D'ingénieur à pdg

Publié le 03/03/2012 à 00:00, mis à jour le 01/03/2012 à 11:09

D'ingénieur à pdg

Publié le 03/03/2012 à 00:00, mis à jour le 01/03/2012 à 11:09

NANCY VENNEMAN, ALTITUDE AEROSPACE

Airbus et Boeing dans la mire

Anticonformiste, adepte du risque calculé et débordante d'énergie, Nancy Venneman a quitté un emploi en or afin de lancer son entreprise. Sa réussite est telle que l'ingénieure de 40 ans veut partir à la conquête de Toulouse et de Seattle pour jouer dans la cour d'Airbus et de Boeing.

En optant pour le génie mécanique, Nancy Venneman savait qu'elle entrait dans un bastion masculin. «En génie mécanique, neuf étudiants sur dix étaient des hommes», se souvient-elle.

Après dix années au service de Bombardier Aéronautique, elle lance sa propre entreprise fin 2005 : Altitude Aerospace. «Mes collègues et mes amis étaient étonnés. Pourquoi quitter un employeur qui offre de très belles occasions d'avancement ?» dit-elle.

Toutefois, la décision était réfléchie. Car l'esprit entrepreneurial de Mme Venneman avait trouvé le filon. «Chez Bombardier, je m'occupais des travaux de réparation et de modification d'avions existants. Ces travaux s'appliquaient à toute la gamme d'avions, et par le fait même, à tous les acheteurs. Mais qu'arrivait-il lorsque certains clients désiraient des modifications ne s'appliquant qu'à leurs flottes ? Bombardier ne pouvait répondre à ces besoins particuliers. Je cherchais l'idée, je l'avais trouvée», résume-t-elle.

Encore fallait-il avoir la foi et l'énergie pour la mettre en pratique. «Aux débuts d'Altitude Aerospace, j'étais seule au volant. Je m'occupais de tout. Je faisais des semaines de 70 heures. Et pour maintenir les coûts le plus bas possible, j'embauchais des spécialistes avec qui je signais des contrats à durée déterminée», explique-t-elle.

Toutefois, au bout de deux ans, l'entreprise montréal aide est devenue rentable, et les embauches se sont multipliées. Altitude Aerospace emploie environ 50 personnes. Ses clients sont surtout des transporteurs qui utilisent des avions de Bombardier. Et le rythme d'embauche devrait s'accroître en cours d'année. «Nous prévoyons augmenter nos effectifs à 75 ingénieurs», dit-elle. La clé du développement futur : devenir un des fournisseurs d'Airbus et de Boeing. «Nous envisageons d'ouvrir nos propres bureaux à Toulouse et à Seattle afin de participer au développement des nouveaux produits d'Airbus et de Boeing, comme nous le faisons déjà avec la CSeries et le nouveau Global 7000/8000 de Bombardier», dit-elle.


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