Les firmes s'arrachent les spécialistes en TI


Édition du 23 Février 2019

Les firmes s'arrachent les spécialistes en TI


Édition du 23 Février 2019

[Photo: Getty images]

LES GRANDS DE LA COMPTABILITÉ – Les équipes des grandes firmes comptables deviennent de plus en plus éclectiques et les spécialistes des technologies de l'information sont très demandés. Mondialement, EY se targue d'avoir embauché plus de gens en science et technologie que Google en 2018. À Montréal, Nicola Vizioli, associé délégué, Services consultatifs chez EY, rappelle que la stratégie de la firme a bien changé depuis quelques années. «Avant, nous affichions un poste en fonction d'un besoin très précis à pourvoir pour notre cabinet ou l'un de nos clients, alors que maintenant, nous évaluons les besoins pour plusieurs années à venir et recherchons dès maintenant les talents qui pourront y répondre», explique-t-il.

Selon lui, la demande est très forte présentement pour des spécialistes de la cybersécurité, de l'intelligence artificielle, de l'automatisation des processus, de la transformation numérique et des technologies liées aux chaînes d'approvisionnement.

Du côté des jeunes, il est surtout crucial de leur faire découvrir la firme le plus tôt possible. «Les étudiants en première année de baccalauréat connaissent les Ubisoft et Google, mais ne pensent pas nécessairement à une carrière dans un cabinet comptable, alors il faut faire de l'éducation», admet M. Vizioli. La firme est très présente sur les campus, de même que sur les réseaux sociaux. Elle organise aussi des activités et n'hésite pas à inviter les jeunes dans ses locaux afin de leur présenter la culture organisationnelle, l'un des grands atouts d'EY, selon M. Vizioli.

Le recrutement de travailleurs expérimentés présente des défis bien différents. EY se fie alors à son réseau. Il peut s'agir de gens qui ont collaboré à titre de travailleurs autonomes ou comme consultants avec la firme, ou encore de personnes suggérées par les employés d'EY, une voie que ce cabinet apprécie beaucoup, les employés d'EY agissant comme des ambassadeurs afin d'y attirer des talents.

Des besoins pour une courte période de quelques semaines à quelques mois seront comblés par des consultants externes ou des travailleurs autonomes. EY n'hésite pas non plus à procéder à des acquisitions lorsque l'occasion se présente, pour acquérir des talents ou des technologies.

Elle n'est pas la seule. L'acquisition récente de la firme québécoise de cybersécurité Egyde par KPMG, en 2018, montre bien que les cabinets n'hésitent pas à mettre la main sur des entreprises externes dont l'expertise peut être utile dans le développement de leur offre en TI.

La main-d'oeuvre se raréfie

Chez PwC, l'associé spécialisé en TI Marc Fournier n'hésite pas à admettre que le recrutement de travailleurs dans ces disciplines devient de plus en plus ardu en raison du plein emploi régnant au Québec et parce que toutes les entreprises, dans tous les domaines, se les arrachent. Le défi se complique du fait que le bureau de Montréal recherche surtout des gens bilingues, ce qui n'est pas toujours le cas des ressources disponibles ailleurs au Canada ou même dans le monde. PwC n'hésite pas, en effet, à recruter en dehors des frontières québécoises et canadiennes.

«Nous avons des équipes destinées au recrutement sur les campus et d'autres qui se chargent de trouver des professionnels expérimentés et nous faisons aussi une vigie constante pour cerner des entreprises spécialisées en TI qui pourraient constituer des cibles d'acquisition intéressantes», ajoute-t-il. PwC Canada peut aussi bénéficier de ressources développées dans les pratiques TI aux États-Unis ou dans le monde. Au total, PwC compte plus de 3 300 professionnels qui se concentrent seulement sur les questions de cybersécurité et de protection des données et de la vie privée.

Selon Emilio Imbriglio, président et chef de la direction de RCGT, la rareté de la main-d'oeuvre en TI à un moment où son apport à la croissance des cabinets devient crucial impose une pression à la hausse des rémunérations. Elle pousse également les cabinets à revoir leurs mesures de mobilisation et de rétention des employés. C'est le cas chez RCGT et cela semble porter fruit. «Ce n'est pas simple, mais nous réussissons à atteindre notre objectif de toujours recruter parmi les meilleurs candidats d'un secteur», soutient M. Imbriglio. Une acquisition comme celle de FPM360 par RCGT représente une autre voie pour offrir des services technologiques de pointe aux clients du cabinet.

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