EBox : des prix concurrentiels et une exécution impeccable

Offert par Les Affaires


Édition du 27 Octobre 2018

EBox : des prix concurrentiels et une exécution impeccable

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Édition du 27 Octobre 2018

Par Martin Jolicoeur

EBox ne cache pas son intérêt pour le ­sans-fil, mais ne s’engage pas pour autant à prendre part aux prochaines enchères du 5G, prévues dans quelques années.

La croissance d'EBox Communications, cette entreprise privée de Longueuil encore souvent comparée à David contre les Goliaths de la télécommunication, ne surprend plus personne.

Celle qui fut d'abord baptisée Electronic Box à sa fondation par deux jeunots (14 et 18 ans) en 1997 a connu une croissance de 3 732 % de 2010 à 2015 !

Et elle ne s'est pas arrêtée depuis. La PME, qui se bat au quotidien contre les Bell, Rogers et Vidéotron, a connu une croissance de 90 % de son nombre d'employés en trois ans d'après notre classement. Comment s'y est-elle prise ?

Ce qui distingue EBox des autres sociétés indépendantes qui tâchent de se maintenir dans un marché dominé par des grands est la qualité de son exécution, estime son cofondateur et chef de la direction, Jean-Philippe Béïque, aujourd'hui âgé de 33 ans.

«Technologiquement, nous avons toujours été en avance. Si nous ne devancions pas les attentes des clients, nous nous sommes toujours empressés d'y répondre rapidement.»

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Et par qualité d'exécution, M. Béïque affirme qu'il sous-entend également qu'EBox n'a jamais «coupé les coins ronds», ou cédé à l'attrait du «vite fait» et du «moins cher» qui minent nombre d'entreprises en démarrage, ou aux ressources plus retreintes. «Nous avons toujours misé sur la qualité, dit-il. Les équipements que nous fournissons à notre clientèle (routeurs, décodeurs, etc.), comme l'infrastructure que nous avons bâtie au cours des années pour soutenir l'ensemble de nos services, tout est monté solidement et a été pensé pour durer longtemps.»

C'est cette philosophie de gestion qui aurait permis à l'entreprise, qui emploie maintenant 225 personnes, de progresser jusqu'à maintenant dans toutes ses étapes de développement.

Le tout a commencé par le lancement d'une petite boîte d'hébergement web. Rapidement, tout en poursuivant leurs études, Jean-Philippe Béïque et Dominic Létourneau, deux amis, décident, au début des années 2000, de devenir également un fournisseur de services internet. Dans les faits, EBox devient un fournisseur tiers qui revend la bande passante qu'il achète à prix moindre auprès de détenteurs d'infrastructures de télécommunications comme Vidéotron ou Bell.

La télé et le désabonnement au câble

Comme ses deux cofondateurs, l'entreprise a poursuivi sa croissance. En territoire couvert et en abonnés. Cela, jusqu'au printemps dernier. EBox se lançait alors à nouveau dans le vide en démarrant d'abord discrètement un nouveau service de télédistribution par Internet.

Pour 25 $, l'abonné reçoit un terminal (inclus) et l'accès à 18 chaînes, dont les incontournables du Québec, et 5 chaînes de télé américaines. Mais il y a plus, car le terminal d'Ebox permet aussi d'installer certaines applications de Google Play Store (Spotify, etc.), un peu à la manière d'Apple TV.

Comme avec son service d'accès Internet, Ebox a décidé de jouer la carte du prix le plus bas pour un service qu'il juge supérieur. Au pays, selon le CRTC, 95 % des abonnés télé font affaire avec de grands groupes comme Bell, Shaw, Rogers, Videotron, Telus ou Cogeco.

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Dans cette nouvelle unité d'affaires, l'une des cibles principales d'EBox est le cord cutter, cet adepte de télévision qui prend la décision de se débrancher de la télé par câble. Certains abandonnent la télé complètement. Mais de plus en plus le font avec l'intention de se tourner vers un service de télé par Internet comme EBox TV, qui leur permet le visionnement d'émissions archivées en plus d'un accès à de la télé en direct.

Malgré sa confiance, la partie n'est pas gagnée d'avance, reconnaît M. Béïque. L'acquisition de nouveaux clients peut être ardue. «Les gens tentent de concentrer tous leurs services chez un même fournisseur. Même s'ils sont souvent peu satisfaits des services reçus, bien des gens craignent de faire le saut ailleurs, dans une plus petite entreprise comme la nôtre qui a pourtant fait ses preuves.»

M. Beïque est convaincu qu'avec le temps, les consommateurs finiront par se laisser tenter et croire les évaluations souvent élogieuses qu'attribuent à leurs services des publications telles que Consumer Report et Protégez-vous, au Québec.

Prochaine étape : la téléphonie sans fil ?

Il y a deux ans, le jeune chef de la direction affirmait vouloir atteindre 200 000 abonnés et un chiffre d'affaires de 100 millions de dollars en cinq ans. Aujourd'hui, son bassin d'abonnés a crû de 30 % pour atteindre le plateau de 100 000 abonnés au Québec et en Ontario, et ses ventes approchent les 50 M$.

Outre l'acquisition de nouveaux clients, d'où exactement viendra la croissance qui permettra à EBox de combler la différence ? Est-ce que le marché de la téléphonie cellulaire constituerait une prochaine étape de développement naturelle pour celle qui vient d'entrer dans la télédiffusion ?

EBox ne cache pas son intérêt pour le sans-fil, mais ne s'engage pas pour autant à prendre part aux prochaines enchères du 5G, prévues dans quelques années. «Ce n'est pas exclu, affirme M. Beïque, mais à l'heure actuelle, compte tenu des sommes en jeu lors de telles compétitions (des milliards de dollars), je vous dirais que ce serait ambitieux.»

Car une fois qu'un gagnant a remporté la mise du CRTC, encore faut-il qu'il puisse financer la construction des infrastructures. «Disons, c'est le moins qu'on puisse dire, qu'il existe dans le domaine une importante barrière à l'entrée.»

La solution, alors, ne serait-elle pas de vendre au plus offrant, capable, lui, de financer sa croissance ? «Nous avons eu plusieurs offres par le passé, que nous avons toujours fini par décliner. Nos abonnés l'apprécient. Il n'y a rien d'impossible dans la vie, mais notre philosophie n'a jamais été de faire un coup d'argent. Et cela ne devrait pas changer de sitôt.»

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