs civils. Il y a un renouveau des grands travaux, et les définitions de tâches se sont enrichies», explique-t-il.


Pour sa part, Maxime Gendron a eu la piqûre de la gestion en travaillant sur le chantier de l'autoroute 30. «J'ai vécu une très grande effervescence quotidienne. Et une fois qu'on y a goûté, on veut y replonger à nouveau», dit-il.


165 %


Augmentation du nombre de diplômés en génie civil au Québec, de 2003 à 2009.


Source : Statistique Canada


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