Ces ingénieurs de l'ombre qui veulent hausser le QI de la société

Offert par Les Affaires


Édition du 11 Mars 2017

Ces ingénieurs de l'ombre qui veulent hausser le QI de la société

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Édition du 11 Mars 2017

Leurs travaux sur l’IA amènent les professeurs James A. Goulet et Samuel Bassetto à fonctionner dans une forte culture d’interdisciplinarité.

L'intelligence artificielle (IA) est la nouvelle frontière informatique, une sorte de Far West technique où on fait flèche de tout bois. Dans un vaste effort de collaboration, dont Montréal est devenu un centre névralgique grâce au projet IVADO, centré sur les techniques d'intelligence artificielle, les disciplines se multiplient, se mêlent et perdent leurs contours.

Au coeur de ce brouhaha interdisciplinaire, l'ingénieur ratisse large, porteur d'une mission critique: «mon but est d'amener les technologies d'apprentissage machine au génie civil de façon à contribuer à la société», affirme James Goulet, professeur au Département de génie civil, géologique et des mines de Polytechnique. «Nos problèmes ne sont pas "sexy", mais leurs impacts dans la société et dans l'économie sont immenses.»

Tous au front

L'ingénieur au coeur d'IVADO auquel on a affaire ne correspond pas au profil classique cantonné dans un secteur informatique, électrique ou chimique. Les membres de nombreuses disciplines - informaticiens, pharmacologues, analystes financiers, ingénieurs - baignent dans les algorithmes de l'IA. «Il y a un tel besoin de ressources dans le domaine que tout le monde met la main à la pâte, tout le monde est appelé au front», lance Michel Gagnon, professeur agrégé en génie informatique et génie logiciel à Polytechnique.

Cependant, l'ingénieur imprime toujours sa marque spécifique, celle d'un «passeur», comme le fait ressortir Samuel Bassetto, professeur au Département de mathématiques et de génie industriel de Polytechnique. Celui-ci travaille à des systèmes d'amélioration de la qualité en milieu de production. «Dans les usines, mais aussi dans les entreprises de services, on dispose d'une foule d'outils informatiques pour gérer les flux de production, mais rien ne permet de prédire si les produits vont être du niveau de qualité désiré», affirme-t-il.

Son travail consiste donc à concevoir des systèmes intelligents pour recueillir et traiter les masses de données provenant d'une foule de senseurs et de capteurs qui, dans plusieurs cas, sont déjà en place. En appliquant des analyses de réseaux bayésiens (une des quatre branches de l'intelligence artificielle), M. Bassetto ne vise pas seulement à prédire le niveau de qualité que respecteront les produits. Il s'agit aussi, dit-il, de «passer à des actions concrètes tout au long d'un processus pour ajuster le tir et assurer la qualité des produits en bout de parcours».

Infrastructures intelligentes

James Goulet provient d'un même arrière-plan technique, mais dans une perspective d'application aux infrastructures. Son équipe travaille «à mieux comprendre comment nos infrastructures vieillissent en vue d'effectuer des interventions préventives», dit-il.

Comment ? Puisqu'on n'a pas les moyens de tout changer ou de tout renforcer en même temps, il faut établir des priorités. Pour le faire, il faut être en mesure de savoir quelles infrastructures manifestent les besoins d'intervention les plus urgents. La façon de le faire est de poser des capteurs sur les structures pour lire les changements de comportement comme l'inclinaison, les accélérations et même la fréquence. En effet, chaque structure vibre à une fréquence spécifique, comme si elle émettait une note de musique. Cette fréquence change selon le degré de détérioration de l'infrastructure.

En appliquant des modèles béziers linéaires dynamiques - une branche de l'apprentissage machine -, «on développe un outil d'interprétation qui prendra la décision d'alerter un ingénieur en cas d'affaiblissement, dit M. Goulet. À plus long terme, on vise à concevoir un système qu'on pourra déployer à bon marché.»

Les technologies d'IA sont là pour rester. Elles marqueront incontestablement la profession d'ingénieur, juge Gilles Savard, ingénieur et directeur général d'IVADO. Ainsi, l'IA ne sera pas réservée à une caste de scientifiques. «L'ingénieur sera lui-même un intervenant très fort en numérique et en algorithmique, dit-il. Cette profession va devoir évoluer vers une maîtrise des systèmes algorithmiques, et je suis convaincu que l'Ordre des ingénieurs aura à réfléchir à tout ça.»

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