Briser les frontières grâce aux classes hybrides


Édition du 24 Janvier 2024

Briser les frontières grâce aux classes hybrides


Édition du 24 Janvier 2024

Créer des occasions de se découvrir différents réseaux et contacts à l’international est fondamental pour le MBA, selon Kevin J. Johnson, directeur du programme à HEC Montréal. (Photo: courtoisie)

MBA. Les programmes de MBA évoluent de pair avec le monde du travail, et le virage numérique forcé par la pandémie s’est fait sentir tant dans les classes que dans les bureaux. La technologie permet néanmoins de forger des relations au-delà de son cercle habituel, notamment à l’international.

HEC Montréal brise la frontière entre le présentiel et la distance avec ses classes Zoom. Ces salles modernes, équipées de 12 à 18 écrans et d’un plafond faisant office de micro, offrent une expérience immersive. Le visage des étudiants s’affiche en gros plan dès qu’ils prennent la parole, recréant ainsi le geste classique de lever la main. 

Contrairement à ce que le nom des classes pourrait faire penser, ce nouvel équipement permet aux étudiants de maintenir un lien étroit avec leurs pairs, qu’ils soient physiquement présents ou confortablement installés chez eux. 

« On pousse encore plus loin notre formule hybride cette année avec notre nouvel édifice au centre-ville », souligne le directeur du programme, Kevin J. Johnson. 

« La technologie en classe nous amène à nous rapprocher des dirigeants et des enseignants à l’international, qui ont un impact concret sur nos étudiants. Il reste que les relations dans une salle de classe sont plus impersonnelles quand le conférencier est ailleurs. Ce n’est pas là qu’on tisse les liens les plus solides », nuance-t-il. 

Créer des occasions de se découvrir différents réseaux et contacts à l’international est fondamental pour le MBA, selon lui. « La découverte des autres passe chez nous par la technologie. Mais pour bâtir des relations plus profondes, on réapprend à se voir. » L’université organise différents événements en présentiel, en dehors de la classe, dans cette optique. 

Les campus en échange gagnent également en popularité. « Les échanges de professeurs sont désormais possibles, sans nécessairement avoir à se déplacer. Notre modèle hybride permet aux enseignants d’apporter leur expertise internationale sans quitter leur lieu de travail », remarque Kevin J. Johnson.

 

Découvrir le Québec en français 

HEC Montréal espère également ouvrir les horizons des étudiants étrangers en leur proposant depuis 2023 un programme de francisation intitulé MBA+. « On a beaucoup d’étudiants à l’international qui choisissent notre programme à temps plein en anglais. Ils sont maintenant invités à joindre le MBA+. » 

Ce module ajoute cinq mois à la formation. « Avant la rentrée, ils suivent des cours de français intensifs. Ces cours se poursuivent tout au long du cursus, de concert avec des activités de socialisation au Québec. Ça se termine par un deuxième stage de trois mois — en français cette fois — dans une entreprise d’ici. » Le but : franciser, socialiser et intégrer ces étudiants étrangers dans le monde des affaires québécois.

 

Ouvrir les frontières 

Le programme de MBA pour cadres à l’ESG UQAM a également adopté sa formule depuis la pandémie, même si les étudiants préfèrent le présentiel. Les activités comme les dîners-conférences sur le campus sont d’ailleurs très courues. 

« On parlait du mode hybride l’an dernier, rappelle Kamal Bouzinab, directeur du programme. Dans certains cours, des professeurs ont créé des travaux de collaboration à réaliser avec des étudiants venant des quatre coins du monde. Ces équipes internationales travaillent en ligne sur une problématique commune. »

Le cours en technologies de l’information réunit par exemple des équipes de Montréal et de la Roumanie. Certaines jouent le rôle du fournisseur de solutions alors que d’autres endossent celui du client. « Il y a des échanges, des discussions entre les groupes. On incite fortement les professeurs à intégrer ce genre d’expérience à leur cours quand c’est faisable. »

 

Des activités internationales 

Afin de permettre aux étudiants d’élargir leur réseau, l’université offre la possibilité de vivre l’expérience de l’école d’été. Au programme : une semaine intensive de travail avec une entreprise d’ici. Les 28 étudiants de la sixième édition venaient cette année du Québec, de la Roumanie, de la Pologne et du Vietnam.

« Il s’agit d’un cas réel avec une entreprise. En 2023, c’était Sandoz Canada, un leader dans le secteur des médicaments génériques. Les étudiants visitent l’entreprise, rencontrent les dirigeants et discutent de sa stratégie », explique Kamal Bouzinab. À la fin de la semaine, les étudiants présentent leurs conclusions et recommandations aux membres de la direction de Sandoz. 

Même la collation de grades prend une dimension mondiale. « On invite les cohortes de l’international à se joindre à nous. Une cinquantaine de diplômés de la Chine, du Vietnam, de la Tunisie, de l’Algérie, du Pérou et du Gabon se sont mêlés à ceux du Québec le temps d’une soirée », précise Kamal Bouzinab. Ceux-ci ont aussi échangé avec les étudiants actuels du MBA pour cadres. Bref, toutes les occasions sont bonnes pour réseauter, ici comme ailleurs.

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