Grossir plus vite grâce à une acquisition

Publié le 18/02/2012 à 00:00, mis à jour le 07/03/2012 à 13:45

Grossir plus vite grâce à une acquisition

Publié le 18/02/2012 à 00:00, mis à jour le 07/03/2012 à 13:45

«Une acquisition permet d'atteindre une certaine taille plus rapidement qu'en construisant tout soi-même», explique Anthony Lipschitz, d'iStopOver.

L’heure des décisions : Acquisition (2/2) -

«That just made sense.» Cette formule, Anthony Lipschitz la répète à satiété quand il expose les détails du rachat de Vacapedia par sa propre entreprise, iStopOver, effectué l'an passé. Une logique stratégique qui a permis d'étoffer en un clin d'oeil son offre de services.

Le défi

Les deux entreprises de commerce en ligne exploitaient le même marché, celui des locations saisonnières pour vacanciers. iStopOver, jeune entreprise torontoise créée en 2009, met en contact des voyageurs du monde entier avec d'autres particuliers pouvant offrir un lieu d'hébergement (appartement, maisons, villas, etc.). Elle comptait dans son carnet d'adresses, en 2011, plus de 20 000 propriétés à louer.

Mais la lutte pour s'accaparer la clientèle en vacances n'est pas de tout repos, puisque iStopOver doit faire face à de grands acteurs, que ce soit en Amérique du Nord, avec les géants HomeAway (qui propose plus de 230 000 propriétés après avoir absorbé, depuis 2005, 13 autres enseignes) et Expedia, ou en Europe, avec 9flats, Airbnb ou Wimdu.

Comment faire face à ces sumos de la location ? Pour iStopOver, la réponse s'impose : grossir.

La décision

Grossir, c'est bien. Le faire sans attendre, c'est mieux. «Nous sommes une jeune entreprise en pleine croissance, mais une acquisition, cela permet d'atteindre une certaine taille plus rapidement qu'en construisant tout soi-même. Nous avons vite pris conscience de l'importance de cette stratégie dans notre secteur», rapporte le cofondateur et chef de la direction d'iStopOver. Il a ainsi racheté son concurrent américain Vacapedia, en juin 2011, pour un montant resté confidentiel. Les décideurs disent avoir été attirés par la possibilité d'allonger leur liste de propriétés disponibles et de bénéficier de l'important réseau de distribution de leur concurrent.

«En fait, nous avons davantage saisi une occasion qui se présentait, confie M. Lipschitz, parce que nous ne cherchions pas activement à racheter une entreprise. Ce sont eux qui nous ont approchés. On s'est dit : «That just makes sense».»

Une telle décision nécessite, bien entendu, d'évaluer les modes de financement. L'entreprise étant fondée sur du capital de risque (elle a bénéficié, entre autres, d'investissements de la canadienne Brightspark Ventures), ce sont des fonds récoltés auprès d'investisseurs qui ont permis de signer le chèque.

«Les entreprises qui prennent le risque de réaliser des fusions ou des acquisitions ont beaucoup de mérite, estime Jacques Lemay, professeur invité au service de l'enseignement de la finance de HEC Montréal. Ils peuvent mettre en péril leur propre entreprise. Mais dans les marchés où les services et les produits sont déjà standardisés, à moins d'avoir quelque chose de très innovant, il faut souvent faire ces acquisitions afin de prendre le dessus sur la concurrence.»

Le résultat

«Nous pouvons désormais proposer des propriétés dans 16 000 villes de par le monde, réparties dans 95 pays», souligne l'homme d'affaires. Encore plus impressionnant, le nombre d'habitations locatives a plus que quadruplé, passant de 20 000 avant la transaction à 86 000 après la signature. Quant à l'équipe, elle compte désormais 14 employés, soit quatre additionnels.

iStopOver joue la carte de la complémentarité, puisque l'intégration de Vacapedia apporte un lot de clients institutionnels à son modèle, qui reposait initialement sur la formule «particulier à particulier».

L'entreprise ontarienne serait-elle prête à renouveler l'expérience ? M. Lipschitz table sur de grandes mutations et de nombreuses fusions pour 2012 - une pratique courante dans ce secteur. «Pour être honnête, je pense que nous avons plus de chances d'être rachetés que d'effectuer de nouvelles acquisitions», dit-il.

Jacques Lemay insiste : au sein de cette valse des fusions, le tempo doit être donné par le facteur humain. «Surtout dans des entreprises de cette taille-là, l'intégration est la clé de la réussite pour créer de la valeur.»

ISTOPOVER EN CHIFFRES

+ 300 %

Croissance du nombre de propriétés proposées

14

Nombre d'employés après l'acquisition

6 millions

Nombre de propriétés louées en 2011 en Europe et en Amérique du Nord (pendant au moins deux semaines)

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