En finir avec les pénuries de médicaments

Publié le 17/11/2012 à 00:00

En finir avec les pénuries de médicaments

Publié le 17/11/2012 à 00:00

Par Les Affaires

En mai dernier, l’usine de fabrication de médicaments de Sandoz, à Boucherville, a été dévastée par un incendie, provoquant une rupture d’approvisionnement de plusieurs médicaments injectables utilisés dans les hôpitaux. La situation ne redeviendra à la normale qu’en 2013.

Cet évènement n’est qu’un épisode dans la valse des pénuries survenues ces dernières années. Entre 2006 et 2010, les ruptures d’approvisionnement de médicaments ont quadruplé. On a manqué de 33 médicaments en 2006 et de 207 produits en 2011, au Québec.

De plus en plus souvent, les traitements de substitution manquent eux aussi à l’appel, souligne l’Ordre des pharmaciens du Québec dans un rapport rendu en avril dernier. Enfin, les pénuries durent de plus en plus longtemps : plus de 100 jours.

Les causes sont diverses : des arrêts de production pour des raisons économiques, des avaries ou incidents, des rejets de certains médicaments fabriqués dans les pays émergents pour non-respect des normes de Santé Canada.

Coûts supplémentaires

Les professionnels du secteur hospitalier sont les plus concernés par les produits en rupture, mais les pharmaciens propriétaires sont eux aussi régulièrement confrontés au problème.

« C’est un irritant », reconnaît Maxim Charland, pharmacien propriétaire en région. « La gestion des stocks est complexifiée», indique Diane Lamarre, la présidente de l’Ordre des pharmaciens du Québec.

Les médicaments de substitution sont souvent plus coûteux, car ils sont achetés au coup par coup, en dehors des ententes avec les fabricants et en urgence.

Devant la récurrence des pénuries, l’Ordre, qui veille à la protection du public, a formulé neuf recommandations en avril dernier. Il recommande notamment d’obliger les compagnies pharmaceutiques à prévenir le milieu de la santé au moins un an avant l’arrêt de production d’un médicament.

Il préconise également la création d’une instance de coordination pour la gestion des pénuries au Québec et l’établissement d’un plan d’accès aux médicaments essentiels pour la province.

«Les États-Unis ont pris des mesures énergiques en mettant en place des pénalités de 10 000 $ pour les compagnies pharmaceutiques par jour en cas d’indisponibilité d’un médicament, rapporte Diane Lamarre. Au Canada, rien de tel n’a été fait. Il n’y a pas de signe politique au niveau fédéral. C’est préoccupant. »

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