Et si une firme d’ici donnait le meilleur coup de pouce?


Édition du 16 Février 2022

Et si une firme d’ici donnait le meilleur coup de pouce?


Édition du 16 Février 2022

Par Philippe Jean Poirier

Véronique Lacroix, directrice du Centre d’intégration et d’expertise en technologie d’expérience client (Photo: courtoisie)

MARKETING. Depuis l’émergence du marketing numérique dans les années 2000, plusieurs firmes québécoises sont parvenues à s’imposer dans un marché largement dominé par des applications américaines. Une nouvelle génération tente maintenant de faire sa place, dans un contexte où les besoins se raffinent et se complexifient.

Véronique Lacroix, directrice du Centre d’intégration et d’expertise en technologie d’expérience client (CIETECH), salue les pionniers que sont LeadFox, de Sherbrooke, qui offre un logiciel de marketing automatisé «tout-en-un» pour PME, DashThis, de Québec, avec sa plateforme de consolidation de la performance sur les médias sociaux, Cyberimpact, de Terrebonne, qui a développé une application de marketing courriel, et Lightspeed, une plateforme montréalaise de commerce électronique aujourd’hui cotée en Bourse.

L’experte fait cependant remarquer qu’il est de plus en plus difficile pour les développeurs de logiciels locaux de compétitionner avec les GAFAM de ce monde et autres applications américaines, comme Mailchimp, HubSpot, Wordpress ou Wix, qui offrent souvent un forfait de base gratuit.

«Les entrepreneurs québécois ont avantage à proposer des solutions complémentaires et non des choix différents des plateformes existantes», estime Véronique Lacroix. Elle donne en exemple l’agence de marketing numérique Bridge Media, de Repentigny, qui a développé l’application Bridge Connect. «Le CIETECH est en tout début de commercialisation avec elle, préciset-elle. L’agence a créé une application qui synchronise les inventaires d’un site web avec ceux des plateformes de médias sociaux. Cela permet aux entreprises de promouvoir les bons produits, soit ceux qu’ils ont en stock, au bon moment.»

 

L’expérience client à l’honneur

Au début de la pandémie, les entreprises se sont empressées de créer des sites transactionnels. «Il leur reste maintenant à peaufiner leur expérience client», prévient Véronique Lacroix.

Quelques produits québécois se démarquent à ce chapitre, notamment le logiciel InputKit, développé à Longueuil, qui mesure la qualité de l’expérience client en examinant l’ensemble des plateformes numériques d’une entreprise. «Il évalue chaque point de contact en mesurant la rapidité de réponse, la qualité de l’information transmise et la satisfaction du client, puis formule des recommandations», résume la directrice du CIETECH.

De son côté, Beehivr, de Repentigny, a développé des solutions mobiles qui visent à «uniformiser l’expérience d’achat en ligne et en magasin».

Quant au cabinet de gestion de l’expérience client DFSA, fondé à Montréal par Daniel Fournier, il a développé une lunette nouveau genre capable d’évaluer la réponse émotionnelle d’une personne exposée à du contenu marketing. «On est dans l’innovation pure, note Véronique Lacroix. La lunette de DFSA mesure l’activité cérébrale, le mouvement des yeux et la réaction des muscles faciaux en temps réel, ce qui permet de faire un diagnostic extrêmement précis de l’expérience client.» Développé en partenariat avec l’entreprise RE-AK Technologies, le dispositif peut être utilisé pour tester l’attrait d’une campagne publicitaire, l’ergonomie d’un site web ou d’un concept de magasin physique.

 

Nouvel outil de placement publicitaire

Depuis janvier, un nouvel outil de placement publicitaire «fait au Québec» permet de diversifier les initiatives marketing. M32 Connect a officiellement lancé une plateforme d’achats médias pour PME nommée Centre publicitaire. Décrite comme «un guichet libre-service», cette plateforme permet aux entreprises de créer et de gérer elles-mêmes des campagnes de publicité dans des médias locaux.

À la base, la montréalaise M32 Connect est une adtech qui accompagne des éditeurs web québécois dans la monétisation de leurs contenus. «Devant la popularité des grandes plateformes internationales, nous nous sommes demandé comment nous pouvions améliorer l’expérience utilisateur du côté annonceur, pour ainsi convaincre les entreprises de réinvestir leur budget marketing dans l’économie locale et les médias d’ici», explique Stéphane Campana, son viceprésident au développement d’affaires et associé.

L’interface du Centre publicitaire offre le même genre de fonctionnalité que les grandes plateformes de publicité numérique: l’utilisateur téléverse une publicité ou en crée une directement sur la plateforme, sélectionne un média parmi les 43 sites web et cinq éditeurs (incluant le site de Les Affaires) inscrits, indique un budget quotidien et un moment de la diffusion. Par la suite, il pourra y consulter ses rapports de campagne.

«L’entreprise traite directement avec l’éditeur, fait valoir Stéphane Campana. C’est donc plus transparent et aussi plus abordable que de passer par les plateformes de marketing programmatique utilisées par les agences publicitaires pour faire des achats médias.»

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