Innergex : diversifier ses activités et ses marchés

Offert par Les Affaires


Édition du 27 Octobre 2018

Innergex : diversifier ses activités et ses marchés

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Édition du 27 Octobre 2018

Par François Normand

En 2017, Innergex a réalisé des ventes de 400,3 M$. Les analystes sont optimistes, car ils estiment que les revenus de l’entreprise pourraient atteindre 684,6 M$ dès la fin de 2019.

Le producteur québécois d'énergie renouvelable Innergex a le vent dans les pales. Son chiffre d'affaires a bondi de plus de 60 % depuis trois ans, et pourrait plus que doubler d'ici 2023.

«Nos revenus pourraient facilement dépasser les 600 millions de dollars dans cinq ans», affirme le président de l'entreprise de Longueuil, Michel Letellier.

En 2017, l'entreprise a réalisé des ventes de 400,3 M $. Les analystes de la Banque Nationale sont toutefois plus optimistes, car ils estiment que les revenus d'Innergex pourraient atteindre 684,6 M $ dès la fin de 2019. Chose certaine, le chiffre d'affaires du producteur d'énergie verte progresse rapidement. Une croissance qui se traduit aussi par une augmentation rapide du nombre d'employés, lequel devrait doubler pour franchir la barre des 500 personnes d'ici 2023.

Plusieurs facteurs expliquent cette croissance rapide des revenus et de notre effectif, selon M. Letellier. Mais à ses yeux, le premier est la qualité de l'équipe de gestionnaires. «Nous avons des gestionnaires compétents, qui sont capables de trouver de bons projets et d'obtenir l'acceptabilité sociale des collectivités locales», souligne-t-il.

La capacité à trouver de bons clients pour acheter l'énergie verte d'Innergex et à gérer efficacement les activités pèse aussi dans la balance, ajoute M. Letellier.

Une équipe de gestion compétente est aussi mieux habilitée à repérer les bonnes cibles d'acquisition, comme la britanno-colombienne Alterra Power, achetée par Innergex en 2018 au coût de 1,1 milliard de dollars.

Il va sans dire que ce type de transactions a fait automatiquement bondir le chiffre d'affaires d'Innergex, car Alterra Power avait des actifs qui généraient déjà des revenus au Canada, aux États-Unis et en Islande.

Un portefeuille énergétique varié

Cela dit, la croissance de la PME québécoise fondée en 1990 a toujours reposé et reposera toujours avant tout sur la croissance interne, précise M. Letellier. Bien entendu, à partir des projets sur lesquels Innergex planche depuis quelques années, mais aussi à partir des projets sur lesquels des sociétés avalées comme Alterra Power travaillaient au moment de leur acquisition. Cette situation fait en sorte qu'Innergex produit ou est sur le point de produire de l'énergie avec plusieurs sources d'énergie renouvelable, et ce, de l'hydroélectricité au solaire en passant par l'éolien et la géothermie. «On essaie toujours d'avoir une démarche diversifiée de portefeuilles énergétiques», insiste le PDG.

L'entreprise mise aussi sur une diversité géographique de ses activités pour croître. Le marché canadien de la production d'énergie verte - concentré au Québec, en Ontario et en Colombie-Britannique - est devenu mature. C'est pourquoi elle s'est tournée, ces dernières années, vers le marché international pour accroître ses revenus. Actuellement, l'entreprise réalise 86 % de ses ventes au Canada, 13 % en France et 1 % aux États-Unis.

La France regorge d'occasions d'affaires, selon Michel Letellier. Le gouvernement veut faire passer de 75 % à 50 % la portion de l'électricité produite dans le pays à partir de l'énergie nucléaire d'ici 2025, sans parler de sa volonté de délaisser le charbon.

Cap sur le marché américain

Malgré tout, c'est le marché américain qui sera la principale source de croissance future d'Innergex, parce que les États-Unis sont la première économie au monde et qu'ils comptent 326 millions d'habitants. «Le marché américain est une mer ! Il y a tellement de potentiel là-bas», confie le président. Il donne l'exemple de deux projets au Texas qui produiront près de 700 mégawatts l'an prochain, soit le projet éolien de Foard City (350 mégawatts) et le projet solaire Phoebe (315 mégawatts).

L'administration Trump ne milite pas en faveur d'une transition énergétique verte, s'entendent pour dire les analystes. En revanche, des États et des villes sont très actifs dans la lutte au changement climatique, comme la Californie et Cleveland.

Le gouverneur de la Californie, Jerry Brown, veut que le Golden State - la cinquième économie du monde - soit carboneutre d'ici 2045 et qu'il consomme 100 % d'électricité produite à partir d'énergie renouvelable. À la mi-septembre, Cleveland est quant à elle devenue la première ville de l'Ohio et la 82e aux États-Unis à s'engager à s'alimenter uniquement à partir d'énergie verte pour sa consommation d'électricité d'ici 2050.

Ces types de politiques sont nombreuses aux États-Unis, ce qui explique l'enthousiasme d'Innergex pour le marché américain et sa décision récente d'ouvrir un bureau à San Diego.

Cela dit, même si les occasions d'affaires sont nombreuses, l'entreprise québécoise devra financer sa croissance rapide dans les prochaines années. Pour y arriver, elle misera sur du financement traditionnel (de la dette) et ses capitaux propres. Elle n'exclut pas non plus de faire de nouvelles émissions d'actions, mais ce serait sa dernière option, précise M. Letellier.

L'enjeu est important, car l'entreprise a relativement peu de liquidité actuellement, faisait remarquer dans une récente note les analystes de Desjardins. M. Letellier affirme que cette situation est conjoncturelle et qu'elle tient au fait qu'Innergex a récemment racheté les parts de son partenaire Transcanada pour 630 M $ dans cinq parcs éoliens en Gaspésie, le projet Cartier.

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