Course aux talents

Publié le 16/03/2013 à 00:00, mis à jour le 14/03/2013 à 11:07

Course aux talents

Publié le 16/03/2013 à 00:00, mis à jour le 14/03/2013 à 11:07

L'A30 reliant Châteauguay, Salaberry-de-Valleyfield et Vaudreuil-Dorion, l'A50 à Montebello... Pour assurer ses nombreux contrats de travaux d'infrastructures, le Groupe S.M. International a grand besoin d'ingénieurs : les professionnels représentent 30 % des personnes recrutées, dont la majorité sont des ingénieurs.

«On ne peut plus rester assis. Pour les trouver, il faut être proactif», dit Caroline Dupont, responsable des ressources humaines de S.M. International.

La firme a doublé son effectif en cinq ans. Elle ne lésine par sur les moyens pour recruter : médias sociaux, partenariats avec des universités, opérations de visibilité, offre de stages accrue. «On doit parfois aller chercher les talents qui sont déjà en emploi. Pour cela, il faut se démarquer», dit Mme Dupont.

Pénurie en génie civil

Dans le domaine de la construction d'infrastructures, les ingénieurs civils, en mécanique et en électricité sont les plus recherchés. C'est aussi dans ces secteurs qu'ils sont le moins nombreux.

«Il y a peu d'investissements dans les infrastructures au cours des années 1990, souligne Johanne Desrochers, pdg de l'Association des ingénieurs-conseils du Québec. Donc, les jeunes ne s'inscrivaient pas en génie civil à l'université, ce qui a créé une pénurie importante dans cette spécialité.»

Aucun projet ne semble avoir été suspendu faute d'avoir pu recruter un nombre suffisant d'ingénieurs. «Cependant, les firmes ont sûrement accepté moins de grands projets. Et ce qui est préoccupant, c'est qu'elles engagent des employés ayant moins d'expérience», souligne Daniel Lebel, président de l'Ordre des ingénieurs du Québec.

Pour rehausser les compétences, les entreprises doivent donc investir beaucoup dans la formation.

Plus d'ingénieurs étrangers

Pour pallier le manque, les firmes ont de plus en plus recours à de la main-d'oeuvre étrangère. «Sans les étrangers, le nombre de membres inscrits à l'Ordre diminuerait», affirme M. Lebel.

En 2012, 21 % des nouveaux inscrits étaient des diplômés à l'étranger, comparativement à 8,5 % il y a 10 ans. Ils représentent 10 % des 63 000 ingénieurs inscrits à l'Ordre, et 70 % d'entre eux sont formés en génie civil, mécanique et électrique. «Ils apportent une aide précieuse dans les domaines où la pénurie est la plus sévère», dit M. Lebel.

«Les besoins de main-d'oeuvre seront encore importants au cours des prochaines années, compte tenu du nombre de projets majeurs comme le pont Champlain et l'échangeur Turcot», dit Mme Desrochers.

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