Des carrières à saisir pour les autochtones

Publié le 16/03/2013 à 00:00, mis à jour le 14/03/2013 à 11:37

Des carrières à saisir pour les autochtones

Publié le 16/03/2013 à 00:00, mis à jour le 14/03/2013 à 11:37

Sauf à Kahnawake, qui possède son propre service d'ingénierie, Benoit Sioui, 39 ans, croise peu d'ingénieurs autochtones dans les réserves. «Nous faisons plutôt affaire avec des firmes d'ingénierie qui ne font pas nécessairement appel à des autochtones», dit ce Wendat de Wendake, chargé de projet à Affaires autochtones et Développement du Nord Canada.

En fait, des ingénieurs autochtones, il n'y en a pas des tonnes. M. Sioui en compte une dizaine dans sa réserve, ce qui peut sembler beaucoup dans un village de 1 500 âmes, mais Wendake est l'une des communautés les plus dynamiques du Canada.

Loin de le freiner dans son parcours d'ingénieur, on peut presque dire que son statut d'autochtone l'a aidé. Lors de ses études à l'ÉTS, il a fait ses stages dans l'industrie des pâtes et papiers, chez Cascades. L'entreprise l'a embauché à la fin de ses études.

Soutien aux communautés

Depuis bientôt 13 ans, Benoit Sioui fait le pont entre le ministère et les communautés qu'il soutient. Il est bien placé pour comprendre les préoccupations des Premières Nations.

Son rôle consiste à encadrer les communautés dans leurs projets d'infrastructures. «On les accompagne, mais ultimement, ce sont elles qui prennent les décisions», dit-il. Son service couvre toutes les communautés autochtones du Québec et s'étend jusqu'à Whapmagoostui, près de la baie James.

«Comme il y a rarement d'ingénieurs autochtones dans les communautés, on est une sorte de vitrine. Ça permet une meilleure communication, même si on est perçus comme faisant partie du gouvernement. On est mieux en mesure de comprendre la réalité du terrain», explique M. Sioui.

«Je ne sais pas si je suis vraiment un modèle pour les jeunes, mais ça peut certainement aider de voir des ingénieurs qui réussissent dans un domaine non traditionnel pour les autochtones.»

Régions éloignées

Le véritable défi de son travail se trouve dans les régions éloignées. «Je n'ai jamais vraiment eu d'embûches sous prétexte que je suis autochtone, dit M. Sioui. En fait, pour les communautés situées en périphéries des grandes villes, ça ne pose pas vraiment problème. La difficulté, c'est de partir d'un village éloigné pour se rendre à l'université, et ça, c'est la même difficulté pour les Blancs», croit-il.

Avec le développement du Nord, les autochtones auront-ils plus de place en ingénierie ? Benoit Sioui le souhaite. C'est pour cette raison qu'il s'investit depuis 13 ans dans l'Association québécoise autochtone en science et en ingénierie.

L'organisme vise à favoriser l'accès des autochtones à ces disciplines en les mettant en contact avec la science dès l'école primaire.

«Je trouve qu'il n'y a pas beaucoup d'autochtones ingénieurs, comme dans les sciences en général. Par exemple, il y a peu d'autochtones médecins. Je souhaite que les jeunes autochtones entendent parler des universités, même si, au final, ils ne vont pas en ingénierie», explique M. Sioui.

MISSION POUR INTÉRESSER LES JEUNES

Du 18 au 20 mars prochain, le président de l'Association québécoise autochtone en science et en ingénierie, Marc Lalande, se rendra dans le Grand Nord québécois en compagnie d'une délégation d'ingénieurs et de scientifiques d'origine autochtone, pour la tenue de l'Expo-sciences de Kuujjuaq. L'objectif : initier les jeunes de cette région aux sciences.

«Notre plus grand défi, c'est la distance, dit l'ingénieur. Il y a Internet, mais pas d'accès à d'autres sources d'information, comme les musées et les universités. Et surtout, il manque de modèles. Tout le monde a le même potentiel, qu'il naisse à Lac-Simon ou à Tombouctou, mais ça prend un élément déclencheur pour allumer les passions.»

«On veut une révolution tranquille, ajoute-t-il. Les autochtones forment 3 % de la population canadienne, mais sont clairement sous-représentés dans les professions scientifiques», dit-il.

M. Lalande espère que le Plan Nord changera un peu la donne.

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