Granby: cette entreprise est l’une des premières de son industrie à automatiser ses usines


Édition du 24 Mai 2023

Granby: cette entreprise est l’une des premières de son industrie à automatiser ses usines


Édition du 24 Mai 2023

« Tout le personnel qu’on a sauvé en automatisant nos installations, on a pu le réaffecter ailleurs dans nos usines pour faire de l’assemblage, par exemple », dit Daniel Pelletier, président d’Artopex. (Photo: courtoisie)

PRODUCTIVITÉ MANUFACTURIÈRE. Fabricant de mobilier de bureau basé à Granby, Artopex est fière de se dire l’une des premières entreprises de son industrie à automatiser ses usines de production. Elle qui a aussi recours à la main-d’œuvre étrangère espère avoir développé une formule qui lui permettra de rester au-devant du peloton et ainsi de faire mousser ses volumes de vente autant ici qu’aux États-Unis. 

Artopex a lancé son projet d’automatisation en 2017. Soutenue dans ses efforts par Homag, une firme allemande spécialisée dans les machines et logiciels pour le travail du bois, elle a joint son portefeuille à la parole : elle a investi 30 millions de dollars dans sa modernisation. 

« Homag avait réalisé seulement cinq projets du genre dans le monde, et on était la première en Amérique du Nord », dit Daniel Pelletier, président d’Artopex. Il ajoute avoir profité du programme Essor d’Investissement Québec. Celui-ci lui a permis de profiter d’un prêt sans intérêt couvrant un tiers de la valeur du projet. « Comme aide financière, c’est super intéressant », note le président. Il estime qu’il rentabilisera son investissement en huit à dix ans, et que celui-ci a déjà changé les choses pour son entreprise en matière de productivité et de compétitivité.

 

Libérer du personnel

L’usine principale de l’entreprise, à Granby, prépare les panneaux de mélamine pour la fabrication de divers meubles de bureau : coupe de panneaux, perçage, installation des bandes de chant. Auparavant, tout cela devait se faire manuellement. Grâce à l’automatisation, ces opérations sont désormais entièrement réalisées par des machines. 

Il s’agit d’un important avantage concurrentiel pour cette entreprise qui, comme beaucoup d’autres, peine à trouver suffisamment de main-d’œuvre qualifiée. 

« Tout le personnel qu’on a sauvé en automatisant nos installations, on a pu le réaffecter ailleurs dans nos usines pour faire de l’assemblage, par exemple », dit Daniel Pelletier. Comme le projet a été terminé au début 2020, juste avant la pandémie, l’entreprise a donc pu non seulement maintenir ses volumes de production, mais également les faire croître. 

« C’est sans parler, bien sûr, d’une augmentation de la qualité et de la flexibilité de notre production. »

 

La sempiternelle pénurie

Daniel Pelletier explique qu’Artopex a « beaucoup, beaucoup de difficulté » à recruter autant de main-d’œuvre qu’elle en aurait besoin. L’entreprise de 625 employés ne baisse toutefois pas les bras, au contraire. En plus de son projet d’automatisation, elle s’est lancée dans le recrutement de travailleurs étrangers. 

Après avoir réalisé les démarches nécessaires, elle a réussi à faire venir une quarantaine de travailleurs tunisiens, qui sont venus pourvoir des postes que l’entreprise n’arrivait pas à pourvoir autrement. 

« On attend maintenant une cinquantaine de travailleurs de plus d’ici la fin de l’année », explique Daniel Pelletier. Munis de permis de travail de deux ans, ils pratiquent des métiers diversifiés, mais « extrêmement difficiles à trouver ici », comme des rembourreurs ou des couturiers. 

Cette façon de faire n’est pas sans défis — Artopex doit notamment aider ces travailleurs à se loger, par exemple —, mais le jeu en vaut absolument la chandelle, estime le président.

Il aimerait toutefois que soit amélioré le programme gouvernemental qui sous-tend cette mesure d’aide. En effet, si les besoins en main-d’œuvre sont urgents, le programme est non seulement complexe à gérer, mais les délais peuvent être considérables. « Il y a beaucoup de paperasse, d’étapes et d’attente avant que les travailleurs arrivent, c’est un long processus, dit Daniel Pelletier. Si le programme était simplifié, ça aiderait davantage pour nos défis de main-d’œuvre. »

 

Innover et exporter 

Artopex tire la moitié de son chiffre d’affaires du Canada, mais l’autre moitié, des États-Unis. C’est donc peu surprenant si le président de l’entreprise préfère ne pas se prononcer sur des inquiétudes qu’il pourrait avoir quant aux diverses mesures législatives du gouvernement Biden.

« C’est délicat », répond Daniel Pelletier à la question des Affaires

Il préfère axer la conversation sur d’autres initiatives, comme le recours à l’innovation, qu’a prises Artopex pour demeurer compétitive.

Elle a notamment mis en place une plateforme en ligne permettant à ses clients d’entreprises de simplifier le processus d’achat de mobilier pour leurs employés. 

L’essor du télétravail pousse bon nombre d’entreprises à fournir des meubles de bureau à leur personnel. Le processus est cependant parfois compliqué, de la gestion des factures aux pièces justificatives. Il ne permet pas toujours non plus de combler les besoins des employés, qui achètent parfois des produits de moindre qualité — ce qui pose un risque d’accident de travail.

Artopex propose donc cette plateforme, qui permet aux entreprises de présélectionner certains produits validés par des ergonomes — bureaux, chaises —, et aux employés de les commander sans paperasse supplémentaire. 

Cette plateforme, que l’entreprise qualifie d’unique au Québec, a coûté 100 000 $ à développer. 

Une autre corde à son arc pour mieux affronter la concurrence.

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