Faire les premiers pas avec les entrepreneurs en prédémarrage

Offert par Les Affaires

Publié le 09/06/2021 à 09:50

Faire les premiers pas avec les entrepreneurs en prédémarrage

Offert par Les Affaires

Publié le 09/06/2021 à 09:50

Par Ruby Irene Pratka

Richard Chénier, directeur du Centech (Photo: Dominique Lafond)

MENTORAT ET COACHING. Dans l’écosystème du mentorat d’affaires, les programmes destinés aux entrepreneurs en prédémarrage sont des oiseaux plutôt rares. Chez Entrepreneuriat Laval, qui accompagne les membres de la communauté universitaire du même nom, « le mentorat prend plus de place une fois que l’entreprise est démarrée ou en croissance », dit la conseillère en entrepreneuriat, Manon Lortie. En amont, les étudiants et diplômés sont plutôt « outillées » par les conseillers. 

De plus en plus d’options s’offrent à ceux qui souhaitent avoir l’appui d’un mentor dès le début de leur parcours entrepreneurial. Deux des programmes les mieux établis au Québec sont ceux de l’organisme Futurpreneur, qui s’adresse aux entrepreneurs sur le point de commencer la commercialisation, et celui du Réseau Mentorat (RM). 

Mélanie Bordeleau, chargée de projets, des opérations et du développement de la communauté au RM, explique que jusqu’en 2018, ce dernier n’était pas en mesure d’encadrer les entrepreneurs en prédémarrage. Elle précise que dans un contexte de mentorat individuel, un entrepreneur doit arriver avec un certain bagage d’expérience afin de tirer le maximum de l’échange. 

Mélanie Bordeleau, chargée de projets, des opérations et du développement de la communauté au Réseau Mentorat (Photo: Sylviane Robini)

Le Réseau était toutefois conscient que les entrepreneurs en prédémarrage « avaient tout de même besoin de soutien ». C’est pourquoi il a développé une formule particulière pour les encadrer : des sessions de mentorat de groupe avec sept à huit autres aspirants entrepreneurs. « Les mentorés ont accès à un mentor d’expérience, qui les accompagne et les met au défi, explique Mélanie Bordeleau. En même temps, d’autres entrepreneurs sont là pour faire ce qu’un mentor n’a pas le droit de faire — échanger sur les projets de chacun. » 

Le résultat est un mini-incubateur bouillonnant d’idées. Certains participants décident que l’entrepreneuriat n’est pas pour eux, alors que d’autres sautent dedans à pieds joints, inspirés par les échanges. C’est le cas de Farnel Fleurant, la fondatrice de Workind, une PME qui aide des employeurs à attirer des employés en développant des programmes de bien-être au travail. Quand elle s’est inscrite au mentorat de groupe, en 2018, elle travaillait était encore employée à temps plein, et Workind était à l’étape d’idéation. 

Farnel Fleurant n’a que de bons mots pour ce programme du RM. « Quand tu aides les autres, quand tu donnes des idées au groupe, tu t’aides toi-même, constate-t-elle. Les mentors sont déjà passés par là, donc ils connaissent les pièges et posent les bonnes questions. » L’entrepreneure en herbe a ainsi appris à se faire confiance, à célébrer ses petites victoires et à gérer son énergie. « Mon entreprise aide des employeurs à prendre soin de leurs employés, mais j’étais le cordonnier mal chaussé au début, confie-t-elle. Il faut savoir prendre du temps pour soi. » 

 

Accélérer l’entrepreneuriat technologique

Pour ceux qui travaillent en technologie, il y a une autre option : intégrer un incubateur, tel le Centech, affilié avec l’École de technologie supérieure à Montréal, et LE CAMP, à Québec. Ces programmes intensifs guident des entrepreneurs du prédémarrage jusqu’à la croissance et même l’exportation, au moyen d’une approche qui incorpore du mentorat et du coaching. 

« Le mentorat est fondamental pour nous, parce qu’il permet de faire le lien entre la théorie et ce qui se passe sur le terrain », note le directeur du Centech, Richard Chénier. Il estime qu’en prédémarrage, le mentorat peut réduire le risque qu’une entreprise gaspille du temps précieux en raison d’une simple erreur d’inexpérience. D’ailleurs, les entrepreneurs qui ont essuyé quelques échecs sont privilégiés au moment du recrutement des mentors. « Ça fait partie de la game entrepreneuriale, et il y a plein de leçons qu’on peut tirer de ces échecs-là », observe Richard Chénier. 

Matthew Boerum est le PDG et cofondateur d’Audible Reality. Des contacts de l’Université McGill, son alma mater, l’ont référé au printemps 2016 au programme intensif de 12 semaines du Centech alors qu’il était à l’étape d’idéation de son entreprise de production audio immersive. « Mon équipe et moi étions déjà incorporés, mais on ne connaissait rien en affaires, se souvient-il. En un été, on a eu toute une éducation ! » 

Il raconte qu’un mentor l’a guidé dans sa façon de présenter son entreprise, qui est aujourd’hui basée à Boston et compte de nombreux clients majeurs dans le milieu du divertissement. « C’était comme si on nous tenait la main pendant qu’on développait notre idée et construisait notre entreprise, illustre-t-il. Je ne suis pas convaincu qu’on aurait pu le faire seuls. » 

Même son de cloche chez Farnel Fleurant, qui veut devenir mentor à son tour. « Je suis tellement reconnaissante envers tous les gens qui m’ont aidée jusqu’à maintenant, annonce-t-elle. Seule, c’est impossible. »

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