Construction en bois: des atouts et des embûches

Offert par Les Affaires


Édition du 23 Mars 2019

Construction en bois: des atouts et des embûches

Offert par Les Affaires


Édition du 23 Mars 2019

Par Pierre Théroux

Le bois est en effet le matériau le plus écologique qui soit en matière de construction, estiment des experts de l’industrie. [Photo: 123RF]

LES GRANDS DE LA CONSTRUCTIONMatériau en plein essor dans la construction de bâtiments en hauteur, le bois a de sérieux atouts à faire valoir pour prendre encore davantage d’expansion. Le bois est en effet le matériau le plus écologique qui soit en matière de construction, estiment des experts de l’industrie.

En plus de provenir d’une ressource renouvelable et abondante au Québec, son utilisation en construction laisse miroiter la possibilité de construire des villes plus vertes et contribue largement à la lutte contre les changements climatiques. « Le bois a la très grande propriété de capturer le carbone et de réduire ainsi les gaz à effet de serre qui sont dommageables à l’environnement », explique Stéphane Renou, président et chef de la direction du centre de recherche spécialisé FP Innovations qui étudie notamment les produits de construction en bois. L’utilisation d’un mètre cube de bois permet de soutirer une tonne de CO2 de l’atmosphère, si on le substitue à d’autres matériaux.

De plus, « le procédé de fabrication du bois de construction requiert moins d’énergie que d’autres matériaux, comme le béton et l’acier, qui ont davantage d’impacts sur l’environnement », ajoute Gérald Beaulieu, directeur du Centre d’expertise sur la construction commerciale en bois (Cecobois).

Aussi solides que le béton ou l’acier, mais plus légers, les panneaux de bois lamellé-croisé appelé CLT sont aussi reconnus pour leur forte résistance structurale, ainsi que leurs performances thermiques et acoustiques supérieures, selon Cecobois. Le bois lamellé-croisé et lamellé-collé sont également « plus sécuritaires qu’on ne le croit en ce qui a trait à leur résistance au feu », fait valoir Gérald Beaulieu.

Enfin, le bois combine à la fois des qualités d’esthétisme et de confort chaleureux « qui permettent aux promoteurs de louer ou vendre leurs espaces plus rapidement et plus chers », affirme Gérald Beaulieu. L’utilisation du bois en Asie est d’ailleurs très populaire « pour des questions de design et même philosophiques. On a le souci d’avoir des environnements naturels », souligne Stéphane Renou. 

Des obstacles à surmonter

Malgré ces avantages, il y a encore des embûches à l’utilisation du bois. « On tarde à prendre le virage. Il faut encore faire la démonstration que le bois est aussi efficace que l’acier ou le béton » le virage Frédéric Verreault, porte-parole de Chantiers Chibougamau et sa société-soeur Nordic Structures.

À cet égard, il y a encore « beaucoup de travail à faire pour la formation des ingénieurs et des architectes à qui on enseigne d’abord à utiliser l’acier et le béton », déplore Gérald Beaulieu, dont l’organisme offre notamment des activités de formation et de soutien technique à l’intention des professionnels du bâtiment.

Même si la situation s’améliore, alors que l’Université du Québec à Chicoutimi a intégré les structures bois dans ses programmes de génie civil depuis 2012 et que l’Université Laval offre maintenant un baccalauréat coopératif en génie du bois, plusieurs facultés de génie en sont encore à offrir des cours optionnels.

L’industrie de la construction devra aussi cesser de mettre en opposition l’acier ou le béton avec le bois. « Chaque matériau a des caractéristiques qui les rendent utiles », souligne M. Renou en précisant qu’on verra de plus en plus de bâtiments hybrides dont la construction combine tous ces matériaux. « On n’est pas contre l’utilisation de l’acier ou du béton. Mais le bois mérite d’être davantage utilisé », renchérit Gérald Beaulieu.

D’autant que « même si on quadruplait le nombre de constructions en bois massif de 6, 8 ou 12 étages, les industries de l’acier et du béton ne s’en rendraient même pas compte tellement nos parts de marché sont très minimes », ajoute Frédéric Verreault.


image

DevOps

Mercredi 09 décembre


image

Sommet Énergie

Mardi 26 janvier


image

Sommet en finance

Jeudi 11 février


image

Contrats publics

Mardi 09 mars

DANS LE MÊME DOSSIER

Sur le même sujet

À la une: chapeau les PDG!

Édition du 25 Novembre 2020 | Les Affaires

Avec son nouveau concours, Les Affaires salue les PDG inspirants qui ont relevé les défis de cette année intense.

Une application ne pourra remplacer l'horloge de pointage

L’entrepreneur demandait à ses travailleurs d’utiliser une appli pour indiquer leurs entrées et sorties du chantier.

OPINION À la une: l'altruisme a de la valeur
Édition du 11 Novembre 2020 | Les Affaires
Mieux contrôler l’exécution de nos projets de construction
Édition du 11 Novembre 2020 | Jean-Paul Gagné
À la une: ces PME qui sont loin de reposer en paix
Édition du 28 Octobre 2020 | Les Affaires

À la une

Et si Couche-Tard cessait ses opérations en 2070?

Un analyste déconstruit la valeur de Couche-Tard pour démontrer qu'il ne faut pas craindre l'auto électrique.

La vente de résidences à un sommet en novembre à Montréal

Les conditions du marché continuent d’être favorables aux vendeurs.

Noël: François Legault renonce à «son contrat moral»

Mis à jour le 03/12/2020 | lesaffaires.com

«C'est pas réaliste de penser qu'on va réduire la progression du virus de façon satisfaisante d'ici Noël».